ACTE II, SCÊKÈ
RAOUL
ISAURE
Gardez, gardez celte Clé:
Votre ;\me sera plus sûre
Que je n'aurai pas troublé
Ce que vous avez réglé.
OFMAN
Non. gardez cette clé; Ma défense est un peu
dure , Mais de vous vous êtes
sûre; Oui, de vous vous êtes
sûre.
Gardez, gardez celte
clé.
Jurez-moi.
je vous jure.
De moi, seigneur, je suis sûre; Oui , de vous vous êtes La défense n'est pas sûre. dure;
Puisque vous la com •
mandez.
J'obéirai sans murmure.
Jurez-moi.
Je vous jure; Gardez bien cette clé. Mais, seigneur, pourquoi jurer?
Non, non. Gardez vous-même
cette clé ; Votre âme sera plus sûre De vous vous êtes trop Queje n'aurai pas trousûre blé
Pourquoi la faire jurer?
Pour en faire une parjure.
Heureusement elle est sûre
De ne jamais s'égarer.
Et je ferois la gageure
Qu'elle saura se garder
De tourmenter la serrure.
Elle est sûre.
Elle saura se garder
De tourmenter la serrure.
Mais pourquoi la faire jurer?
Pour en faire une parjure.
Heureusement elle est sûre
De ae jamais s'égarer,
BAOUL. ISAURK. OFMAN.
Pour que mon cœur Ce que vous avez réglé. Et je ferois la gageure
soit troublé.
Gardez , gardez cette Gardez , gardez cette
clé; clé;
De vous vous êtes trop Votre âme sera plus Qu'elle saura se garder
sûre; sûre
Ce seroit vous laire in- Que je n'aurai point De tourmenter la ser-
jure, troublé rure.
Si mon cœur étoit trou- Ce que vous avez réglé.
blé.
SCÈNE III. — Les précédents, un écuyer. ' l On entend la trompette de la guette du sentinelle.)
tîAOUL. — Qu'est-ce que j'entends?
(Ofman sort et rentre avec l'écuyer.)
l'écuyer. — Une grande et noble dame, montée sur son palefroi, et suivie de deux pages et d'un écuyer, a demandé qu'on baissât les flèches du pont.
HAOUL. — Qu'est-ce que c'est que cette femme? une curieuse, sans doute.
l'écuyer. — Elle a dit qu'elle étoit sœur de la belle Isaure, et qu'elle se nommoit demoiselle Anne.
ISAURE, à part. — Ciel! c'est Vergi! quelle imprudence!
RAOUL. ■ — Vous avez une sœur? je ne croyois pas.... je l'ignorois. Je suis aise qu'elle vous tienne compagnie; l'amusement fait distraction, et donne des forces à la prudence.