ACTE II, SCENE
LA MARQUISE
] à quelqu'un de mes laquais....
MAlTRE JACQUES, à part.
C'est ce sorcier, sans doute
LA MARQUISE
Qu'il fasse mettre au berlingot Mes chevaux au plus vite.
MAÎTRE JACQUES
Berlingot ! oh ! quel vertigo La tourmente et l'agite !
C'ef-f ce magicien. Veux-tu que je recommence? Mais non, je la lue rois. Par plaisir laissons-la dire, pour voir si cela finira.
LA MARQUISE
ARIETTE
Le désespoir de moi s'empare:
Ah! ma raison s'égare :
Barbare ! barbare !
Tu vois en ce moment L'excès de mon tourment.
Ah! du moins pour soulagement, Que je meure promptement!
MAÎTRE JACQUES, à part. — Barbare! barbare! Où diable prend-elle ces mots-là? Je crois qu'elle devient folle. Il faut que je la ramène doucement.
LA MARQUISE, à part. — Il faut que je parle encore avec douceur à lin scélérat comme celui-là? Cela me suffoque.
MAÎTRE JACQUES. — Morbleu, la paix!
LA MARQUISE. — Tiens, maître Jacques.
MAÎTRE JACQUES. — Tiens, Margot.
LA MARQUISE-. — Je te pardonne tout.
MAÎTRE JACQUES. — Et moi aussi.
LA MARQUISE. — Mais , va-t'en.
MAÎTRE JACQUES. — Mais, travaille.
LA MARQUISE. — Ah !
MAÎTRE JACQUES. — Je crois qu'on frappe. {Il ra ouirir.) Qui peut venir si matin 1 Travaille, ou morbleu....
LA MARQUISE
Ara : De la tourière.
Oh, ciel! peut-on jamais voi/' D'aventure aussi cruelle?
Ciel! peut-on jamais se voir L'objet d'un crime aussi noir?
Mais je crois apercevoir...
C'est Lucile; oui c'est elle!
Oui pourroit jamais prévoir...?
Enfin, je vais tout savoir.
Oh! je vais dévoiler cette horreur. Ils parlent bas. Me montrerai-je? I,ui parlerai-je? Non : écoutons. Oh, ciel! donne-moi la patience.