‹ Œuvres choissiesChapitre 89 sur 232 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

DEUXIÈME POINT

.•.. 0 Église, les forces me manquent à raconter * vos louanges : Gloriosa dicta sunl de le, ci vit as Dei ^ 0 ! vraiment, Église de Dieu, sainte cité de TÉternel et la mère de ses enfants, vraiment on a dit de vous des choses bien glorieuses ; et je ne m'étonne pas de Tétat heureux et permanent qui vous est prédestiné dans le ciel, si déjà, par la vertu de Celui qui vous a promis d'être avec vous, vous avez tant de majesté et tant de solidité sur la terre. Mais, mes Frères, remarquez-vous que cette promesse d'immortalité qui soutient FÉglise, s'adresse aux apôtres et aux successeurs des apôtres ? Allez, enseignez, baptisez ; et moi, je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles 3, avec vous à qui la chaire a été donnée, avec vous à qui sont commis les saints sacrements, avec vous qui devez éclairer les autres. C'est par les apôtres et leurs successeurs que l'Église doit être immortelle. Si donc les successeurs des apôtres ne sont fidèles à leur ministère, combien d'âmes périront ! 0 merveilleuse importance de ces charges redoutables ! ô péril de ceux qui les exercent, ô péril de ceux qui les demandent, et péril encore plus grand de ceux qui les donnent * ! Mais comme ceux qui les exercent, chargés d'instruire les autres, n'ont besoin que de leurs propres lumières ; et que ce grand prince qui les donne entre dans les besoins de l'Église avec une circonspection si religieuse que nous sommes assurés d'un bon choix pourvu que chacun s'applique à lui former en lui-même ou dans sa famille de dignes sujets, c'est à vous que j'ai à parler, à vous. Messieurs, à vous qui deman-

1. A raconter. Grammaire : Préposition. — 2. Psalm., LXXXVI, 3. — 3. Matth., XXVIII, 19, 20. -—4. Le Concordat signé par Léon X et François I" (151b), avait accordé aux rois de France le droit de nommer les evêques, jusque-là élus par les chapitres des cathédrales, et celui de donner les abnayesen commende. Ce droit mettait ainsi à la disposition des souverains les biens de l'Eglise, qui étaient considérables: ils s en servirent souvent pour récompenser le dévouement de leurs serviteurs, et parfois même pour payer des services peu avouables. Dans son /i/stoire de France, Bossuet dit de saint Louis : « Il donnait les bénéfices avec une grande circonspection à ceux qu'il trouvait les plus savants et les plus pieux, afin que les peuples fussent édifiée par leur vie et par leur doctrine. Combien aurait-il été plus soigneux dans la distribution de telles grâces s'il eût eu à donner les évéchés et les grandes dignités de l'Eglise 1 » (Urbain.)

dez tous les jours, ou pour vous, ou pour les autres, ces redoutables dignités.

Ha ! Messieurs, je vous en conjure par la foi que vous devez à Dieu, par l'attachement inviolable que vous devez à TÉglise, à qui vous voulez donner des pasteurs selon votre cœur plutôt que selon le cœur de Dieu, et, si tout cela ne vous touche pas, par le soin que vous devez à votre salut : ha ! ne jetez pas vos amis, vos proches, vos propres enfants, vous-mêmes, qui présumez tout de votre capacité sans qu'elle ait jamais été éprouvée ; ha ! pour Dieu, ne vous jetez pas volontairement dans un péril manifeste. Ne proposez plus à une jeunesse imprudente les dignités de l'Église comme un moyen de piquer son ambition, ou comme la juste couronne des études de cinq ou six ans, qui ne sont qu'un faible commencement de leurs exercices ^ ! Qu'ils apprennent plutôt à fuir, à trembler, et du moins à travailler pour Tiiglise, avant que de gouverner l'Église. Car voici la règle de saint Paul, règle infaillible, règle invariable, puisque c'est la règle du Saint-Esprit : Qu'ils soient éprouvés et puis qu'ils servent ; et encore : C'est en servant bien dans les places inférieures qu'on peut s'élever à un plus haut rang ^ ; et cette règle est fondée sur la conduite de Jésus-Christ. Trois ans entiers il tient ses apôtres sous sa discipline ; instruits par sa doctrine, par ses miracles, par l'exemple de sa vie et de sa mort, il ne les envoie pas encore exercer leur ministère : il revient des enfers et sort du tombeau pour leur donner durant quarante jours de nouvelles instructions, et encore aprèc *ant desoins, de peur de les exposer trop tôt, il les envoie se cacher dans Jérusalem : Renfermez-vous^ dit-il ; ne sortez pas jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la vertu d'en haut 3. Il les jette dans une retraite profonde, sans laquelle le Saint-Esprit, leur conducteur nécessaire, ne viendra pas.

Voilà comment sont formés ceux qui ont appris sous Jésus-Christ ; et nous, Messieurs, sans avoir rien fait, nous entreprenons de remplir leurs places! Si l'ordre

1. Cf. La Bruyère : « L'orateur cherche par ses discours un évéché. » De la chaire.) — 2. I Timolh., III, 10, 13. — 3. Luc, XXIV, 49.

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ecclésiastique est une milice, comme disent tous les saints Pères et tous les conciles après saint Paul ^ espère-t-on commander, mais ^ le peut-on sans hasarder tout, lorsqu'on n'a jamais obéi, jamais servi sous les autres ? Et quel ordre, quelle discipline y aura-t-il dans la guerre, si on peut seulement prétendre à s'élever autrement que par les degrés ? Ou bien est-ce que la milice ecclésiastique, où il faut combattre tous les vices, toutes les passions, toutes les faiblesses humaines, toutes les mauvaises coutumes, toutes les maximes du monde, tous les artifices des hérétiques, toutes les entreprises des impies, en un mot tous les démons eVtout l'enfer, ne demande pas autant de sagesse, autant d'art, autant d'expérience et enfin autant de courage, quoique d'une autre manière, que la milice du monde? Quel spectacle, lorsque ceux qui devaient combattre à la tête ne savent par où commencer, qu'un conducteur secret remue avec peine sa faible machine, et que celui qui devait payer de sa personne paye à peine de mine et de contenance ! 0 malheur, ô désolation, ô ravage inévitable de tout le troupeau ! Car ignorez-vous cette juste, mais redoutable sentence que Jésus-Christ prononce de sa propre bouche: Si un aveugle mène un autre aveugle, tous deux tomberont dans le précipice ^ ? Tous deux, tous deux tomberont ; et non seulement, dit saint Augustin ^, r aveugle qui mène, mais encore l'aveugle qui suit. Ils tomberont l'un sur l'autre ; mais certes l'aveugle qui mène tombe d'autant plus dangereusement qu'il entraîne les autres dans sa chute, et que Dieu redemandera de sa main le sang de son frère qu'il a perdu ^. Et pour voir un effet terrible de cette menace, considérez tant de royaumes arrachés du sein de TÉglise par Thérésie de ces derniers siècles. Recherchez les causes de tous ces malheurs ^, il s'élèvera autour de vous du creux des enfers comme un cri lamentable des peuples précipités dans l'abîme : C'est "^ nos indignes pasteurs qui nous ont jetés dans ce lieu de tourment ^ où nous sommes ; leur

1. I Timolh., I, 18. —2. Mais. Grammaire : Adverbe. — 3. Mallh., XV, 14. — 4. Serm., XLVI, 21. — 5. Expression biblique, Ezéchiel, III, 1802,. — 6. Cf. Histoire des Variations, I, 1-3. — 7. C'est nos pasteurs. Grammaire: Verbe. — 8. Expression biblique, (Luc., XVI, 28).

ignorance nous les a fait mépriser ; leur corruption nous les a fait haïr, injustement, il est vrai, car il fallait respecter Jésus-Christ en eux ; mais enfln ils ont donné lieu aux spécieuses déclamations qui nous ont séduits ; ces sentinelles endormies ont laissé entrer l'ennemi, et la foi ancienne s*est anéantie par la négligence de ceux qui en étaient les dépositaires.

0 sainte Église gallicane, pleine de science, pleine de vertus, pleine de force, jamais tu n'éprouveras un tel malheur : la postérité te verra telle que t'ont vue les siècles passés, l'ornement de la chrétienté et la lumière du monde, toujours une des plus vives ^ et des plus illustres parties de cette Église éternellement vivante, que Jésus-Christ ressuscité a répandue par toute la terre.

Mais nous, mes Frères, voulons-nous mourir? Et si nous ne commençons à vivre pour ne mourir plus, que nous sert d'être les'membres d'un chef ^ immortel et d'un corps, d'une Éghse qui ne doit jamais avoir de fin ? C'est par cette considération qu'il faut finir ce discours ^.

TROISIÈME POINT

... Faites-moi venir un philosophe, un Socrate, un Arislote, qui vous voudrez : il vous dira que la vertu ne consiste pas dans un sentiment passager, mais que c'est une habitude constante et un état permanent. Que nous ayons une moindre idée de la vertu chrétienne, et qu'à cause que Jésus-Chrit nous a ouvert dans les sacrements une source inépuisable pour laver nos crimes, plus aveugles que les philosophes, qui ont cherché la stabilité dans la vertu, nous croyions être chrétiens lorsque nous passons toute notre vie dans une inconstance perpétuelle, aujourd'hui dans les eaux de la pénitence et demain dans nos premières ordures, aujourd'hui à la sainte table avec Jésus-Christ et demain avec Bélial et dans toute la corruption passée : peut-on déshonorer davantage le chris-

1. Vives. Lex. — 2. Chef. Lex. — 3. Cette protestation de Bossuet contre les choix inconsidérés d'évêques de grande maison est modérée dans la forme, mais au tond courageuse, parce qu elle allait à rencontre d'une coutume que le roi et Taristocratie regardaient comme un privilège intangible.

danisme? et n'est-co pas faire de Jésus-Christ même, chose abominable ! un défenseur des mauvaises habitudes ? Ce n'est pas ainsi qu'il en a parlé, lui qui trouvant l'arbre cultivé et toujours infructueux ^ s'étonne de le voir encore sur la terre et prononce qu'il n'est plus bon que pour le feu^. Quel effet attendez-vous de vos confessions stériles ? Ne voyez- vous pas que vous vous trompez vousmêmes, et qu'ennemis non pas du péché, mais du reproche de vos consciences qui vous inquiète, c'est de cette inquiétude, et non du péché que vous voulez vous défaire; de sorte que le ^^uit de vos pénitences, c'est d'étouffer le remords et de vous faire trouver la tranquillité dans le crime ?

— Ha ! il est vrai, vous me convainquez : dans la faiblesse où je suis, jamais ne n'approcherai des saints sacrements. —J'avais prévu cette malheureuse conséquence. Nous voici donc dans ces temps dont parle saint Paul, où les hommes ne peuvent plus supporter la saine doctrine ^. Prêchez-leur la miséricorde toujours prête à les recevoir, au lieu d'être attendris par cette bonté, ils ne cesseront d'en abuser jusqu'à ce qu'ils la rebutent et la changent en fureur ; faites-leur voir le péril où les précipite le mépris des saints sacrements, il n'y a plus de sacrements pour eux. Combien en effet en connaissonsnous qui n'ont plus rien de chrétien que ce faux respect pour les sacrements, qui fait qu'ils les abandonnent, de peur, disent-ils, de les profaner ! Le beau reste de christianisme ! Comme si on pouvait faire, pour ainsi parler, un plus grand outrage aux" remèdes que d'en être environné sans daigner les prendre, douter de leur vertu et les laisser inutiles * !

0 Jésus-Christ ressuscité, parlez vous-même. Vous avez dit, de votre bouche sacrée, que les morts qui seraient gisants dans les tombeaux entendraient la voix du Fils de l'homme et sortiraient des ombres de la mort 5. 0 vous, plus morts que les morts, morts de quatre jours ^, dont les entrailles déjà corrompues par des habitudes invété-

1. Infraalaeux. Lex. — 2. Parabole du figuier stérile (Luc, III, 6-9). — 3. II Timolh., IV, 3.-4. Attaque contre les jansénistes. —5. Joan.y V, 28. 5 Comme Lazare {Joan., XI, 39).

rées font horreur aux sens ; squelette décharnée *, os desséchéSf où il n 'y a plus de suc ni aucun reste de l'ancienne forme ; quoiqu'une pierre pesante vous couvre, et que rien ne semble capable de forcer la dureté de votre cœur, écoutez la voix du Fils de l'homme : Ossa arida, audile verbiim Domini ^ Est-ce en vain que saint Paul a dit que Dieu emploie pour vous convertir, et qu'il a mis dans ses sacrements la même vertu par laquelle il a ressuscité Jésus-Christ 3, par conséquent une vertu infinie, une vertu miraculeuse, une vertu qui ressuscite les morts? Pourquoi donc voulez-vous périr ?

— Ha ! j'ai trop abusé des erâces, et j'ai épuisé tous les remèdes. — Mais pourquoi acôusez-vous les remèdes que vous n'avez jamais pris qu'avec négligence ? Avez-vous gémi ? avez-vous prié ? Après avoir découvert vos plaies cachées à un sage médecin, avez-vous vécu dans le régime nécessaire, épargnant à vos faiblesses jusqu'aux occasions les moins dangereuses, et songeant plutôt à éviter les tentations qu'à les combattre ? — Mais cette vie est trop ennuyeuse, et on ne peut la souffrir. — Songez; songez non pas aux ennuis, mais auy douleurs et au désespoir d'une éternité malheureuse. Ce n'est pas ce qu'il nous faut faire pour notre salut qui doit nous sembler difficile, mais ce qui nous arrivera si nous en abandon^ nons le soin. Faites donc un dernier effort. Vous consultez * trop longtemps. Écoutez le conseil de saint Augus^ tin ; il a été dans la peine où je vous vois, et saura bien vous conseiller ce qu'il faut^.ire: Noliîe libenîer colloqui xum cupidiîaiibus vesîris ^ ; Cessez, dit ce pécheur si parfais tement converti, cessez de discourir avec vos passions et avec vos faiblesses. Vous écoutez trop leurs vaines excuses, les délais qu'elles vous proposent, les mauvais exemples qui les entretiennent, la mauvaise honte qu'elles vous remettent continuellement devant les yeux, et enfin les mauvaises compagnies qui vous entraînent au mal comme malgré vous. Ne voyez-vous pas Terreur des hommes, qui ne trouvant dans leurs plaisirs qu'une joie

1. Dëc/iar/iee. Grammaire : Nom. — ^. Ezcc/i., XXXVII, 4. — 2, ColàsÉ.^ II, 12. —4. Consulter. Lex. —5. In Psalm., CXXXVI, 21.

J. Calvet. — Bossuet. *•

trompeuse et jamais le repos qu'ils cherchent, s'étourdissent les uns les autres et s'encouragent mutuellement à mal faire, toujours plus déterminés en compagnie qu'en particulier; marque visible d'égarement, et que^ leurs plaisirs destitués ^ de la vraie nature du bien et toujours suivis du dégoût, ont besoin pour se soutenir du tumulte qui offusque ^ la réflexion ? Cessez de les écouter, si vous ne voulez périr avec eux. Une grande résolution se doit prendre par quelque chose de vif et avec un soudain effort: demain, c'est trop tard ; sortez aujourd'hui de l'abîme où vous périssez et où peut-être vous vous déplaisez depuis si longtemps. On n'aura pas demain un autre évangile, un autre enfer, ni un autre Dieii et un autre Jésus-Christ à vous prêcher; l'Église a fait ses derniers efforts dans cette fête, et a épuisé toutes ses menaces. La vieillesse, où* vous mettez votre confiance, ne fera que vous affaiblir l'esprit et le cœur, et répandre sur vos passions un ridicule qui vous rendra la fable du monde, mais qui n'opérera pas votre conversion. La mort, qui la suit de près, vous fera jouer peut-être le personnage de pénitent comme à un Antiochus^ Vous serez alarmés et non coninertis, votre âme sera jetée dans un trouble irrémédiable, et incapable dans sa frayeur de se posséder elle-même, elle vous fera rouler sur les lèvres des actes de foi suggérés, comme Teau court sur la pierre sans la pénétrer : ainsi il n'y auxa plus pour vous de miséricorde.

Hâl mes Frères, j'espère de vous de meilleures choses, encore que je parle ainsi : Confidimus [aulem de vobis^ dileciissimi^ meliora et viciniora saluîi, îamefsi ila ' loquimur ^J. Car pourquoi voulez-vous mourir, maison d'Israël, peuple béni, peuple bien-aimé, autrefois enfants de colère et maintenant enfants d'adoption et de dilection ^ éternelle ; vous pour qui toutes les chaires retentissent d'avertissements salutaires, pour qui coulent tontes les grâces dans les sacrements, pour qui toute rÉglise est en travail et s'efforce de vous enfanter en

1. Et qae. Grammaire : Construction. — 2. Destitués. Lex. — 3. Offusque. Lex. — 4. Où. Grammaire: Pronom. — 5. Antiochus IV gui, aUeint à la fin de Sâ vie d'une plaie horrible, demanda mais n'obUnt pas miséricorde (cf. Macchabées, I et !!>.—«. flfèr., VI, 9. —7. Dilection. Lex..

Jésus-Christ ; mais ^ pour qui Jésus-Christ est mort, pour qui ce Sauveur ressuscité ne cesse d'intercéder auprès de son Père par ses plaies, pourquoi voulez-vous mourir ? Vivez, vivez plutôt, mes chers Frères ; c'est Dieu même qui vous le demande, qui vous y exhorte, qui vous l'ordonne, qui vous en prie ; et nous, indignes interprètes de ses volontés et ministres tels quels ^ de sa parole, nous secondons le dessein de sa miséricorde, et de cette même bouche dont nous vous consacrons les divins mystères, nous vous conjurons pour Jésus-Chrisi avec l'Apôtre, réconciliez-vous à Dieu, obsecramus pro ChîHsto, reconciliamini Deo^\ et encore avec le prophète: Convertissez-vous et vivez*; mais afin de vivre pour ne mourir plus, vivez dans les précautions nécessaires à la faiblesse. Souvenez-vous^ dit Jésus-Christ, de la femme de Loth 5, et de la suite funeste d'un regard furtif et du monument éternel que Dieu nous y donne des châtiments qui suivent les moindres retours vers les objets qu'il faut quitter. Le grand mal des Israélites sous Achab et celui qui les fit périr sans ressource, c'est que parmi les dieux étrangers dont ils encensaient les autels, ils furent, dit l'Écriture, si abominables qu'ils adorèrent les dieux des Amorrhéens que Dieu avait mis en fuite devant eux^. Ces dieux vaincus, ces dieux renversés avec les peuples qui les servaient, furent révérés des Israélites et devinrent l'objet de leur culte ; ce fut le comble de leurs maux et le pas le plus prochain vers la perdition. Craignez une semblable aventure : que ces idoles abattues ^ ne voient jamais redresser leurs abominables autels; que la pensée de la mort efface tout l'éclat qui vous éblouit; que la résurrection de Jésus-Christ ouvre vos yeuX aux biens éternels, et enfin que jamais le monde vaincu ne rede* vienne vainqueur...

1. Mais. Grammaire : Adverbe. — 2. Tels qaels. Grammaire : Pronom. — 3. II. Cor., V, 20. — 4. Ezech., XVIII, S. — 5. Luc, XVII, 32. — 6. III Beg., XXI, 26. — 7. Allusion audacieuse à la Montespan ou à la Fontanges.

Bossuet,". évêque de Meaux.

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