T.VIRE
empereurs; ils ' l'oul conservé en perdant leur puissance.
Tous les usages de la vie civile différaient, des nôtres ; le pourpoint et le petit manteau étaient devenus l'habit de toutes les cours. Les hommes de robe portaient partout la robe longue et étroite ; les marchands, une petite robe qui descendait à la moitié des jambes.
Il n'y avait sous François Ier que deux coches dans Paris, l'un pour la reine, l'autre pour Diane de Poitiers : hommes et femmes allaient à cheval.-
Les richesses étaient tellement augmentées que Henri VIII, roi d'Angleterre, promit en 1519 une dot de trois cent trente-trois mille écus d'or à sa fille Marie, qui devait épouser le fds aine de François Ier : on n'en avait jamais donné une si forte.
L'entrevue de François 1er et de Henri fut longtemps célèbre par sa magnificence. Leur camp fut appelé le camp du drap d'or : mais cet appareil passager et cet effort de luxe ne supposait pas cette magnificence générale et ces commodités d'usage si supérieures à la pompe d'un jour, et qui sont aujourd'hui si communes. L'industrie n'avait point changé en palais somptueux les cabanes de bois et de plâtre qui formaient les rues de Paris. Londres était encore plus mai bâtie -, et la vie y était plus dure. Les plus grands seigneurs menaient à cheval leurs femmes en croupe à la campagne : c'était ainsi que voyageaient toutes les princesses, couvertes d'une cape de toile cirée dans les saisons pluvieuses; on n'allait point autrement au palais des rois. Cet usage se conserva jusqu'au milieu du dix-septième siècle. La magnificence de Charles-Quint, de François Ier, de Henri VIII, de Léon X, n'était que poulies jours d'éclat et de solennité : aujourd'hui les spectacles journaliers, la foule des chars dorés, les milliers de fanaux qui éclairent pendant la nuit les grandes villes, forment un plus beau spectacle et annoncent plus d'abon-
(1) Ils (les empereurs) ont conservé le premier rang, tout en perdant leur puissance.
(8) Bâtie. V. Notes gramm., p. 983, II, 1.
dance que les plus brillantes cérémonies des monarques du seizième siècle.
On commençait dès le temps de Louis XII à substituer aux fourrures précieuses le> étoffes d'or et d'argent qui se fabriquaient en Italie : il n'y en avait point encore à Lyon. L'orfèvrerie était grossière. Louis XII l'ayant défendue dans son royaume par une loi somptuaire indiscrète, les Français firent venir leur argenterie de Venise. Les orfèvres de France furent réduits à la pauvreté et Louis MI révoqua sagement la loi.
François 1er. devenu économe sur la fin de sa vie, défendit les étoffes d'or et de soie. Henri III renouvela cette défense : mais si ces lois avaient été observées, les manufactures de Lyon étaient perdues. Ce qui détermina à faire ces lois, c'est qu'on tirait la soie de l'étranger. On ne permit sous Henri II les habits de soie qu'aux évèques. Les princes et les princesses eurent la prérogative d'avoir des habits rouges, soit en soie, soit en laine (1563 1. Enfin, il n'y eut que les princes et les évèques qui eurent le droit de porter des souliers de soie.
Toutes ces lois somptuaires ne prouvent autre chose, sinon que le gouvernement n'avait pas toujours de grandes vues, et qu'il parut plus aisé aux ministres de proscrire 1 industrie que de l'encourager1.
Les mûriers n'étaient encore cultivés qu'en Italie et en Espagne : l'or trait2 ne se fabriquait qu'à Venise et à Mi-
1 Toute loi somptuaire G>t injuste en elle-même. C'est pour le maintien de leurs droits que les hommes se sont réunis en société et non pour donner aux autres celui d'attenter à la liberté que doit avoir chaque individu de s'habiller, de se nourrir, de se loger à sa fantaisie, en un mot. de faire de sa propriété l'usage qu'il veut en faire, pourvu que cet usage ne blesse le droit de personne.
... « Le seul moyen permis d'attaquer le luxe par les lois, et en'même temps le seul qui soit vraiment efficace, est de chercher à établir la plus grande égahté entre les fortunes, par le partage égal des successions, la destruction ou la re>triction du droit de tester, la iiberté de toute espèoe de commerce et d'industrie; et ces lois sont précisément celles qu'indépendamment du désir d'abolir le luxe, la justice, la raison et la nature conseilleraient à tout législateur éclairé » {hd. da Eekl).
(2) L'or trait : l'or tiré à la filière) le fil d'or
lan. Cependant les modes des Français se communiquaient déjà aux cours d'Allemagne, à l'Angleterre et à la Lombardie. Les historiens italiens se plaignent que depuis le passage de Charles VIII on affectait chez eux de s'habiller à l'a française et de faire venir de France tout ce qui servait à la parure.
Le pape Jules II fut le premier qui laissa croître sa barbe, pour inspirer par cette singularité un nouveau respect aux peuples. François Ier, Charles-* Hiint, et tous les autres rois suivirent cet exemple, adopté à l'instant par leurs courtisans. Mais les gens de robe, loujours attachés à l'ancien usage, quel qu'il soit, continuaient de se faire raser, tandis que les jeunes guerriers affectaient la marque de la gravité et de la vieillesse. C'est une petite observation, mais elle entre dans l'histoire des usages.
Ce qui est bien plus digne de l'attention de la postérité, ce qui doit l'emporter sur toutes ces coutumes introduites par le caprice, sur toutes ces lois abolies par le temps, sur les querelles des rois qui passent avec eux, c'est la gloire des arts, qui ne passera jamais. Celle gloire a été, pendant tout le seizième siècle, le partage de la seule Italie *. Mienne rappelle davantage l'idée de l'ancienne Grèce : car, si les arts fleurirent en Grèce au milieu des guerres étrangères et civiles, ils eurent en Italie le nième sort ; et presque tout y fut porté à la perfection, tandis que les armées de Charics-Quiul saccagèrent Rome 2, que Barberousse 3 ravagea les côtes et que les dissensions des princes et des républiques troublèrent l'intérieur du pays.
L'Italie eul, dans Guichardin, son Thucydide*, ou plu-
(1) Exagération qu'on ne peut laisser passer sans protester, car, pour nous en tenir à la Fiance et à la seule architecture, comment admettre que tant de châteaux élevés sous Louis XII et sous François Ier sur les bords de la Loire, de la Seine et un peu partout dans notre paye, ne. fournissent pas la preuve d'un art très original et exquis? -
(2) Sous la conduite du connétable de Bourbon, en 1527.
(3) Barberouase (1476-1546), gouverneur d'Alger et amiral au service de Soliman II, ravagea les côtes d'Italie, notamment en 1539.
(4) Ces comparaisons entre la littérature italienne du seizième siècle cl la littérature grecque sont empreintes d'une très sensible légèreté. Ce qui n'empêche pas l'Histoire d'Italie, par Guichardin, d'être une
tôt son Xénophon; car il commanda quelquefois dans les guerres qu'il écrivit. Il n'y eut, en aucune province d'Italie, d'orateurs comme les Démosthène, les Périclès, les Eschine. Le gouvernement ne comportait presque nulle part cette espèce de tnérite. Celui du théâtre, quoique très inférieur à ce que fut depuis la scène française, pouvait être comparé à la scène grecque qu'elle faisait revivre : il y a de la vérité, du naturel et du bon comique dans les comédies de l'Arioste1; et la seule Mandragore de Machiavel2 vaut peut-être mieux que toutes les pièces d'Aristophane. Machiavel, d'ailleurs, était un excellent historien, avec lequel un bel esprit, tel qu'Aristophane, ne peut entrer en aucune sorte de comparaison. Le cardinal Bibbiena3 avait fait revivre la comédie grecque; et Trissino, archevêque de Bénévent4, la tragédie, dès le commencement du seizième siècle. Ruccelaï 5 suivit bientôt l'archevêque Trissino. On traduisit à Venise les meilleures pièces de Plaute : et on les traduisit en versT comme elles doivent l'être, puisque c'est en vers que Plaute les écrivit ; elles furent jouées avec succès sur les théâtres de Venise, et dans les couvents où l'on cultivait les lettres.
Les Italiens, en imitant les tragiques grecs et les comiques latins, ne les égalèrent pas ; mais ils firent de la
œuvre de mérite supérieur. Guichardin, né à Florence en 14S2, mourut en 1540.
(1) L'Arioste (1474-1533) est surtout célèbre par son épopée libre et fantaisiste, le Roland furieux. (V. p. 591. n. 3, p. 616 et p. 675).
(2) Machiavel 1469-1527), Florentin comme Guichardin, homme politique comme lui, écrivit des ouvrages remarquables, dont le plus connu est le Prince, où il expose les maximes d'une politique sans scrupules. 11 a donné une Histoire de Florence. Les comédies qu'il a laissées sont loin d'être comparables à celles d'Aristophane.
(3) Bibbiena (1470-1520), secrétaire et ami de Léon X, qui lui confia plusieurs missions importantes. Ses comédies, comme celles de Machiavel, se ressentent de la licence de son temps.
(4) Erreur de fait. Trissino (1478-1550) fut employé par les papes dans la diplomatie, mais il ne fut ni archevêque, ni prêtre : il se maria deux fois. Sa Sofonisba (1515) est la première tragédie régulière qui ait été faite.
(5) Jean Ruccellaï (1475 15257, ami de Léon X, auteur des tragédies de Rosmonde et d'Ores te.
Voltaire. 22
pastorale un genre nouveau dans lequel ils n'avaient point de guides, el où personne ne les a surpassés. ISAminta du Tasse l, et le Pastor Fido du Guarini 2, sont encore le charme de tous ceux qui entendent l'italien.
Presque toutes les nations polies de l'Europe sentirent alors le besoin de l'art théâtral, qui rassemble les citoyens, adoucit les mœurs, el conduit à la morale parle plaisir. Les Espagnols approchèrent un peu des Italiens; mais ils ne purent parvenir à faire aucun ouvrage régulier. 11 y eut un théâtre en Angleterre, mais il était encore plus sauvage. Shakespeare3 donna de la réputation à ce théâtre sur la fin du seizième siècle. Son génie perça au milieu de la barbarie, comme Lope de Véga4en Espagne. C'est dommage qu'il y ait beaucoup plus de barbarie encore que de génie dans les ouvrages de-Shakespeare: Pourquoi des scènes entières du Pastor Fido sont-elles sues par cœur aujourd'hui à Stockholm et à Pélersbourg? et pourquoi aucune pièce de Shakespeare n'a-t-elle pu passer la mer ? C'est que le bon est recherché de toutes les nations. Un peuple qui aurait des tragédies, des tableaux, une musique uniquement de son goût, et réprouvés de tous les autres peuples policés, ne pourra5 jamais se flatter justement d'avoir le bon goût en partage.
Les Italiens réussirent surtout dans les grands poèmes de longue haleine; genre d'autant plus difficile que l'uniformité de la rimé étales stances, à laquelle ils s'asservirent, semblait devoir étouffer le génie.
Si l'on veut mettre sans préjugé dans la balance Vodyssée d'Homère avec le Roland de l'AriosIe, l'italien l'emporte à tous égards, tous deux ayant le même défaut,
(i) Le Tasse (Torquato Tasso) (1544-159.3), un des plus célèbres poètes italiens, auteur de la Jérusalem délivrée. L'Aminta est un drame pastoral.
(2) Guaiîini (1537-1612). Le Pastor (iào est une tragi-comédie pastorale en cinq actes et en vers.
(3) Shakespeare (1564-1616), non seulement le plus grand poète anglais, mais un des plus puissants génies qu'ait produits l'humanité. On s'étonne de le voir sacrifié au Tasse et à Guarini
(i) Lope de Véoa, grand poète espagnol (1562-1635). (5) Ne pourra. V. Notes gramm., p. 98S, V. ni, 5.
l'intempéranee de l'imagination, et le romanesque incroyable. L'Arioste a racheté ce défaut par des allégories si vraies, par des satires si fines, par une connaissance si approfondie du cœur humain, parles grâces du comique, qui succèdent sans cesse à des traits terribles, enfin par des beautés si innombrables en tout genre, qu'il a trouvé le secret de faire un monstre admirable.
A l'égard de V Iliade, que chaque lecteur se demande à lui-même ce qu'il penserait s'il lisait, pour la première fois, ce poème et celui du Tasse, en ignorant les noms des auteurs, et les temps où ces ouvrages furent composés, en ne prenant enfui pour juge que son plaisir1. Pourrait-il ne pas donner en tous sens la préférence au Tasse ? Ne trouverait-il pas dans l'italien plus de conduite, d'intérêt, de variété, de justesse, de grâces et de cette mollesse2 qui relève le sublime ? Encore quelques siècles cl l'on n'en fera peut-être pas de comparaison3.
11 paraît indubitable que la peinture fut portée dans ce seizième siècle à une perfection que les Grecs ne connurent jamais, puisque non seulement ils n'avaient pas cettevariété de couleurs que les Italiens employèrent, mais qu'ils ignoraient l'art de la perspective et du clair obscur.
La sculpture, art plus facile et plus borné, fut celui où les Grecs excellèrent et la gloire des Italiens est d'avoir approché de leurs modèles. Ils les ont surpassés dans L'architecture j et de l'aveu de toutes les nations, rien n'a jamais été comparable au temple principal de Rome moderne4, le plus beau, le plus vaste, le plus hardi qui jamais ait été dans l'univers.
(1) Est-il juste de donner le premier rang en tout genre à l'ouvrage le plus agréable f Si cette règle est applicable à la comédie, peut-être même à la tragédie, peut-on l'étendre à la poésie épique, à l'éloquence, à l'histoire ?
(2) .Mollesse, sans doute dans le sens de tendresse voluptueuse.
(3) Non, en effet, on n'en fait plus la comparaison, mais ce n'est pas pour la raison que croit l'auteur.
(4) L'église Saint-Pierre de Rome, commencée par Bramante, achevée par Michel-Ange, qui construisit la coupole.
La musique ne fut bien cultivée qu'après ce seizième siècle; mais les plus fortes présomptions font penser qu'elle est très supérieure à celle des Grecs, qui n'ont laissé aucun monument par lequel on pût soupçonner qu'ils chantassent en parties.
La gravure en estampes, inventée à Florence au milieu du quinzième siècle, était un art tout nouveau qui était alors dans la perfection. Les Allemands jouissaient de la gloire d'avoir inventé l'imprimerie, à peu près dans le temps que la gravure fut connue; et par ce seul service ils multiplièrent les connaissances humaines. Il n'est pas vrai, comme le disent les auteurs anglais de l'Histoire universelle, que Fauste * fut condamné au feu par le Parlement de Paris comme sorcier: mais il est vrai que ses facteurs, qui vinrent vendre à Paris les premiers livres imprimés, furent accusés de magie : cette accusation n'eut aucune suite. C'est seulement une uiste preuve de la grossière ignorance dans laquelle on était plongé, et que l'art même de l'imprimerie ne put dissiper de longtemps (1474). Le Parlement lit saisir tous les livres qu'un des facteurs de Mayence avait apportés, c'est ce que nous avons vu à l'article de Louis XL
11 n'eût pas fait cette démarche dans un temps plus éclairé : mais tel est le soit des compagnies les plus sages, qui n'ont d'autres règles que leurs anciens usages et leurs formalités; tout ce qui est nouveau les effarouche. Ils s'opposent2 à tous les arts naissants, à toutes les vérités contraires aux erreurs de leur enfance, à tout ce qui n'est pas dans l'ancien goût et dans l'ancienne forme. C'est par cet esprit que ce même Parlement a résisté si longtemps à la réforme du calendrier, qu'il a défendu
(1) Voltaire veut sans doute désigner Jean Fust, orfèvre de Mayence, associé de Gutenberg et partageant avec lui l'honneur d'avoir inventé l'imprimerie. Fust vint à Paris en 1466; on croit qu'il y mourut de la peste. Quelques-uns ont pensé que le fameux Faust de la légende n'était autre que Jean Fust, dont la vie aurait été défigurée par les contes populaires.
(2) Ils s'opposent, c'est-à-dire : les membresKdes compagnies les plus sages s'opposent...
d'enseigner d'autre doctrine que celle d'Aristote, qu'il a proscrit l'émétique, qu'il a fallu plusieurs lettres de jussion4 pour lui faire enregistrer les lettres de pairie d'un Montmorency, qu'il s'est refusé quelque temps à l'établissement de l'Académie française et qu'il s'est enfin opposé de nos jours à l'inoculation de la petite vérole et au débit de V Encyclopédie.
Comme aucun membre d'une Compagnie ne répond des délibérations du corps, les avis les moins raisonnables passent quelquefois sans contradiction : c'est pourquoi le duc de Sully dit dans ses Alémoires « que si la sagesse descendait sur la terre, elle aimerait mieux se loger dans une seule tète que dans celles d'une compagnie. »
Louis XI, qui ne pouvait être méchant, quand il ne s'agissait pas de ses intérêts, et dont la raison était supérieure quand elle n'était pas aveuglée par ses passions, ôta la connaissance de cette affaire au Parlement; il ne souffrit pas que la France fût à jamais déshonorée par la proscription de l'imprimerie, et lit payer aux artistes de Mayence le prix de leurs livres...
La philosophie, toujours gênée, ne put, dans le seizième siècle, faire autant de progrès que les beaux-arts.
Les disputes de religion qui agitèrent les esprits en Allemagne, dans le Nord, en France, en Angleterre, relardèrent les progrès de la raisefn... Les beaux-arts continuèrent à fleurir en Italie, parce que la contagion des controverses ne pénétra guère dans ce pays; et il arriva que lorsqu'on s'égorgeait en Allemagne, en France, en Angleterre, pour des choses qu'on n'entendait point, l'Italie, tranquille depuis le saccagement étonnant de Home par l'armée de Charles-Quint, cultiva les arlsplus que jamais. Les guerres de religion étalaient ailleurs des ruines; mais à Rome et dans plusieurs autres villes italiennes l'architecture était signalée par des prodiges. Dix papes de suite contribuèrent, presque sans aucune interruption, à l'achèvement delà basiliq le Saint-Pierre, et
(i) JussiotT. V. Lex.
encouragèrent les autres arts : on ne voyait rien de semblable dans le resle de l'Europe. Enfin la gloire du génie appartint alors à la seule Italie, ainsi qu'elle avait été le partage de la Grèce.
I ne centaine d'artistes en tout genre a formé ce beau siècle que les Italiens appellent le Seicento1. Plusieurs de ces grands hommes ont été malheureux et persécutés; la postérité les venge : leur siècle, comme tous les autres, produisit des crimes et des calamités; mais il a sur les autres siècles la supériorité que ces rares génies lin ont donnée. C'est ce qui arriva dans l'âge qui produisit les Sophocle et les Démosthènc, dans celui qui fil naître les Cicéron et les Virgile. Ces hommes, qui sont les précepteurs de tous les temps, n'ont pas empêché qu'Alexandre n'ait tué Clitus, et qu'Auguste n'ait signé les proscriptions. Racine, Corneille, et La Fontaine, n'ont certainement pu empêcher que Louis XIV n'ait commis de très grandes fautes. Les crimes et les malbeurs ont été de tous les temps, et il n'y a que quatre siècles pour les beaux-arts 2. Il faut être fou pour dire que ces arts ont nui aux mœurs 3 ; ils sont nés malgré la méchanceté des hommes, et ils ont adouci jusqu'aux mœurs des tyrans.