BOSSUET ET LES PROTESTANTS
OÙ il faut voir de la conviction et aussi un peu de complaisance oratoire. En parlant ainsi, Bossuet n'est plus l'écho de saint Vincent de Paul, son maître, qui fut toujours ennemi de la contrainte exercée contre les protestants, mais il est d'accord avec l'esprit de son temps et avec les hommes les plus loyaux de son temps.
Cependant si Bossuet célèbre une mesure que nous trouvons aujourd'hui injuste, il reste, dans rapplication, fortement attaché à ses principes de justice et de douceur.
En somme, dans sa longue controverse avec les protestants, il a été vif et passionné, il n'af'^/isf.rtiais été étroit et violent. Sa hauteur de vues a été reconnin^'de tous. Et sa clairvoyance aussi. Il contribua à mettre de l'ordre et de la clarté dans toutes ces épineuses questions ; catholiques et protestants comprirent mieux après lui la nécessité de l'union, les obstacles à Tunité et le caractère propre de la Réforme. Le développement ultérieur de la Réforme a vérifié ses prévisions ; et, aujourd'hui, lorsque les chrétiens de toutes les confessions désirent, comme c'est leur premier devoir, travailler à l'unité, ils doivent revenir aux points de vue de Bossuet, et s'ils ajoutent quelque chose à sa doctrine, ils profitent de la clarté qu'elle a répandue sur le problème de l'Union des Églises.