DES MISERES ET FORTUNES HUMAINES
Bellone semé sang et rage Parmy les peuples cà et là, Et chasse à la mort maint courage De ce fouet ^ tortu qu'elle a.
Son ame cestuy-ci ottroye * A un yenin froid et amer ; Gestuy-là est donné en proye Aux flots avares de la mer.
Aucuns d'une main vengeresse Veulent par la mort esprouver Si du mal qui tant les oppresse Pourront la guarison trouver.
Quelques autres venans de naisti'e, Avant qu'ils aillent rencontrant Ce qui malheureux nous fait estre, Sortent du monde en y entrant.
Mercure des mains de la Parque Prend nos ombres, et les conduit Au bord, où la fatale barque Nous passe en l'éternelle nuict... [4]
Le chemin est large et facile Pour descendre en l'obscur séjour • Pluton tient de son domicile La porte ouverte nuict et jour.
Là gist l'œuvre, là gist la peine, Ses pas de l'Orque ' retirer, A l'estroit sentier qui nous meine
1. Jusqu'au xtii* s. on regarda 2. Octroie*. B. fouet comme ayant deux sylla- 5. L'enfer, orcut (Ace. Rim.; bes (L.; Quich. versif., p. 311). Roquef.).
Où tout mortel doit aspirer.
Le nombre est petit de ceux ores Qui sont les bien aimez des dieux.
Et ceux que la yertu encores Ardente a eslevez aux cieux... [12|
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DE L'INCONSTANCE DES CHIOSES v