‹ Œuvres choisiesChapitre 181 sur 454 · ACTE I, SCÈNE IH · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IH

JEANNETTE

o C'est que j'ai perdu mon fuseau En passant près de ce grand chêne. »

Colin alors prend son couteau, Et coupe une branche de frêne.

Un peu d'amour, etc.

JEAN-LOUIS. — La jeune fille, écoutez donc. {Elle se retourne encore.) Bien, bien, fort bien : continue.

JEANNETTE

Il fit tant avec son couteau, En me regardant d'un air tendre, Que j'eus le fuseau le plus beau.

Et que mon cœur se laissa prendre.

Un peu d'amour, etc.

JEAN-LOUIS. — La jeune fille, vous ne voulez donc pas m'écouter?

JEANNETTE. — Vous me pardonnerez, monsieur Jean-Louis.

JEAN-LOUIS. — Monsieur Jean-Louis! Dis donc monsieur le soldat, et non pas monsieur Jean-Louis.

JEANNETTE. — Ah l OUÏ , oui , monsieur le soldat : c'est que je vous regardois,

JEAN-LOUIS. — Recommençons ça. La jeune fille, vous ne voulez donc pas m'écouter?

JEANNETTE. — Vous mc pardonnerez, monsieur le soldat.

JEAN-LOUIS. — Bon, bon. La jeune fille, je vous serois bien obligé, si vous vouliez bien me dire quelle est cette noce que je viens de voir passer.

jEANi^ETTE, — C'cst Celle de Louise, fille de Jeau-Louis Basset, soldat invalide, et fermier de Mme la duchesse.

JEAN-LOUIS.— Bien, bien, fort bien : tu diras bien, et tu viendras nous rejoindre au château : mais n'oublie pas de dire monsieur le soldat. Tiens, tiens, comme il accourt.

JEANNETTE. — OÙ doUC? Ah, OUi I

JEAN-LOUis. — Tiens, comme il grimpe la montagne. Ah ! les amoureux n'ont pas la goutte. Je m'en vais : reste. Non, viens vite.

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