‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 98 sur 274 · AU SEIGNEUR BERTRAND BERGIRR · texte numérisé non relu

AU SEIGNEUR BERTRAND BERGIRR

Voici le pere au double front, Le bon Janus, qui renouvelle Le cours de l'an, qui en un rond Aineine la saison nouvelle.

Renouvelions aussi

Toute vieille pensée

Et tuons le souci

De fortime insensée.

Sus donc, que tardons-nous encore?

Avant que vieillars devenir,

Chassons le soin qui nous dévore.

Trop curieux de l'advenir.

Ce qui viendra demain, Jà pensif ne te tienne :

Les dieux ont en leur main Ta fortune et la mienne... [8j

Veux-tu attendre les frimas De Thyver qui desja s'appreste Pour faire de neige un amas Sm' ton menton et sur ta teste?

Que tes membres transis,

Privez de leur verdeur.

Et les nerfs endurcis

Tremblent tous de froideur?... [8J

Mon fils, c'est assez coinbatu (Disoit la mère au fort Grégeois) :

110 dilUVRES CHOISIES DE DU BELLAY,

Pourquoy ne te resjouis-tu xVvccq' ces filles quelquesfois?

Les vins, l'amour, consolent Le triste cœur de l'iiomnic; Les ans légers s'en volent Et la mort nous assomme.

Je te souhaitte, pour t'osbalrc Durant ceste morte saison, Un plaisir, voire trois ou qualro, (Juc donne Taniie maison.

Bon vin en ton celier,

Beau feu, nuict sans souci,

Un ami familier

Et belle amie aussi,

Qui de son lut, qui de sa voix Endorme souvent tes ennuis.

Qui de son babil quelquefois Te face moins durer les nuicts.

Au lit follastre autant Que ces chèvres lascives Lors qu'elles vont broutant Sur les herbeuses rives.

oo

l)tJ RETOUR DU PRINTEMPS

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