ACTE II, SCENE I
otMAN. — Mais au moins ne cherchez point à exciter sa cuiiositû. RAOUL. — Heureusement pour elle et pour moi , elle paroît n'en avoir
point.
OFMAN. — Eh bien, seigneur! contentez-vous des ménagements et lie la discrétion qu'elle fera voir dans toute sa conduite, et iio la punissez jias de lu cruauté de vos essais : elle est si charmante, si douce, .i aimable.
DUO
KAOUL.
OFMAN.
Je le Irouve bien pitoyable.
Eh! que t'importe son sort, Et qu'Isaure soit aimable?
Pour cet avis charitable Tu mériterois la mort.
Si j'en croyois mon transport, Si j'en croyois mon transport,
Je punirois un coupable, Je te donnerois la mort.
Au mien?
Ses frères ! je ne crains pas De si foibles adversaires.
Contre eux j'ai vingt mille bras.
Armés de leurs cimeterres.
Si j'en croyois mon transport.
Je punirois un coupable, ie te donnerois la mort!
Avec vous je suis d'accord ; Ne soyez point pitoyable ; Eh! que m'importe son sort?
Vous dire qu'elle est aimable Est-ce mériter la mort?
Je suis d'accord.
Eh! que m'importe son sort?
Ne soyez point pitoyable; Avec vous je suis d'accord.
Vous dire qu'elle est aimable, Est-ce mériter la mort?
Tuez-les l'une après l'autre, Ça ne me regarde pas; En défendant ce trépas.
Seigneur, je pensois au vôtra
Oui, car son trépas Seroit vengé par ses frères.
Eh bien! décidez de son sort, Avec vous je suis d'accord.
Eh! que m'importe son sort?
iNe soyez point pitoyable, Avec vous je suis d'accord.
Vous dire qu'elle est aimai le, Est-ce mériter la mort?
Séoaine.
'iô
SCÈNE II. — RAOUL, ISAURE, en tiaOïts magnifiques; OFMAN , dans le fond du théâtre.
HAOUL. —Votre réveil, madame, a précédé le lever de l'Aurore. A.vez-vous donné à vos femmes l'ordre que vous avez bien voulu recevoir de moi?
ISAURE. — Oui, odigneur; je leur ai dit qu'elles n'entrassent jamais pour me servir que dans la pièce où elles sont venues.
RAOUL. — Je vous en suis obligé. J'ai mes défauts, belle Isaure; je n'en ai peut-être qu'un, celui de ne pouvoir supporter la curiosité dans une femme; et ces sortes de femmes, vous le savez....
ISAURE. — Vous avez raison, sire Raoul; sans naissance et sans éducation , elles ne peuvent manquer d'être curieuses et indiscrètes.
RAOUL. — Ainsi , vous ne serez ni l'un ni l'autre.
ISAURE. — Je le crois.
RAOUL. — Je vais, belle Isaure, vous quitter pour quelque temps.
ISAURE. — Moi, seigneur 1
RAOUL. — Oui.
ISAURE. — N'ôtes-vous pas le maître de faire ce qui vous plaît?
RAOUL. — Je vais parcourir mes domaines et faire préparer les fêtes que je veux vous donner. Je vous laisse ici souveraine; parcourez mon château, mes jardins, mes parcs. Ofmanl {Ofman approche.) Ce vieillard que je vous laisse vous obéira, et fera exécuter vos ordres. Je vais remettre dans vos mains toutes les clés de mes trésors ; ces clés ouvrent toutes les portes; vous êtes la maîtresse de disposer de tout ce que vous y verrez; je ne vous interdis cependant que la jouissance de cette clé, dont la tige est d'or et l'anneau de diamant; c'est celle de cette porte : ce n'est pas que ce cabinet renferme des choses bien précieuses; mais mon bonheur et le vôtre sont attachés à cette défense, et sa violation pourroit causer les plus grands malheurs.
ISAURE. — Permettez-moi de vous représenter qu'avec une femme qui ne seroit point pénétrée comme je le suis des principes dans lesquels j'ai été élevée , cette défense unique et particulière pourroit peut-être enflammer sa curiosité plutôt que de l'éteindre.
OFMAN, à part. — On ne peut mieux dire. Bien, bien.
RAOUL. — Heureusement vous êtes sûre de vos principes.
ISAURE. — Hé mais, seigneur, gardez cette clé.
OFMAN. — Bien, bien.
RAOUL. — Ah, madame! il ne m'arrivera jamais de douter de la certitude des promesses que me fera ma chère épouse. (Il va à Ofman. lui dit un mot, et rciienl.)
TRIO
RAOUL. ISAURE. OFHAN.
Jurez-moi.
Que je vous jure!
Mais, seigneur, pour- •juoi jurer?