Fameux dentistes
ÊPITRES 43<
Triste et charmant à la fois ;
Bois qui peint ces lieux terrible.-
Où, loin des profanes yeux
Nos druides et leurs dieux
Se rendaient inaccessibles
A nos crédules aïeux;
Mais dans ces cantons paisible^
Et rnoins superstitieux,
Bois où l'amour a des armes
A qui l'austère pudeur
Se soumettrait sans alarmes;
Bois où, même avec douceur,
Dans les plus cruels malheurs.
L'amant verserait des l;u"mes
Bois où tout, jusqu'à l'horreur,
Pour un cœur tendre a des cliarmes.
Là, dans le sein du repos,
L'âme s'égare et s'oublie;
Sa douce mélancolie
Transforme des lieux si beaux,
Et n'en fait qu'un seul enclos
D'Amailionte, de Paplios,
De Cythère et d'Idalie.
Jamais, en effet, l'Amour Ne trouverait un séjour Plus propre à son badinage :
Qu'il y serait amusé 1
Car, je le sais par usage, C'est u;i entant avisé; Dans un quinconce, il est sage :
Mais plus l'endroit est sauvage.
Plus il est apprivoisé.
Disparaissez, lieux superbes, Où rien ne croit au hasard.
Où l'arbre est l'enfant de l'art; Où le sable, au lieu des herbes, Nous attriste le regard ; Lieux où la folle industrie Arrondit tout au ciseau; Où rien aux yeux ne varie.
Où tout s'aligne au cordeau De la froide symétrie Et de l'ennuyeux niveau !
Ici l'auguste Nature,
Dans toute sa majesté,
Offre une vive pointure
De la noble liberté.
Sublime et toujours nouvelle,
Sous l'œil elle s'embellit :
Sa variété révèle
Une ressource éternelle
Que jamais rien ne tarit;
Qu'en ce point l'art est loin d'elle S
Son '"hef-d'œuvre se décrit :
Mais la beauté naturelle Reste au-dessus du récit.
Sous l'épais et haut feuillage
De ce bois qu'ont révéré
Le temps, la hache et l'orage,
De l'engageante Chéré,
Je me retrace l'image.
Ah! qu'au fond de ce bocage
Son aspect serait charmant!
Le beau lieu! l'heureux moment!
Que de fleurs sur son passage!
Que de soupirs éloquents !
Que les gages de ma flamme
Seraient tendres et fréquents!
Mais où s'égare mon âme?
0 bel objet désiré
Du plus amoureux des hommes 1
0 mon aimable Chéré!
Que n'êt/îs-vous où nous sommes l
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