SCENE VIIl. — LES TROIS FRÈRES
. SAiNT-MORiN. — Prenons garde à cela, il le feroit comme il le dit, LA MORINIÈRE. — Il faut l'empêcher, cela nous ruineroit. MORINVILLE. — Cela feroit manquer le mariage du baron; ah, le
voilà! le préviendrons-nous?
LA MORINIÈRE. — Attendons ; car je vous dirai....
Sr-.ÈNE IX. — Les précédents, M. DE VERSAC.
M. DE VERSAC
CHANSON
Hé, mes amis, que faut-il donc
Pour triompher de Thérèse?
Je lui dis :
Quand de mon cœur je fais don,
Etes- vous aise,
Belle Thérèse!
D'épouser un noble, un baron,
Êtes-vous aise?
Mais parlez-moi, répondez donc,
Étes-vous aise?
Quand de mon cœur je vous fais don.
Êtes-vous aise, Belle Thérèse?
Voudriez-vous m'embrasser? Non.
Non?
Non.
Hé mais, grands dieux! que faut-il donc Pour triompher de Thérèse ?
(Pendant ceci les frères parlent entre eux.)
MORiN^TLi-E. — Il faut le prévenir.
M. DE %-ERS.i.c. — Que diable avez-vous donc à chuchoter entre vous autres? savez-vous que cela n'est pas honnête?
s.\i.sT-iiORiN. — C'est que nous sommes exposés à être fort embarrasgés.
M. DE VERSJlC. — Quoi doUC?
MORisviLLE. — Mon pèfB s'est fourré dans la tète que ce monsieur, cet homme qui a été attaqué ce soir, est celui qui jadis....
LA MORiNiÈRE. — Qui jadis a perdu la somme qu'il a trouvée.
M. DE \-ERS.\c. — Bon! il n'y a pas le sens commun : et quel est son dessein?
MORiNviLLE.— Non-seulement il veut la lui rendre, mais lui remettre tout ce qu'il a en propre.
M. DE vERSAC. — Diable ! cela est embarrassant; votre sœur est bien aimable ; mais cela feroit quelque difficulté.
SAiNT-xiORiN. — Laquelle?
K. DE ^-ERSAC. — Je VOUS le dirai : mais puisque votre père est si délicat, ne pourroit-on pas...? Hé, parbleu! il y a un moyen excellent.
SAlNT-MORIN. — Quoi dOHC?
M. DE VERS.1C. — C'est de lui faire croire que c'est mon père, que c'est feu mon père qui avoit perdu cet argent. Comment étoit faite la valise?
SAiMT-MORiM. — Je n'en sais rien.
MORiNviLLE. — Ni moi.
LA MORINIÈRE. — Mais en ce cas-là, ce seroit à vous qu'il rendroit le bien, et d'une façon ou d'une autre nous en serions privés.
M. DE VERSAC. — Non, j'épousc votre sœur, et cela ne sortiroit pas ds iii famille.
La. MORINIÈRE. — Et UOUS?
M. DE VERSAC. — Ah! je vous ferois quelque avantage.