Cette*. 4. Qu'on me ramène aux car
2. Ou curnard, sot (L., hist. de rières. Mot connu du poëte Phi~ Cornard; Roquef.; Rabel.). loxène à Denys l'Ancien, rapporté
3; Au surplus*. par Diodore de Sicile.
dissemens ont occasion de gronder. Aussi me plaisent leurs abbois, car je n*en crains gueres les morsures. Je fonde encores (disent-ils) l'immortalité de mon nom sur moindre chose que leiurs escripts, dont toutefois ils ne prétendent aucune louange. Ce n'est à eux, ny à moy à juger de nostre cause, qui (Dieu mercy) n'est de telle importance que la court y doyve pstre longuement embesongnée. Aussi n'ay-je pas fondé mon advancement sur telles magnifiques comparaisons. Si en mes poésies je me loue quelquefois, ce n'est sans l'imitation des anciens : et en cela je ne pense avoir encores esté si excessif, que j'aye, pour illustrer le mien, offensé l'honneur de personne. Et puis je me vante d'avoir inventé ce que j'ay mot à mot traduit des autres. A peu * que je ne leur fay la response que fit Virgile à un quidam Zoïle, qui le reprenoit d'emprunter les vers d'Homère '. J'ay (ce me semble) ailleurs assez défendu l'imitation'. C'est pourquoy je ne feroy' longue response à cest article. Qui voudroit à ceste ballance exammer les escripts des anciens Romains et des modernes Italiens, leur arrachant toutes ces beUes plumes empruntées, dont ils volent si hautement : ils seroyent en hazard d'estre accoustrez en corneille horacienne*. Si par la lecture des bons livres je me suis imprimé quelques traits en la fantasie, qui après, venant à exposer mes petites conceptions, selon les occasions qui m'en sont données, me coulent beaucoup plus facilement en la plume qu'ils ne me reviennent en la mémoire : doiton, pour ceste raison, les appeliez pièces rapportées? Encor' diray-je bien que ceux qui ont leu les œuvres de Virgile, d'Ovide, d'Horace, de Pétrarque et beaucoup d'autres, que j'ay leus quelquefois assez négligemment, trouveront qu'en mes escripts y a beaucoup plus de naturelle invention, que d'artificieUe ou superstitieuse imitation. Quelques-uns, voyans que je finissoy' ou m'efforcoy'