‹ Œuvres choissiesChapitre 5 sur 232 · MÉDITATION SUR LA FÉLICITÉ DES SAINTS · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LA FÉLICITÉ DES SAINTS

... Que si nous venons à considérer la qualité de la Providence, nous le 3 jugerons encore plus infailliblement. La parfaite prudence ne se doit proposer qu'une même fin, d'autant que son objet est de mettre l'ordre partout; 2t l'ordre ne se trouve que dans la disposition des moyens et dans leur liaison avec la fia. Ainsi elle doit tout ramasser pour paraître universelle, tout digérer ^ par ordre pour paraître sage, tout lier pour paraître uniforme ; et c'est pourquoi il y doit avoir une dépendance de tous les moyens, afin que le corps du dessein soit plus ferme et que toutes les parties s'entretiennent^. L'imparfait se doit rapporter au parfait, la nature à la grâce, la grâce à la gloire. C'est pourquoi si les cieux se meuvent de ces mouvements éternels, si les choses inférieures se maintiennent par ces agitations si réglées, si la nature fait voir dans les différentes saisons ses propriétés diverses, ce n'est que pour les élus de Dieu que tous les ressorts se remuent. Les peuples ne durent que tant qu'il y a des élus à tirer de leur multitude : Consliluil lerminos populorum juxta numerum filiorum Israël ^. Les éléments et les causes créées ne persistent que parce que Dieu a enveloppé ses élus dans leur ordre, et qu'il les veut faire sortir de leurs actions. Aussi elles sont comme dans les douleurs de l'enfantement : Omnis crealura ingemisciî et parluri! usque adhuc"'. Elles attendent avec impatience que Dieu fasse la découverte de ses enfants : Eeuelâlionem filiorum Dei expcctat^. L'auteur de leur nature, qui Içur a

1. p. îl — 1, Lebarq, Œuvres oratoires de Bossael, t. I, p. 15. — 3. Cela, c'est-a-dire que Dieu ne travaille que pour ses élus. — *. Vigéner. Lex. —'5. S'entretUntient. Lex, —6. Deutéron., XXXII, 8.. - 7. Bom»^ Vîll, «2 - 8. /îom.; V!1I, 1$. ...

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