Se confondent : Lex
tatem. Ajoutez ce qui suit: in via iua vivifica me ; donnezmoi la vie en m'attachant à vos voies, que je ne voie pas les vanités; que j'en retire tout, jusqu'à mes yeux. C'est par là qu'en m'attachant à vos voies, vous me donnerez la vie, et ma vie sera cachée en vous.
§ 5. — Bossue! poète.
Il est facile de se moquer des vers de Bossuet qui ne valent pas même ceux de Lefranc de Pompignan. « Le lyrisme en est pâle, et pénible, et puéril, et les strophes les moins mauvaises sont celles où l'auteur confesse lui-même son insuffisance ;
Ma voix dans un cantique ose se déployer [Mais quand] pour Ventonner ma langue se dénoue, Je sens sortir un chant que mon cœur désavoue Et ma tremblante voix ne fait que bégayer.
« Mais ce qu'on aperçoit d'autant plus, dans ce combat inégal d'un ouvrier malhabile contre une forme inaccoutumée, c'est la force de l'émotion qui veut jaillir, c'est la richesse de l'enthousiasme intime, c'est la réalité indéniable de cet abandon sans réserve au Dieu adoré, de ce sacrifice joyeux de la raison à l'amour, dont ses doctrines nous ont si souvent offert l'expression i. »
Bossuet aurait été tout étonné si on lui avait parié de publier ses vers ; il les écrivait pour prier. Puis, comme il ne faisait mystère de rien, il les communiquait à Mme Cornuau et à Mme de Luynes, sans leur imposer le secret. Ce ne sera donc pas le trahir tout à fait que de citer quelques strophes.
l'amour divin
Je m'abandonne à vous, seul Être nécessaire,
Je ne veux que vous plaire : Dans mon cœur désormais je ne nourrirai plus
Des désirs superflus.
Des célestes esprits, en vous seul recueillie.
Je commence la vie.
Je renonce à mes sens et toute hors de moi
Je ne vis que de foi.
Pleine de TÊtre pur, immortel, invisible,
Seul incompréhensible, Je m'écoule et me perds dans ce fonds inconnu
Où tout est contenu.