NAL
Déprimer. — Abaisser, humilier {deprimere). * Tu sais déprimer son orgueil. » {Mort.) Cf. « Le gouvernement turc a déprimé les Grecs. » (Voltaire, Essai sur les mœurs.)
Déserter. — Rendre désert.
« C'est vouloir en quelque sorte déserter la cour que de combattre l'ambition. » Archaïsme. Cf. « Il fut d'opinion que Ton rasât entièrement la ville et que l'on désertât le pays. » (Amyot, Ly sandre, 29.)
Désiionorer. — Rabaisser. « Il déshonore son propre triomphe. »
{Ambition.) Cf. « Et ma gloire plutôt digne d'être admirée || Ne doit point par des pleurs ôtre déshonorée. )♦ (Racine, Mithridaie, V, 5.)
Destiné. — 1» Fixé par le destin ou par la Providence : « Prévenons l'heure destinée, » {Providence.) Cf.
« Ce jour fatal destiné pour le jugement du monde. «(Rourdaloue) ; 2" choisi, désigné : « L'ange qui fut destiné pour sa conduite. » {Nativité de Marie.) Cf. « Ce Jésus était destiné pour une plus haute mission. » (Rourdaloue.)
Destitué. — Privé, dépourvu {destiluere.) « Leurs plaisirs destitués de la vraie nature dr bien. »
{Pâques.) Cf. « Aussitôt qu'une église est destituée d'évêque, elle doit soupirer pour en avoir un. »
(Retz, Lcf^res épiscopales .)
Détail. — Exposé circonstancié d'une affaire, d'un événement. « Avant que j'eusse touché la
BOSSUEt
moitié de ce détail épouvantable. »
(Passion.) Cf. « Il lui fait un long détail d'un repas où il s'est trouvé. » (La Bruyère, Théophrasle, 3.)
Hétcrminé. — 1° Bien arrêté, ferm^,. « n faut que les bons désirs se tournent en résolution déterminée, >. [Parole de Dieu) ; 2° tranché.
« La question fut déterminée par des principes plus solides. » (Variations, VII); 3« calculé. « Encore qu'on y tombât par une malice déterminée, n {Variations, XIV); 40 appliqué. « Cent passages de l'Evangile où le fils de Dieu est déterminé à Jésus-Christ. » {Nouveau Testament de Richard Simon) ; 5» hardi. « En mémoire d'une action déterminée. » {Politique) ]&'' participe passé de dé/ermmer, poussé par des motifs auxquels on ne résiste pas. « Nous sentons que nous sommes nécessairement déterminés par notre nature même à désirer d'être heureux. » {Libre Arbitre, II) ; ?• décidé, résolu. « Que je sache jusqu'à quel point un de mes amis est déterminé à me plaire. »
{Libre Arbitre,\lL)
Déterminémeiit. — D*une façon qui caractérise expressément.
« 11 la lui applique de7ermmeme/î/. »
{Passion.) Cf. « Si vous me promettez, mais déterminément. » (Boisro- BBRT, Cassandre.)
Détester. — Réprouver, avec horreur {detestari). « L'action fut d'autant plus détestée par les gens de bien. » {Histoire.) Cf. « Tous accusent leurs chefs, tous délestent leur choix. » (Corneille, Horace, 111,3.)
Développer. — Exécuter dans toute son ampleur. « Il faut la durée du monde pour développer les ordres d'une sagesse si profonde. »
{Prov.)
Dextrement. — D'une manière adroite. « Ils étudient ses senti-
ments et le prennent si dextrement par son faible. » (Honneur.) Ce mot n'est pas dans le dictionnaire de l'Académie de 1694. Corneille ne l'a pas employé après 1642. « Sans rien mettre au hasard, je saurai dextrement.., » (Médée, IV, 3.)
Digérer. — « Mettre par ordre et en bon état. » (Furetière.) (Etym. digerere.) « Tout digérer par ordre. » (Félicité des Saints.) « Tout était digéré par l'ordre des temps. » {Histoire Universelle, II, 11.) Cf. « Plus ils cherchent kle digérer [le discours] et à l'éclaircir, plus ils m'embrouillent. » (La Bruyère, 15.)
Dileetion. — Amour, charité; dans le langage théologique. « Ces enfants de sa dileetion éternelle. »
(Aifadame.) Cf. « Il n'y a rien de plus noble dans l'Evangile que cette loi de dileetion : aimez vos ennemis. » (Fléchier, Sermons, 1, 232.)
Discernemeiit. — Action de séparer, de distinguer. Bossuet l'a employé au sens passif, le fait d'être distingué. « C'est à ce discernement que doit aspirer une ambition chrétienne. » (Ambition.) Cf.
« La vérité préside à vos discernements. » (Corneille, Imitation, III, 58.)
Discerner (se). — Discerner signifie distinguer, séparer. Bossuei a dit se discerner dans le sens de se distinguer des autres. « Je pourrais combattre cette pensée de se discerner, » (Ambition.) Je ne connais pas d'autre exemple de cet emploi.
Discipline. — • Direction (disciplina.) ^ Sous la discipline de Paul. • (Saint Paul.) Cf. « Sous la discipline du prince d'Orange... Turenne apprit l'art de la guerre. » (Fléchier, Turenne.).
Discours. — 1» Façon de parler ou d'écrire, style. « Son d/5-
LEXIQUE
cours parait inégal. » (Sainl PauL) Cf. « Elle a l'entretien maigre et le discours concis. » (Regnard, le Bal, 8); 2'* propos, dans ce sens, très employé par Molière; 3» harangue d'une certaine longueur.
IMsgnrâces. — Infortune, malheur (au singulier et au pluriel).
jt Dans toutes les autres dis^grâce^, chacun prend plaisir de conter ses maux. » {Saint François d'Assise.) Cf. « Sa mort n'est point pour moi le comble des disgrâces. » (Racine, BajazeU 11,3.)
Dispensaiion. — Disposition, plan. « C'est une secrète dispensalion de la Providence. » {Passion), Cf. « Je sais qu'une sage \dispensation a obligé l'Eglise de se relâcher des épreuves publiques de la pénitence. » Massillon, Carême, Élus.)
Dispenser. — !• Départir, distribuer. « Cette sagesse qui dispense des biens mêlés. » (Providence.) Cf. « Il leur dispense avec mesure || Et la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits* » (Racine, Alhalie, I, 4.) C'est le sens primitif de dispenser^ puis on passe à celui d'accorder une permission, qui est une sorte de distribution ; 2* gérer, dépenser (dispensare, administrer, dispensator, caissier).
Le seizième siècle confond dépenser et dispenser, w 11 faudra rendre compte non seulement des talents dispensés, mais encore des talents enfouis. » Cf. « Quant à son temps bien sut le dispenser. « (La Fontaine, Épllre) ; 3" disposer. M Tout y est dispensé par ordre. » {Vaines excuses des pécheurs.)
Disposé. — Etre disposé, avoir telles dispositions. Bossuet écrit « tellemeftt disposé que... » c'està-dire ayant de telles dispositions que... {Variations.)
DiAirâtetion. — Réparation (sens
étymol. distrahere). « Une dis trac lion violente de ses parties. » {Ambition.) Cf. " On ouit soudain le bruit et la dislracUon de ceux qui étaient à la queue de leur armée. »
(Amyot, Marias, 37.) Archaïque, employé cependant par Voltaire.
Diviser. —Séparer. « L'inquiétude n'a-t-elle pas toujours divisé deux contentements. » Brièveté de la vie. Cf. « Il fuit pour mieux combattre et cette prompte ruse || tt Divise adroitement trois frères qu'elle abuse. » (Corneille, iïorace, IV, 2.)
f* Division. — Jointure, endroit où des parties différentes se rencontrent. « Dieu qui va aux divisions les plus délicates. « {Passion.) Littré ne donne pa> < . -rus qui s"est conservé dans la luiii;..o populaire issue du roman,
Docile. — Disposé à se laisser instruire, facile à instruire {docilis), « Quel esprit avez-vous trouvé plus docile ? « {Madame.)
Document. — Enseignement.
« L'autorité paternelle et de bons documents peuvent beaucoup. >»
{Exhortation à Monseigneur le Dau" phin). Archaïsme. Cf. « Allons, monsieur le comte, faites voir que ,-.vous profitez des bons documents qu'on vous donne. » (Molière, Escarbagnas^ 7.)
Domestique. — !• Les personnes qui vivent dans la maison, enfants, serviteurs {domeslici.) « Vous mes enfants et mes domestiques. » {Eglise) ; 2» personne remplissant une fonction chez un roi, chez un grand seigneur. « Toute sa maison profitait de son exemple. Plusieurs de ses domestiques avaient été malheureusement nourris dans l'erreur. {Condé.) Cf. « La Rochepot, mon cousin germain et mon ami intime, était domestique de feu M. le duc d'Orléans. »
(Rbt2, xMémoireê.)
Oomlner. — Commander, avoir le commandement. « Pendant que le prince se soutenait si hautement avec l'archiduc qui dominait, n (Condé.)
Édairclr. — !• Instruire de quelque chose qu'on ne savait pas (Richelet). « Vous faire éclaircir de la vérité. » {Réfutation Catéchisme Ferri.] Cf. «Je tremble. Hâtez-vous d*éclaircir votre mère. » (Racine, Athalie, II, 2) ; 2» rendre clair. « Ce que saint Augustin éclaircit par la comparaison de la vie. » (Parole de Dieu.)
Éclairer. — Lancer des éclairs.
n II lui appartient beaucoup plus d'éclairer et de tourner dans les consciences. » [Parole de Dieu.) Cf, « Il tournait, il éclairait, en haranguant. » (Amyot, Périclès.) Archaïsme.
Éclater. — Rriller, frapper par l'intensité de la lumière. « La prédication ne doit rien avoir qui éclate. « (Paul.) Cf. « Le feu divin qui éclatait dans ses yeux. » (Fé- NELON, Télémaque, XI.)
Économie. — Art de gouverner une société, une maison. Econome, qui sait gouverner une société, une maison. « Celui qui était le meilleur économe. « (Histoire Universelle.)
Écrier (»'). — Pousser un cri d'admiration. « C'estlà qu'on s écrie plus que jamais. » (Mlle de la Valîière.) Cf. « Il a fait des traits d'éloquence si à propos que tout le monde s'en est écrié. » (Sévigné, 136.)
Efficace. —Efficacité. « Encore que la parole du Sauveur des âme.s ait une efficace divine. » (Pau/.) Cf.
« 11 est toujours tout juste el tout
bon, mais sa grâce || Ne descend pas toujours avec même efficace. »
(Corneille, Polyeucte, I, 1.) Bossuet a dit : « Trois choses contribuent ordinairement à rendre un orateur agréable et efficace. *(Paul.) Emploi peut-être unique dans notre langue de l'adjectif efficace dans le sens dp persuasif.
Effa^ier. — Exécuter en effigie.
« Le vidameetMontgomery furent effigies en même temps. » (Histoire de France.) Cf. « Girardin et Ferrant furent obligés de s'absenter et à la fin furent condamnés, effigiés, et perdirent leurs emplois. »
(Saint-Simon.)
Égalemenl. — D*uQe manière constante et exacte. « Pour mesurer plus également sa vie. »
(Mort.)
Égaler. — Rendre plusieurs choses égales; aujourd'hui ë^raiiser.
« Qui devait égaler tous les honneurs. » (Reine d'Angleterre.) « La mort qui égale tout. » (Madame.) Cf. « La mort nous égale tous. » (Se. vigne.)
Egaux. — Contemporains (œçua- /e.s). « Les avis de leurs compagnons et de leurs égaux. » {Saint Bernard.) Mot particulier à Bossuet.
Égayer. — Ajouter des ornements agréables. « Les prédicateurs doivent rechercher non des brillants qui égaient. » (Parole de Dieu.) « Un objet capable d'égayer vos ennuis. » (Massillon.)
Éminent. — Distingué, élevé au-dessus des autres. «< La mort nous vient arracher de ces places éminenles. » (Ambition.) Cf. « Le sort pourvoit Narsès de ce grade éminent. » (Rotrou, Bélisaire, il, 9.)
ÉiuouTOir. — Soulever, mettre en mouvement. « Émouvoir une
LEXIQUE
question. » (Lettres à Leihnilz.) •< Les esprits une fois émus... •> (Reine d'Anylelerre.) « Elle, toujours intrépide, autant que les vagues étaient émues. » (Madame.) « La première idée qui lui vint fut que le duc de Guise avait ému le peuple. )» (Histoire de France.) Cf.
« Six chevaux attelés à ce fardeau pesant || Ont peine à Vémouvoir sur le pavé glissant. » (Boileau, Satire 6.)
Enchanté, cnehanteur, enchantement. — Tous ces mots ont gardé quelque chose du sens étymologique, charmer^ ensorceler par des mots magiques. « Bouche l'ouïe à cet enchanteur céleste. »
(Parole de Dieu.) « S'il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés. » (Madame.) Cf. « J'ai cru trouver quelque sincérité II Dans les traîtres appas dont je fus enchanté. » Molière, Misanthrope^ IV, 3.)
Engagement. — Lien étroit.
« La grandeur de la maison d*où elle est sortie n'était pour elle qu'un engagement plus étroit dans le schisme » (Madame.) Voir engager.
Engager. — Lier, attacher, obliger. « C'est au contraire ce qui les engage. » (Ambition.) « Je vais en recevant sa foi sur les autels Il L'engager à mon fils par des nœuds immortels. » (Racine, Andromaque^ IV, 1.)
Ennui. — Violente douleur et grand désespoir (in odio). « L'ennui jette l'âme dans un certain chagrin » (Passion.) Cf. « Si d'une mère en pleurs vous plaignez les ennuis. «(Racine, Iphigénie^ IV, 4.)
Ennuyé. — Rebuté, considérant comme odieux. « Qui sait si... ennuyée de ses changements. » (Reine d'Angleterre.) Voir ennui.
Entendre. — Comprendre. « Si
j'ai été assez heureux pour vous faire entendre ce que je viens de vous dire. » (Saint Bernard.) Cf.
« Les sots lisent un livre et ne l'en' tendent point. » (La Bruyère, L)
Entreprendre. —S'attaquera la vie de quelqu'un. « La honte d'avoir entrepris sur la vie d'une princesse. » {Reine d'Angleterre.) Cf. « Dès qu'il entreprend sur la vie des autres, la sienne n'a plus qu'un quart d'heure d'assuré. >»
(FÊNELoii, Dialogue des morts .) Sens restreint dérivé du sens plus général et plus usité de faire des attaques^ des empiétements»
Entretenir (»'). — Se tenir lié par un rapport mutuel. « Toutes les parties s'entretiennent, n (Fé~ licite des Saints.) Cf. « Donc toutes les choses s'entretiennent par un lien naturel et invisible. » (Pascal.)
Entretien. — Sujet dont on s'occupe. « Ainsi puisse-t-il toujours vous être un cher entretien. » (Condé.) Cf. « Qu'ils soient dorénavant ton plus cher entretien. » (Corneille, Horace, IV, 5.)
Envier. — Refuser d'accorder 0 Cette même bonté qui a donné l'être aux plus nobles ne l'a pas voulu envier aux moindres. » (Providence. » Cf. « Si ta haine m envie un supplice si doux. >» (Racine, Phèdre, II, 5.)
Épanché. — - Versé. Peu usité dans ce sens, sauf dans le « style noble ». « La force persuasive du sang épanché. » (Saint Paul.) Cf.
« Rentrons et qu'un sang pur par mes mains épanché \\ Lave jusques au marbre où ses pas ont touché. »
(Racine, Athalie, II, 8.)
Équipage. — Tout ce qui constitue le train d'un particulier, son habit, ses bagages, ce qui l'accompagne.» Quand je vois le malheureux équipage avec lequel il
entre dans Jérusalem. » {Honneur.) « Un coq y paraissait en pompeux équipage. » (Boileau, Satire 3.)
Esprit. — Principes d'après lesquels on se dirige. « Il était de son esprit de prendre la fu»ite. » Ambition. Cf. «... Et dans tout ce qu'il dit II Devons et de Joad je reconnais Vesprit. >> (Racine, Athalie, II, 7.)
Estime — Opinion. « Dans l'estime des hommes. » ( Saint François d'Ass^'se.) Cf. « C'est de mon jugement avoir mauvaise estime. »
(Molière, Ecole des Femmes, V, 7.)
Estimer. — Compter. « Et s'il y a de l'inquiétude, les donneraije au temps que y estime ou à celui que je ne compte pas ? (Brièveté de la vie.)
Établir. — !• Mettre dans un état honorable et solide. « Le vice qu'il veut établir dans le monde. »
(Honneur.) Cf. « Quelle est la roture un peu heureuse et établie à qui il manque des armes. » (La Bruyère, 14) ; 2« rendre stable. « La mort, qui semblait tout détruire, a tout établi.:» (Madame.) Cf. « Achevons son bonheur pourcfa6//r le mien.»
(Racine, Alexandre, III, 7.)
Établissement. — Condition avantageuse et stable. « C'est là que je veux chercher mon établissement. >> (Impénitence finale.) Cf.
« Chacun se souvient de tout ce que son établissement lui a coûté. »
(La Bruyère.)
État.— !• Condition." Il est juste que faisant par votre état une partie si considérable des grandeurs. »
(Mlle de la Vallière.) Cf. « Il n'y a rien de plus condamnable que cet ambition d'augmenter son état en se mariant. >> (Furetière, Roman Bourgeois.) 2» Faire état de, faire cas, estimer. « Il fait peu d'état de
telles faveurs. » (Providence) Cf « Je maudis mille fois Célat qu'on fait de moi. » (Corneille, Horace, II, 5.)
Étonner. — Frapper profondé- J ment, sens étymologique foudroyer. 1 « Je vous vois étonné et éperdu en présence de votre juge. (Impénitence finale.) « O nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle. » (Madame.) Cf. « N'excusez point par là ceux que son brasé^onne. » (Corneille, Cïd.,IV,
Étudié. — Recherché avec soin et où la recherche paraît. « Les désirs les plus inutiles d'une curiosité étudiée. » (Pauvres.) Cf. « L'arrangement étudié des expressions. »
(Massillon, Car. Conf.)
Événement. — Issue d'une
chose. «( L'événement en est casuel. » (Impénitence finale.) Cf. « Ah! de tant de conseils événement sinistre. » (Racine, Bajazet, IV, 7.)
Exaltation. — Elévation, au sens propre. « Mon Sauveur ne connaît sur la terre aucune sorte d'exaltation. (Ambition) « Mot particulier à Bossuet qu'il emploie pour traduire le texte de l'Evangile ; ^ Et ego si exaltatus fuero a terra. »
Excité. — Eveillé, sens étymologique (excitatus.) « Je ne sais si ce que j'appelle veiller n'est pas une partie un peu plus excitée d'un sommeil profond. » (Mort.) Je ne connais pas d'autre emploi de ce mot avec cette nuance.
Exposer. — 1* Abandonner. (Les enfants abandonnés, expositi.) « Les uns diront que la nature Vexpose comme une marâtre, n (Mort.) Cf.
tt On ne trouve aucune loi romaine qui permette d'exposer les enfants. >»
(Montesquieu, Esprit des Lois, XXllI, 22) ; 2» mis en évidence.
LEXiQur:
• Un prince si exposé à tout l'univers. » {Condé.)
Factieux. — Qui excite du trouble dans la société, dans l'Etat.
« On ne trouve ni ses Parlements si fiers et si factieux. » [Reine d'Angleterre. » Cf. M Mes ennemis gens factieux et adroits à empoisonner les choses. " (Bayle.)
Fantaisie. — Imagination. « Si je suis troublé par des fantaisies. »
[Mort.) Cf. « Sévère incessamment brouille ma fantaisie. » (Corneille, Pùlyeucte, III, 1.)
Fantôme. — Mannequin qui représente une personne. « On décapita son fantôme. » {Histoire de France.)
Fatal. — Marqué pat le destin ou par la Providence, au sens latin ifalalis). « Les fatales révolutions des monarchies. » {Reine d'Angleterre.) Cf. « Assez d'autres sans moi... || Trouveront d'Uion la fatale journée. «(Racine, Iphigénie, IV, 6.)
Fierté. — Humeur sauvage et indépendante, sens étymologique {ferilas). « Ceux qui sont instruits des affaires... accusent la fierté indomptable de la nation. » {Reine d'Angleterre). » Cf. « Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté. »
(Racine, Athalie^ II, 5.)
Figiiref — Représenter. « Le jugement des hommes veut me figurer à sa fantaisie. » {Vie cachée en Dieu.) Cf. « Ce Dieu maître absolu de la terre et des cieux || N'est poinL tel que l'erreur le figure à vos yeux. » (RaciNé, Ëslher, III.)
Flatter. — Charmer, délecter en parlant des sens « Les oreilles sont
flattées par la cadence. « {Parole de Dieu.) Cf. « Tout y flattait son goût. » (Hamel, Gram., 6.)
Flatter {me). — Compter sur.
« En nous ôtant les moyens dont nos désirs se flattaient. » {Madame.)
Flatteur. — Agréable, séduisant. « Cette attache aux plaisirs semble n'être que flatteuse. » {Impénitence finale.) Cf. « Par tes conseils/?affeurs tu m'as su ranimer.»
(Racine, Phèdre, III, 1.)
Fléchir. — Plier à son gré, sens étymologique (fiectere.) « Il a même fléchi par adresse les créatures inanimées. » {Mort.) Cf. « Votre sagesse et votre autorité || Sut d'Alzire, en effet, fléchir la volonté. » (Voltaire, Alzire, I, 2.)
Flétrissure. — Atteinte honteuse, plaie. « Flétrissures sacrées que je vous baise. » (Passion.) Cf.
« Une longue préface où je marque en détail toutes les flétrissures et les plaies honteuses que le sieur Jurieu a reçues dans ce différend. »
(Bayle.) Employé surtout au figuré. Bossuet en fait un synonyme de plaie.
Fomentation. — Terme de médecine, application d'un remède chaud sur une partie blessée. Bossuet l'emploie au figuré : « Que de douces fomentations ! » {Impénitence finale.)
Forcer. — Venir à bout de, vaincre. «< Que la fortune ne tente donc pas de forcer la bassesse de notre nature. » {Madame.) « Les génies extraordinaires se démêlent toujours de la troupe et forcent les destinées.» {Ambilion.)C{.u Forcez l'aveuglement dont vous êtes séduite. » (Corneille, Médée^ I, 5.)
Fortune. — !• Sort, situation.
« Ses compagnons de fortune. <
{Dignité des Pauvres.) Cf. « Heureux qui satisfait de son humble fortune. » (Racine, Iphigénie, I, 1) ; 2» mauvaise fortune, revers. «Tout ce que son courage opposait à la fortune de l'Etat. » {Reine d'Angleterre.) Cf. « Lors de mon coin vous me verrez sortir |1 Incontinent, de crainte de fortune. » (La Fontaine, Contes, I, 5) ; 3* chance, risque, u Nous courons fortune de tout perdre.» {Histoire Universelle.) Cf. « Il court fortune de ne pas plaire à tout le monde. » (La Rochefoucauld, Maximes, préf.)
Froid. — Vain, chimérique (cf.
frigida negotia, occupations frivoles). « Soigneuse de se former sur le vrai, elle méprisaitces froides et dangereuses fictions. » {Madame).
Cf. « Sans ses mille talents, Pompée et ses discours |J Pour rentrer en Egypte étaient un froid secours. » (Corneille, Pompée, I, 1.)
Froisser. — Briser, mettre en pièces, tt II a été froissé par nos crimes. » {Passion.) Cf. « Ce manœuvre est tombé du haut de ce bâtiment, il s'est tout froissé le corps. » (Furetière.)
Fruit. — Progrès, avancement, surtout au sens religieux. « Mais pourquoi m'arrêter... à vous raconter le fruit qu'il a fait dans la ville de Thessalonique? » {Saint Paul.) Cf. « Cet évêque a fait beaucoup de fruit dans son diocèse. » (Académie.)
Fumeux. — Qui envoie des vapeurs à la tête. « Ce sang chaud et bouillant semblable à un vin fumeux. » {Saint Bernard.) Cf. « Que de descriptions montent à mon cerveau || Ainsi que les vapeurs d'un fumeux vin nouveau. » (Desmarets, Visionnaires, I, 3.)
Fureur. — Folie, délire {furor, folie). « Mettront- ils leur repos dans une fureur. » {Clèves.)
Furieux. — Fou. « Détrompons les hommes de celte attache /"urieuse.y {Ambition.) Cf. <^ Hâtez-vous de le faire enfermer, il devient furieux. >♦ (Regnard, Retour imprévu, 18.)
Oénie. — !• Talent particulier et sentiments naturels de chacun {ingenium). « Le génie de la princesse se trouva également propre aux divertissements et aux affaires. » {Clèves.)Ci. « Enfin, Burrhus, Néron découvre son génie. » (Racine, Britannicus, III, 2) ; 2® caractère distinctif des choses. « C'est le génie de la volupté. » {Impénilence finale.) Cf. « Le Nouveau Testament change le génie de la peinture. • (Chateaubriand, Génie du christianisme, III, 4.)
Gloire. — Orgueil, vanité, désir immodéré d'une chose. « Quand les princes... n'ont de gloire que pour le luxe {Reine d'Angleterre). >»
Cf. « Un homme un peu content et qui s'en fait accroire, || Se voyant méprisé, rabat bien de sa gloire. • (Corneille, Suite du Menteur, IV, 1.)
Goût. — Inclination pour certaines choses et plaisir qu'on y trouve. « Il répétait en latin, avec un goût merveilleux. » {Condé.) Cf. « Elle a lu tout ce qu elle a pu attraper de romans avec tout le goût que donne la difficulté et 1« plaisir de tromper. « (Sévigné.)
Habitude. — Accès auprès de quelqu'un, relations habituelles, w Vous savez que le commerce donne toujours beaucoup d'habitudes » {Saint François d'Assise.)
LEXIQUE
Cf. « J'avais peu d'habitude alors avec Mme de Longueville. » (La
BOCHEFOUCAULD.)
Hasardeux. — Plein de périls.
« Que le sort de tels esprits est nasardeux. » (Reine d'Angleterre.) « Il sut bien se tirer d'un pas si nasardeux. » (Corneille, Horace, IV, 2.)
Hautain. — Élevé, fier (pris dans un bon sens). « Il permet à l'esprit de séduction de tromper les âmes hautaines. » ( Reine d'Angleterre.) Cf. « Nous verrons la vertu de cette âme hautaine. i> (Cor- - NEiLLE, Héraclius, III, 2.)
Héritage. — Domaine, fonds de terre. « Devant la troisième génération, le mauvais ménage «t les dettes auront consumé tous ses héritages. » (Ambition.) Cf. « Un manant |1 Un jour d'hiver se promenant Il Alentour de son héritage. » (La Fontaine, Fables, VI, 13.)
Honnête. — Humain. « Dans quel autre avez-vous trouvé le commandement plus honnête ? >» (Condé.)
Honte. -- Pudeur. « On lui voit peinte sur le visage || La honte et la retenue d une fille honnête. »
(Saint Bernard.) Cf. « Les fille?
ont toujours honte à témoigner ce qu'elles ont dans l'âme. » (Molière, Avare, III, 5.)
Idée. — Représentation, image.
« Le docte et éloquent saint Jean Chrysostome nous propose une belle idée, » Cf. « Mais de ce souvenir mon âme possédée || A deux fois en dormant revu la même idée. ). (Racine, Athalie, II, 5.)
Illustre. — Bien en vue, mani-
feste, bien connu ; sens étymologique (illuslris). a L'illustre défaut de Charles ^^ « (Reine d'Angleterre.) Cf. « De pareilles erreurs Il Ne produisent jamais que d'illustres malheurs. » (La Fontaine Fables, X, 10.)
Impétrer. — Obtenir (dans le style religieux.) « Elle nous impétrera la chasteté. » (Conception.) Cf. « Nous pouvons toucher le cœur de Dieu et impétrer une grâce. »# (Bourdaloue.)
Imposer.— !<> Surprendre, tromper. « Ce triste spectacle des vanités humaines nous imposait.» (Madame.) Cf. « Le fourbe qui longtemps a pu vous imposer. » (Molière, Tartuffe, V, 5); 2« Imputer à tort (imponere). u Les hommes lui imposent des crimes qu'il n'a pas commis » (Passion). Cf. « C'est avec connaissance et avec dessein que vous imposez ^ vos ennemis des crimes dont vous savez qu'ils sont innocents. » (Pascal Provinciales, 15).
Imprécation. — Terme de rhétorique, figure oratoire par laquelle on souhaite des malheurs. « On trouverait dans saint Chrysostome l'imprécation. »
Impressîon.--Empreinte,trace.
« La sanglinte impression de la croix. » (Saint Paul.) « Elle demande le crucifix... comme pour y recueillir les impressions de constance. » (Madame.) Cf. « Dans la grandeur de vos ouvrages ||, Je vois l'impression de toutes vos bontés. » (Corneille, Vêpres du Dimanche.)
Incompatible. — Qui ne peut supporter une chose.» Cet homme, le plus incompatible avec l'injustice. » (Hist. Univ.)
Inconsidéré. — Qui porte la marque de l'imprudence. « Qu'ils
BOSBUET
arrêtent ces désirs inconsidérés. >»
{Dignité des Pauvres.) Cf. w Elle rougissait d'apprendre... la démarche inconsidérée. » (Staël, Corinne, XVII, 6.)
Indiscret. — Sans discernement (cf. l'âge de discrétion = l'âge de raison.) « Cet âge ordinairement indiscret n'est pas capable de bons conseils. {Saint Bernard.) Cf. « Ils font crier en public des zélés indiscrets qui me disent des injures pieusement et me damnent par charité. » (Molière, Tartuffe, préf.)
Industrie. — Fertilité et adresse d'esprit ; sens étymologique {industria). « Calvin admire {industrie qu'il a fait paraître. « ( Variations.) « L'empereur comptait sur lindustrie aes chefs et des soldats. »