‹ Œuvres choisiesChapitre 86 sur 199 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Voltaire conquiert la faveur et entre à l'Académie. 1743-1746

La correspondance de Voltaire, de 1743 à 1746,1e montre cheminant habilement vers la faveur de la cour et vers l'Académie, buts qu'il avait si souvent visés, mais qui lui avaient toujours échappé, au moment où il allait les atteindre. Bien des obstacles l'en écartaient et ces obstacles, c'était lui-même qui les avait mis sur sa route, s'il est vrai qu'ils s'appelaient les Lettres philosophiques ou la Pucelle, voire le Mondain, ses démêlés avec l'abbé Desfontaines, où avec Jore. D'un autre côté, on pouvait s'étonner de ne pas voir à l'Académie l'auteur de Zaïre et de Mérope, l'écrivain le plus prestigieux de son temps soit en vers, soit en prose, l'homme le plus spirituel qu'on eût jamais connu, l'historien, le philosophe dont la renommée avait dépassé les frontières du pays et dont toute l'Europe commençait à s'occuper.

Voltaire était inlassable dans ses ambitions et il ne regardait pas de très près aux moyens, quand il s'agissait de se faire ouvrir une porte. Si c'est une profession d'orthodoxie que l'on veut de lui, il ne lui en coûtera pas de récrire et si la lettre de inar- 1743 à M***, de l'Académie française n'a pas réussi, trois ans plus tard, il la recommencera sous une forme plus explicite dans la lettre au H. P. de la Tour. En lisant celle-ci, on serait tenté de trouver que l'exagération même du geste risque d'en compromettre l'auteur. On se demande s'il ne se dédommage pas de certaines protestations par la grimace dont il les accompagne.

La lçttre à M. Aiaelot nous fait assister à la métamorphose de l'homme de lettres en diplomate. Il est vrai que la mission qu'il s'était fait donner auprès Ju roi de Prusse ne réussit pas. Il eut affaire à plus fort que lui. Mais comment ne pas lui sa-

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