A JAN DORAT
De rhyver la triste froidure Va sa rigueur adoucissant.
Et des eaux l'escorce tant dure
VERS LYRIQUES ET POÉSIES DIVERSES. i 1 1
Au doux Zephyre amollissant*.
Les oiseaux par les bois Ouvrent à ceste fois Leurs gosiers esirecis:
Et plus sous durs glassons Ne sentent les poissons Leurs manoirs racourcis.
La froide humeur * des monts chenus Enfle desja le cours des fleuves, Desja les cheveux sont venus Aux forests si longuement veuves.
La terre au ciel riant
Va son teint variant
De mainte couleur vive :
Le ciel, pour luy complaire,
Orne sa face claire
De grand'beautc naïve.
Venus ose jà sur la brune
Mener danser, gayes et cointes ',
Aux pasles rayons de la lune.
Ses (îraces aux Nymphes bien jointes *.
Maint satyre outrageux
Par les bois ombrageux.
Ou du haut d*un rocher
(Quoy que tout bmsle et arde »),
Estonné les regarde,
Et n'en ose approcher.
Or' est temps que l'on se couronne De l'arbre à Venus consacré, Ou que sa teste on environne
1. La forme n. pour la forme quef.; Palsgr., p. 312; Gach. GI.,