‹ Œuvres choissiesChapitre 111 sur 232 · CHAPITRE IV B08SUET DIRECTEUR DE CONSCIEIVCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV B08SUET DIRECTEUR DE CONSCIEIVCE

Au milieu de cette controverse avec les protestants, si complexe et si ardue, Bossuet, maître de lui et de son temps, sait s'interrompre une heure pour répondre à la lettre d'une religieuse qui lui ouvre son âme et lui demande conseil.

Caractère de la direction de Bossuet. — Bossuet, par tempérament, n'aime pas la direction de conscience; et, quand il s'y applique il se souvient des leçons de Vincent de Paul. La direction n'est pas un but, mais un moyen ; elle a pour but d'apprendre à l'âme à se diriger seule et à se passer de directeur. Rien ne vaut dans la vie spirituelle quand on agit par contrainte et quand on substitue à sa propre conscience la conscience d'un autre. Aussi le directeur éclaire l'âme, donne des principes de conduite, apprend à consulter Dieu, fortifie la volonté et l'esprit de décision, il apprend à agir.

Si tant d'âmes ont besoin d'un directeur, c'est qu'elles vivent dans une agitation qui leur enlève la maîtrise d'elles-mêmes. Cette agitation vient de l'imagination qui invente mille illusions et mille chimères, de l'esprit de raffinement et de complication qui ne peut pas croire que le service de Dieu est une chose naturelle et simple, de l'orgueil caché qui pousse à se faire valoir même aux yeux de Dieu. Aussi Bossuet s'attache à combattre cet état d'inquiétude; il prêche la paix et la simplicité ; il recommande, comme saint Vincent, d'aller à Dieu bonnement, rondement, simplement, de faire le possible sans s'inquiéter de l'impossible, et de suivre les inspirations du cœur quand il est rempli de l'amour de Dieu.

Ceux qui regardent la direction comme une province de la littérature psychologique trouvent les lettres spirituelles de Bossuet sèches et superficielles. Ceux qui savent que la direction est un art pratique destiné à soutenir les âmes dans leur

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