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NOTICE SUR SÉDAINE

les autres, fit pourtant :iiie révolution dans le genre de l'opéra-comique; il le rendit vrai, c'est-à-dire aussi vrai que le théâtre peut l'être. Avant lui, on ne mettait dans un opéra-comique que de l'esprit; il y mit, sans y penser, de la grâce, de la bonhomie et de la tendresse. U avait eu, dans ce genre secondaire, les plus grands succès, quand il donna au Théâtre -Français, le l'hilosophc sans le savoir, une comédie qu'on appellerait aujourd'hui un drame , quoique les ressorts en soient très-simples; mais quand on connaît le cœur humain on n'a pas besoin de machines si compliquées pour produire l'intérêt et la terreur. Le Philosophe sans le savoir et la Gageure imprévue, badinage plein de malice, qui rappelle, avec plus de simplicité, les meilleurs ouvrages de Marivaux, sont restés au répertoire. Cette gloire appartient sans partage à Sédaine ; pour ses opéras, au contraire , le musicien a la plus grande part dans la célébrité qu'ils ont conservée. Il suffit de dire que Sédaine est l'auteur d'Aline, reine de Golconde, du Déserteur et de Richard Cœur de Lion, pour rappeler à tous les esprits la gloire de Berlon, de Monsigny et de Grétry. Ce fut le succès de Richard Cœur de Lion qui décida l'élection de Sédaine à l'Académie française, où il entra en 178p. Il était déjii depuis plusieurs années secrétaire de TAcadémie d'architecture, quoiiju'il sût à peine les premières notions de l'art; et il fut de r.Vcadémie quoiqu'il ne sût pas la grammaire. Quand cai réorganisa l'Institut, en 1796, on ne lui rendit pas son fauteuil, sans doute par un scrupule de puristes : la nouvelle Académie ne voulut pas admettre le génie sans orthographe. « Mais lequel d'entre eux, disait Sédaine, aurait pu faire Rose et Colas? » Il mourut le 17 mai 1797. N'oublions pas de dire, car c'est un, boa commentaire de ses œuvres, que ce fut une âme douce, dévouée, reconnaissante. En souvenir des bienfaits qu'il avait reçus dans sa jeunesse, il donna de l'éducation à plus d'un orphelin, et fut un père pour David, le petit-fils de Buron. On a souvent cité de lui un mot charmant. Voltaire lui dit un jour, en sortant d'une séance de l'Académie, où il avait remarqué quelques plagiats iittérairoe : m Ah 1 monsieur Sédaine, c'est vous qui ne prenez rien à personne. — Aussi ne suis-je pas riche, » répondit Sédaine. Sa modestie le trompait; voici la liste de ses œuvres. Au Théâtre Français, le Philosophe sans le savoir; la Gageure imprévue; Raymond V, comte de Toulouse; — <\ l'Opéra, Aline . reine de Golconde; Amphitryon; Guillaume Tell; — à la Comédie-Italienne, le Diable à quatre; Biaise le Savetier; Rose et Colas; On ne s'avise jamais de tout ; Anacréon ; les Troqueurs dupés; l'Huître et les Plaideurs; le Jardinier et son Seigneur; le Roi et le Fermier ; l'Anneau pordu et retrouvé; les Sabots; le Déserteur; Thémire; le Faucon; le Magnifique; les Femmes vengées; le Mort marié; Félix; Aucassin et Nicohtte; Thalie aunouveau théâtre; Richard Cœur de Lion; le Comte d'Albert; la Suite du Comte d'Albert ; Raoul Barbe-Bleue. Maillard ou Paris sauvé ne fut pas représenté.

Il est toujours intéressant de savoir comment les contemporains ont jugé les hommes et les ou); rages. Voici quelques esi.aits de la corres-

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