Efficace : Liw
sur cette affaire la plus importante qui soit à présent dans rÉglise, et sur laquelle je ne puis aussi avoir de meilleurs conseils que les vôtres. Tenez du moins pour certain que je ne me trompe pas sur la doctrine des livres ni sur la nécessité et la facilité d'en découvrir les erreurs.
BOSSUET A UABBÉ BERTIN
A Meaux, ce 27 mai 1702.
Quand vous dites, Monsieur, que notre auteur n'a point de système dans ses ouvrages critiques, si vous entendez qu'il n'y établit directement aucun dogme particulier, cela est vrai; mais à cela it-faut ajouter que toutes ses remarques tendent à Findifférence des dogmes, et à affaiblir toutes les traditions et décisions dogmatiques; et c'est là son véritable système qui emporte, comme vous voyez, rentière subversion de la religion.
Vous dites que son dessein est de faire des remarques dont il laisse le jugement au lecteur. C'est cela même qui établit cette indifférence, que de proposer des remarques affaiblissantes, et laisser juger un chacun comme il l'entend.
Je passe outre, et je vous assure que son véritable système dans sa Critique du Vieux Testament, est de détruire l'authenticité des Écritures canoniques : dans celle du Nouveau, sur la fin, d'attaquer directement l'inspiration, et de retrancher ou rendre douteux plusieurs endroits de l'Écriture, contre le décret exprès du concile de Trente : dans celle des commentateurs, d'affaiblir toute la doctrine des Pères et par un dessein particulier celle de saint Augustin sur la grâce; sous prétexte de louer les Pères grecs, de donner gain de cause aux pélagiens, et d'adjuger la préséance aux sociniens parmi les commentateurs. C'est ce que je puis prouver avec tant d'évidence, que cet auteur n'osera lever les yeux. Cela soit dit entre nous, et pour l'usage de vous seul. Car au reste, je suis bien d'avis qu'on l'engage à son devoir plutôt par douceur et honnêteté que par menace, pourvu seulement que la vérité n'en souffre pas.
Les fautes de sa version sont une suite des faux prin-