‹ Œuvres choisiesChapitre 68 sur 199 · ZAMORE · texte numérisé non relu

ZAMORE

Je demeure immobile, égaré, confondu.

Quoi donc! Les vrais chrétiens auraient tant de vertu !

Ah ! la loi qui t'oblige à cet effort suprême,

Je commence à le croire, est la loi d'un Dieu même '. 1410

J'ai connu l'amitié, la constance, la foi ;

une leçon de tolérance. Il est la traduction d'un mot du duc François de Guise à un protestant, qui avait formé le projet de l'assassiner pendant le siège de Rouen (1562) : « Or çà, je vous veux montrer combien la religion que je tiens est plus douce que celle de quoi vous faites profession. La vôtre vous a conseillé de me tuer, sans m'ouïr, n'ayant reçu de moi aucune offense ; et la mienne me commande que je vous pardonne, tant convaincu que vous êtes d'avoir voulu me tuer sans raison . »

(1) V, Notes gramm., \>. 084, III, 8.

ALZIRE 279

Mais lant de grandeur d'âme est au-dessus de moi ; Tant de vertu m'accable, et son charme m'attire. Honteux d'être vengé, je t'aime, et je t'admire.

(Il se jette à ses"pieds.)

ALZIRE

Seigneur, en rougissant je tombe à vos genoux. 1415

Alzire, en ce moment, voudrait mourir pour vous.

Entre Zamore et vous mon Ame déchirée

Succombe au repentir dont elle est dévorée.

Je nie sens trop coupable, et mes tristes erreurs...

GUSMVN

Tout vous est pardonné, puisque je vois vos pleurs. 1420 Pour la dernière fois, approchez-vous, mon père ; Vivez longtemps heureux; qu'Alzire vous soit chère ! Zamore, sois chrétien ; je suis content ; je meurs. ALVAREZ, à Montèze..

Je vois le doigt de Dieu marqué dans nos malheurs. Mou cœur désespéré se soumet, s'abandonne 1425

Aux volontés d'un Dieu qui frappe et qui pardonne.

Candide, 1759.

En-tète de Dubourg, tiré des Éléments de la philosophie de Newton, 1738.

Page 1