SCÈNE II. — CLÉMENTINE
ARIETTE
Pourquoi donc ce Magnifique, Que je n'ai vu que deux fois.
Sur mon cœur a-t-il des droits?
C'est en vain que je m'applique A n'y réfléchir jamais; Mon cœur trouve mille attraits \ me rappeler ses traits.
J92 LE MAGNIFIQUE
Et mon ami, qui soigna mon enfance, Oui me servit de père, de tuteur, Et mon ami n'obtient de ma reconnaissance Qu'une amitié sans force et sans chaleur.
Pourquoi donc ce Magnifique, Que je n'ai vu que deux fois, Sur mon cœur a-t-il des droits?
Alix me dit : « Votre père Pourroit bien n'être pas mort. »
(;ette nouvelle m'est chère; Mais je l'apprends sans transport :
Et le nom du Magnifique Prononcé subitement, Par un sentiment unique, Me pénètre vivement.
Pourquoi donc ce Magnifique, Que je n'ai vu que deux fois, Sur mon cœur a-t-il des droits?