‹ Œuvres choissiesChapitre 178 sur 232 · BOSSUET A M. DE MALEZIEU · texte numérisé non relu

BOSSUET A M. DE MALEZIEU

C'est l'auteur lui-même qui m'a donné cette vue. Il se souviendra sans doute que, lorsqu'on supprima sa Critique du Vieux Teslamenîy il reconnut si bien le danger qu'il y avait à la laisser subsister, qu'il m'offrit, parlant à moimême, de réfuter son ouvrage. Je trouvai la chose digne d'un honnête homme ; j'acceptai l'offre avec joie, autant que la chose pouvait dépendre de moi ; et sans m'expliquer davantage, l'auteur sait bien qu'il ne tint pas à mes soins que la chose ne fût exécutée. Il faudrait rentrer à peu près dans les mêmes errements, la chose serait facile à l'auteur; et pour n'en pas faire à deux fois il faudrait en même temps qu'il remarquât volontairement tout ce qu'il pourrait y avoir de suspect dans ses critiques. Par ce moyen, il demeurerait pur dé fout soupçon et serait digne alors qu'on lui confiât la traduction de l'Ancien comme du Nouveau Testament.

Je puis vous dire avec assurance que ses critiques sont farcies d'erreurs palpables. La démonstration en est faite dans un ouvrage qui aurait paru il y a longtemps, si les erreurs du quiétisme n'avaient détourné ailleurs mon attention. Je suis assuré de convenir de tout en substance avec l'auteur. L'amour et l'intérêt de la vérité auxquels toute autre doit céder, ne permet pas qu'on le laisse s'autoriser par des ouvrages approuvés, et encore par des ouvrages de cette importance. Il faut noter en même temps les autres qu'il a composés, qui sont dignes de répréhension : autrement le silence passerait pour approbation. Un homme der'la main de qui l'on reçoit le Nouveau Testament doit être net de tout reproche....

Quoiqu'il en soit, on ne se peut taire en cette occasion, sans laisser dans l'oppressioi^^la saine doctrine. Vous savez bien que. Dieu merci, je n'ai par moi-même aucune envie d'écrire. Mes écrits n'ont d'autre but que la manifestation de la vérité; je crois la devoir au monde plus que jamais, à l'âefe où je suis et du caractère dont je me trouve revêtu. Du reste les voies les plus douces et les moins éclatantes seront toujours les miennes, pourvu qu'elles ne perdent rien de leur efficace ^. J'attends, Monsieur, vos sentiments

Page 1