‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 255 sur 274 · Celui*. ti Mais · texte numérisé non relu

Celui*. ti Mais

Mais il est mal venu entre les damoiselles :

bien heureux celuy qui n*a que faire d'elles, Ni de leur entretien ! car si de leurs bons mois Il n'est participant par faute de propos, Il ne s'estonne aussi et ne se mord la langue, Rougissant d'avoir fait quelque sotte harangue. Mais il est soupçonneux, et tousjours dans son cœur Se fait croire qu'il sert d'argument au mocqueur : Il ne le doit penser, s'il se pense habile homme, ' Ains pour tel qu'il se croit doit croire qu'on le nomme.

Mais il n'est appelle au conseil des seigneurs : que cher bien souvent s'acheltent tels honneurs Pe ceux qui tels secrets dans leurs oreilles portent. Quand par légèreté de la bouche ils leur sortent !

Mais il est taciturne : ô bien heureux celuy, A qui le trop parler ne porte point d'ennuy, Et qui a liberté de se taire à son aise.

Sans que son long silence à personne déplaise ! Le parler toutefois entretient les amis El nous est de nature à cest effect permis :

Et ne peut-on pas bien à ses amis escrire, Voire mieux à propos, ce qu'on ne leur peut dire ?

Si est-ce un grand plaisir, dira quelque causeur, D'entendre les discours de quelque beau diseur : Mais il est trop * plus grand de voir quelque beau livre Où lors que nostre esprit, du coi'ps franc et délivre *, Voyage hors de nous et nous fait voir sans yeux Les causes de nature et les secrets des cieux : . Pour auxquels pénétrer un philosophe sage Voulut perdre des yeux le nécessaire usage.

Pour ne voir rien qui pust son cerveau départir : El qui plus que le bruit peut l'esprit divertir?

La surdité, Ronsard, seule t'a faist retraire' Des plaisirs de la court et du bas populaire. Pour suyvre par un trac * encores non battu

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