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(i 11 serait délicieux pour moi de rester à Sully, s'il m'était permis d'en sortir. M. le duc de Sully est le plus aimable des hommes el celui à qui j'ai le plus d'obligation. Sou château est dans la plus belle situation du monde, il j a un bois magnifique...
« Il est bien juste qu'on m'ait donné un exil agréable, puisque j'étais absolument fhnocenl des indignes chansons qu'on m'imputait ; vous seriez peut-être bien étonnée si je vous disais que dans ce beau bois nous avons des nuits blanches comme à Sceaux. Mme de La Yrillière, qui vint ici pendant la nuit faire tapage avec Mme de Listenai, fut bien surprise d'être dans une grande salle d'armes, éclairée d'une infinité de lampions, el d'y voir une magnifique collation servie au son des instruments et suivie d'un bal où parurent plus de cent masques habillés deguenilloris superbes. Les deux sieurs trouvèrent des vers sur leur assiette; on assure qu'ils sont de l'abbé Courlin. Je vous les envoie : vous verrez de qui ils sont :i. »
(1) La marquise de Mimeure, mariée à un maréchal de camp, recevait les gens de lettres dans son hôtel de la rue des Saints-Pères.
(2) Guenillon. V. Lex.
(3) Ils étaient de Voltaire et sont reproduits dans ses poésies mêlée* {Xuit blanche à Sully).
Un disciple à son maître.
A m. l'abbé de chaulieu *
De Sully, 20 juin 1716.
Monsieur, vous avez beau vous défendre d'être mon maître, vous le serez, quoi que vous en disiez. Je sens trop le besoin que j'ai de vos conseils ; d'ailleurs, les maîtres ont toujours aimé leurs disciples, et ce n'est pas là une des moindres raisons qui m'engagent à être le vôtre. Je sens qu'on ne peut guère réussir dans les grands ouvrages sans un peu de conseils et beaucoup de docilité. Je me souviens bien des critiques que M. le grand prieur 2 et vous me fîtes dans un certain souper, chez M. l'abbé de Bussy 3. Ce souper-là fit beaucoup de bien à ma tragédie4 ; et je crois qu'il me suffirait pour faire un bon ouvrage de boire quatre ou cinq fois avec vous. Socrate donnait ses leçons au lit, et vous les donnez à table ; cela fait que vos leçons sont sans doute plus gaies que les siennes.
Je vous remercie infiniment de celles que vous m'avez données sur mon épître à M. le Régent; et quoique vous me conseilliez de louer, je ne laisserai pas de vous obéir.
Malgré le penchant de mon cœur, A vos conseils je m'abandonne.
Quoi ! je vais devenir flatteur ! . Et c'est Chaulieu qui me l'ordonne!
Je ne puis vous en dire davantage, car cela me saisit. Je suis, avec une reconnaissance infinie, etc. . .
Sur La Motte et sur J.-B. Rousseau.