SOR LA MORT DE SA GELONIS
Tout ce (pii prend naissance Est périssable aussi :
L'indomptable puissance Du sort le veut ainsi.
Les fleurs et la peinture De la jeune saison Monstrent de la nature L'inconstante raison.
La rose journalière Mesure son yermeil A Tardente carrière Du renaissant soleil... [56]
La constance immuable De ta douce moitié, Sa chasteté louable, Son ardente amitié,
Macrin, n'ont eu force Contre la fiere loy.
Qui a fait le divorce De ta femme et de toy.
La mort blesme d'envie, En la venant saisir A troublé de ta vie Le plus heureux plaisir... [48]
Macrin, ta douce lyre,
i. Jean-Salmon Macrin, poëte 2. Guillone Boursault, que le latin, né en 1490 et mort en poète chanta sous le nom de Ge- 1557. lonis.
ŒUVRES POÉnaUES. 95
La mignonne des dieux, Ne peut sunnonter l'ire Du sort injurieux.
Il faut que chacun passe En Tetemelle nuit :
La mort qui nous menasse Gomme Tombre nous suit.
Le temps qui tousjours yire, Riant de nos ennuis, Bande son arc qui tire Et nos jours et nos nuits.
Ses fiesches empennées Des siècles reyolus Emportent nos années Qui ne retournent* plus.
N'avance donc le teime De tes jours limitez :
La vertu qui est ferme Fuit les extremitez.
Trop et trop tost la Parque T*enYoira prisonnier Dedans Favare barque Du vieillard nautonnier.
Adonc ira ton ame Sa moitié retrouver, Pour ta première flame Encores esprouver.
L*amour, ta douce peine, T'ouvrira le pourpris*.
Où la mort guide et meine Les amoureux esprits.
Là, sous le saint ombi^ge Des myrtes verdoyans S'appaisera l'orage De tes yeux larmoyans.
1; Reyieunent*. B; i. Enclos, jardin*. Ri B.