XI. 10. — 5. Prov., XVIII, 19. - 6. EccL, IV
Dieu, voulant établir la socicto, veut que chacun y trouve son bien, et y demeure attaché par cet intérêt.
C'est pourquoi il a donné aux hommes divers talents. L'un est propre à une chose, et l'autre à une autre, afin qu'ils puissent s'entre-secourir comme les membres du corps, et que l'union soit cimentée par ce besoin mutuel. « Comme nous avons plusieurs membres, qui tous ensemble ne font qu'un seul corps, et que les membres n'ont pas tous une même fonction ; ainsi nous ne sommes tous ensemble qu'un seul corps en Jésus-Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. Chacun de nous a son don et sa grâce différente ^. »
« Le corps n'est pas un seul membre, mais plusieurs membres. Si le pied dit : * Je ne suis pas du corps, parce que je ne suis pas la main », est-il pour cela retranché du corps? Si tout le corps était œil, où seraient l'ouïe et l'odorat ? Mais maintenant Dieu a formé les membres, et les a mis chacun où il lui a plu. Que si tous les membres n'étaient qu'un seul membre, que deviendrait le corps? Mais, dans l'ordre que Dieu a établi, s'il y a plusieurs membres, il n'y a qu'un corps. L'œil ne peut pas dire à la main ; « Je n'ai que faire de votre assistance »; ni la tête ne peut pas dire aux pieds : « Vous ne m'êtes pas nécessaires, » Mais, au contraire, les membres qui paraissent les plus faibles sont ceux dont on a le plus de besoin. Et Dieu a ainsi accordé le corps, en suppléant par un membre ce qui manque à l'autre, afin qu'il n'y ait point de dissension dans le corps, et que les membres aient soin les uns des autres ^, »
Ainsi, par les talents différents, le fort a besoin du faible, le grand du petit, chacun de ce qui paraît le plus éloigné de lui; parce que le besoin mutuel rapproche tout, et rend tout nécessaire.
Jésus-Christ, formant son Église, en établit l'unité sur ce fondement, et nous montre quels sont les principes de la société humaine.
Le monde même subsiste par cette loi. « Chaque partie
i.Bom., XU» 4-6. — % I Cor., XII, 14 et seq.
a son usage et sa fonction ; et le tout s'entretient par le secours que s'entre-donnent toutes les parties ^ »
Nous voyons donc la société humaine appuyée sur ces fondements inébranlables : un même Dieu, un même objet, une même fin, une origine commune, un même sang, un même intérêt, un besoin mutuel tant pour les affaires que pour la douceur de la vie 2.