SCENE IV ARLEQUIN, PYRRHA
iTtrba, éveillée aux cris d'Apollon , se lève brusquement et voit son mari. Le mari regarde sa femme, comme un homme en extase. L'éionnement de la femme n'est pas moindre. La surprise réciproque donne lieu à une scène muelte et comique. ARLEQUIN' rompt enfin le silence et déclame :
■\'^ictime d'un époux co: /tre vous conjuré ,
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Victime d'un amour gourmand , désespéré , Que mon ventre a poussé jusqu'à la barbarie, Comment diable as-tu fait pour échapper, ma raie ' ?
PYRRHA met !c doigt sur su, bouche, et fait signe qu'elle est muette.
ARLEQUIN
Elle a perdu la parole ! Ah! je vois ce que c'est! Le saisissement lui aura gelé le bec. Gare le dégel ! Ce sera une belle débâcle. Écoute, ma femme, je vois trop ce que tu me veux dire. Je t'ai un peu laissée là dans le besoin; mais quand je t'aurai tout dit, tu entreras dans mes raisons et tu m'excuseras.
Quand j'eus dévidé tout le peloton de ficelle attachée au cerfl'olant sur lequel je t'avais posée, en m'abandonnant sur les eaux, et qu'alors je t'avais perdue de vue dans les airs, je pris le parti, ne pouvant mieux faire, de me nouer vite le reste autour du col et de continuer à nager de mon côté, pendant que, du tien, tu continuais à voler au gré du grand vent qu'il faisait. Tu me servais de voile, et la bise qui te soufflait en poupe me faisait fendre les flots avec une rapidité de tous les diables. Après avoir voyagé de cette étrange façon tous les deux pendant la matinée, nous servant l'un et l'autre, toi, de force mouvante, et moi, de point d'appui, j'entendis sonner midi sous mon ventre à un clocher sur le coq duquel je me trouvais. J'étais à jeun et passablement fatigué; ne voilà-t-il pas que j'aperçois, peu loin de moi, un tonneau roulant sur les ondes; à la vue d'un objet si intéressant, je fais les cinq
1. Ces quatre vers sont la coatinuation de la parodie de la scène indiquée plus haut de lihadamisle et Zénobie-