PRONOM PERSONNEL
Ellipse du pronom personnel sujet. — Bossuet supprime parfois le pronom personnel sujet. « A quoi elle répondit qu'elle était fort bonne française et lui témoigna beaucoup de reconnaissance. » {hist France.) Cf. « Ainsi raisonnait notre lièvre. || Et cependant faisait le guet. »> (La Fontaine.)
Pléonasme du pronom personnel sujet. — Suivant l'usage du seizième siècle, B^ossaet emploie W pronom personnel sujet formant pléonasme. « Dieu étant souverainement juste, il gouverne et le monde. » (Justice.) Cf. « Un noble, s'il vit chez lui dans la province, il vit libre. » (La Bruyère.)
Pléonasme du pronom personnel complément. — L'usage est le même pour le pronom personnel complément « De cette vérité qui est si connue, le docte, saint Jean Chrysostome en a tiré cette conséquence. » {Honneur,) Cf. « Dans ces prés et ces jolis bocages, c'est une oie d'y voir danser. » (Sévigné.) Vaugelas condamne cet usage.
Emplois particuliers du pronom personnel. — Bossuet emploie fréquemment et pendant toute sa carrière, plus que les écrivains de son temps : 1» le pronom personnel (sujet ou complément) qui forme équivoque ; 2» le pronom personnel pour remplacer un mot qui est pris dans un sens indéterminé. Exemple du 1» : « Le bruit de cette nouvelle étant venu dans l'armée... e//e (l'armée) fit un roi de son côté. » (Politique.) Exemple du 2« : « Il ne peut leur donner du sang, si on ne le tire par quelque supplice. •(Saint Paul.) Bouhours condamne cet usage.
Place du pronom personnel complément dans la phrase. —
Voir chapitre de la Construction.
Emploi du pronom IL au neutre. — Conformément à l'usage du seizième siècle, qui se sert de // comme synonyme de cela, Bossuet emploie très souvent // au neutre. « Comme si jamais // (cela) n'avait été. » (ikfor^) Cf. « J'ai bien soupiré de ne pas aller à Vichy, mais il était impossible. » (Sévigné.)
Emploi du pronom LE, LA.LES. — l» Bossuet emploie le au neutre <îâns des cas où on mettra plus tard cela ou même toute une proposition. « Je commence par ses faveurs et je vous prie de le bien entendre. » (Ambition) ; 2» il fait accorder le dans des cas où il sera plus tard employé au neutre. « Ce m'est beaucoup d'honneur à la vérité d'être la mère du Messie, mais si je la suis que deviendra ma virginité ? » (Rosaire.) Vaugelas, Thomas Corneille, et l'Académie condamnent cet usage ; 3* malgré Vaugelas, Bossuet supprime le pronom le là où plus tard il sera considéré comme nécessaire. « Il ne doit pas le recevoir quand on lui offre. *( Honneur.)