CHANCELIER DE FRANCE
Poindefapientiaiii,acquire prudemiam;arripe illam, & exaltabit te: glorificaberis ab eâ, cùm eam fucris amplcxatus.
Fojfede\^U fagejfe , & a^uere"]^ la prudence: fi vont la cher' cheT^avec ardeur, elle votu élèverai & vaut remplira deghite, juand vofu l'aurex. embrafiit. Prov. IV. 7.
ESSEIGNEURS,
En louant l'homme incomparable dont cette illuftre Affemblcc célèbre
Fac-similé de la première page de l'édition originale de V Oraison funèbre de Messire Michel Le Tellier^
I 3. — Oraison funèbre de Michel Le Tellier chancelier de France (25 janvier 1686).
Le sujet — François-Michel Le Tellier (1603-1685) ost un de ces bourgeois tenaces et modestes, que Louis XIV tint à associer à son pouvoir absolu, de prélérence aux nobles plus brillants, mais moins avisés, et qui firent la véritable force de son gouvej-nement.
La vie de Le Tellier se confond avec les événements les plus importants de notre histoire au dix-septième siècle : au premier rang, ou dan la coulisse, il y a toujours joué un rôle considérable. Conseiller au Grand Conseil, maître des requêtes, intendant de justice en Piémout, secrétaire d'Etat à la Guerre (1643-1668), ministre d'Etat (1668-167/), il obtint enfin en 1677 la dignité de chancelier de France. Il fut donc acteur im-
Fortant dans les afiaires de la guerre de Trente Ans, de la guerre avec Espagne, du traité des Pyrénées» sie la guerre de dévolution, de la Fronde, etc. Après avoir transmis à ^on fils Louvoisle soin de l'armée, il s'occupa à la fin de sa vie à réformer la magistrature et l'administration de la justice. Un de ses derniers actes, celui qui lui donna le plus de joie, fut la signature de la Révocation de l'Edit de Nantes.
Bossuet trouvait dans la vie de Le Tellier un sujet abondant et complexe pour une oraison funèbre. A vrai dire, il s'agissait surtout d'administration et non de ces actions d'éclat qui soutiennent l'orateur. Bossuet fait l'éloge des qualités administratives de Le Tellier, de sa prudence, de sa modération, de son désintéressement, qui n'était peutêtre pas aussi complet que le prédicateur veut bien le dire, de sa piété, de son esprit apostolique qui est marqué surtout dans l'acte de Révocation ; sur ce point Bossuet se laisse emporter et il célèbre avec enthousiasme une mesure que les plus éclairés de ses contemporains se contentaient d'approuver.
Fidèle à sa méthode qui fait de l'oraison funèbre un sermon, Bossuet, à l'occasion, tire de son suiet les leçons chrétiennes qu'il comporte: ce n'est pas au peuple qu'il s'adresse, niais aux grands et en particulier aux magistrats à qui il rappelle les graves devoirs de leur charge.
Analyse. — Exorde. — Le Tellier a compris que la véritable sagesse n'est pas celle qui gouverne les hommes, mais celle qui s'attache aux biens éternels.Ce principe lui a permis de remplir dignement toutes ses fonctions.
Première partie. —' Le Tellier serviteur du bien public dans ses divers emplois. Ses débuts dans la magistrature, où il rencontre maints abus. Le Tellier ministre de la Guerre, ses réformes. — Dans toutes ses charges, il garde la simplicité et la tranquillité de l'âme. — Belle et active vieillesse du garde des sceaux.
Deuxième partie, — Le Tellier homme politique. Son rôle pendant la Fronde. Son habileté, son dévouement à la cause de la paix.
Troisième partie. — Le Tellier, chef de la justice. Réformes considérables introduites par lui. Son respect pour les prérogatives de l'épisco-
at. Son rôle dans la Révocation de l'Edit de Nantes.Son courage dans a mort.
L'heure de la mort est terrible ; le chrétien doit s'y préparer tous les jovrs.