‹ Œuvres choissiesChapitre 30 sur 232 · DU CARÊME DU LOUVRE AUX PREMIÈRES ORAISONS FUNÈBRES · texte numérisé non relu

DU CARÊME DU LOUVRE AUX PREMIÈRES ORAISONS FUNÈBRES

Dans les années qui suivirent le carême du Louvre, dont le succès avait été incontesté, Bossqet se fit entendre dans diverses églises et gagna chaque jour en autorité. Un grand nombre des sermons de cette époque sont perdus ; d'ailleurs Bossuet reprenait pour les adapter à des auditoires nouveaux des sermons d'autrefois et il est difficile de démêler les deux rédactions. Enfin, quoi qu'en pense l'abbé Lebarq, il ne semble pas que Bossuet ait jamais dépassé en éloquence simple, forte et entraînante le carême du Louvre. Ces diverses raisons nous dispenseront de citer un grand nombre de sermons de cette période.

En 1662, Bossuet prononce Toraison funèbre du P.Bourgoing et en 1663, l'oraison funèbre de Nicolas Cornet. En 1665, il prêche l'Avent au Louvre (Sermon sur la Divinité de Jésus-Christ) ; en 1666, le carême à Saint-Germain devant la Cour qui s'y était retirée pour porter le deuil de la Reine Mère (Sermons sur la Purification de la Vierge ^ sur la Haine de la Vérité, sur la Justice), en 1668, l'Avent à Saint-Thomas du Louvre (Panégyrique de saint Thomas de Cantorhéry), Le 8 septembre 1669, Bossuet est nommé évéque de Condom. La même année, il prêche l'Avent à Saint-Germain, devant la Cour (Sermon pour la Conception de la Sainte-Vierge).

§ L — Carême de Saint- Germain (1666).

prêché à Sainî-GermalHy le 18 avril 1666, devant le Roi et la Reine.

Notice. — Parlant devant le Roi, Bossuet s'applique à lui indiquer ses devoirs particuliers. Il faut donc rapprocher ce sermon d'un autre

sermon sur les Devoirs des Rois^ prêché au Louvre le 2 avril 1662, et de la Polilique tirée de VEcrilure sainte, en particulier du livre VIII*. Bossuet reste fidèle ici à l'attitude qu'il s'est donnée pour toute sa vie : il marque au Roi ses devoirs avec une déférence respectueuse, et il plaide la cause des petits avec fermeté.

Analyse. — La justice est un devoir particulier des rois. Elle doit être accompagnée de constance, de prudence, de bonté. !• de constance. En effet la justice est a une volofité constante et perpétuelle de donner à chacun ce qui lui appartient »; elle '.yppose une certaine égalité parmi les hommes. Il faut donc respecter le droit d'autrui comme nous voulons qu'on respecte le nôtre, payer ses dettes, fuir le parjure, etc. Devoirs spéciaux des magistrats et du roi; 2* de lumière. Ceux qui ad; ministrent la justice ne doivent pas écouter la clameur publique qui égare ; il faut qu'ils fassent, sans prévention, une information exacte et qu'ils soient toujours prêts à entendre tout le monde. Les calomniateurs ou les médisants, qui égarent la justice du roi par des insinuations, sont des criminels; 3" ae bonté. La justice est inique quand elle est rigoureuse. Pour être vraiment juste, elle doit s'acconxpagner de clémence et de modération. Il y a des époques où les calamités publiques sont telles, que seule la bonté est juste.

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