‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 17 sur 75 · AU BAL · texte numérisé non relu

AU BAL

Beau masque , on vous connaît ; la preuve , la voici/

Vous êtes et belle , et jolie;

Et pourtant la nature oublie Sur chacun de vos yeux la moitié d'un sourcil.

Ce caprice a même son charme ,

L'amour a su s'en faire une arme ;

Et n'a-t-il pas souvent blessé ,

En se servant d'un arc cassé ?

Vous savez bien que votre oreille

A le renom d'une merveille ; Dans vos yeux noirs, tout se peint vivement, ka rougeur aisément colore votre joue;

Et dans ce visage charmant,

Il n'est pas un trait qui ne joue Et n'ait l'expression de quelque sentiment.

Vos lèvres sont faites de rose :

Trop petite est celle d'en haut, S* forme naturelle est d'être demi-close,

Et l'agrément naît du' défaut.

Plus éclatant que l'albâtre, ou l'ivoire,

Votre col a plus de beauté ,

Inspire plus de volupté, Que ce cygne fameux, d'amoureuse mémoire.

Un jour, vous faisiez un serment,

Votre main pressait doucement

Votre gorge qu'on ne voit guère.

Alors, votre robe légère

En marqua bientôt le contour : Les dieux que vous juriez, soupirèrent d'amour,

Et les déesses, de colère.

Beau masque, sont-ce là vos traits?

Tous vos défauts y sont, et peu de vos attraits :

La louange et la flatterie

Ne sont point la langue du bal;

Et je vous ai peint tout le mal Qu'a découvert en vous l'œil perçant de l'envie.

A LA MÊME

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