C'est la thèse d'Henri Ëtien- U grec
observer par fréquente et curieuse lecture, que je ne te les sçauroy' dire. Entre autres choses je t'adverty user souvent de la figure antonomasie, aussi fréquente aux anciens poètes, comme peu usitée, voire incogneue des François. La grâce d'elle est quand on désigne le nom de quelque chose par ce qui luy est propre, comme !e Père foudroyant^ pour Jupiter : le Dieu deux fois né, pour Bacchus : la Vierge chasseresse, pour Diane. Cette figure a beaucoup d'autres espèces que tu trouveras chez les rhetoriciens, et a fort bonne grâce, principalement aux descriptions, comme : depuis ceux qui voyent premiers rougir V aurore, jusques là où Thetis reçoit en ses ondes le fils d'Hyper ion, pour depuis V Orient jusques à V Occident, Tu en as assez d'autres exemples es Grecs et Latins, mesmes en ces divines expériences de Virgile, conmie du Fleuve glacé, des douze signes du Zodiaque, de Iris, des douze labeurs d'Hercule * et autres. Quant aux epithetes, qui sont en nos poètes françois, la plus grande part ou froids, ou ocieux *, ou mal à propos, je veux que tu en uses de sorte que sans eux ce que tu dirois seroit beaucoup moindre, comme la flamme dévorante, les soucis mordanSf la geinnante sollicitude : et regarde bien qu'ils soyent convenables, non seulement à leurs substantifs, mais aussi à ce que tu descriras, à fin que tu ne dies ' Veau ondoyante, quand tu la veux descrire impétueuse, ou la flamme ardente, quand tu la veux monstrer lan" guissante. Tu as Horace entre les Latins fort heureux en ceci, comme en toutes choses. Garde-toy aussi de tomber en un vice commun, mesme aux plus excellens de nostre langue, c'est l'omission des articles. Tu as exemple de ce vice en infinis endroits de ces petites. poésies françoises. J'ay quasi oublié un autre défaut bien usité et de très