‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 31 sur 75 · LES MÉTAMORPHOSES · texte numérisé non relu

LES MÉTAMORPHOSES

D'ÉRÉSICTÉE.

La naïade Érésictée Se jouait sur son ruisseau; Et sans bruit , l'heureux Protée S'approchait en nageant sous l'eau.

Soudain la nymphe éperdue Voit son amant , se voit nue :

Elie fuit dans les airs , et s'envole en oiseau ; Elle s'abat toute agitée

Sur un rameau , Près d un moineau :

C'était Protée.

Elle fuit, et le dieu n'atteint au haut des airs, Qu'une flamme pareille à celle des éclairs. Heureux modèle Des amants , Il la suit dans ses changements , Change comme elle, Et la poursuit dans tous les éléments.

Se mêlant aux feux du tonnerre, Il entraîne avec lui cette vapeur légère. La nymphe en pleurs Echappe à la nue embrasée, Tombe en rosée :

CONTES. 4oi

Mais le dieu la devance , et l'attend sous les fleurs. Nymphe sévère, Vous fuyez vainement :

Rien n'est seul; tout a son aimant ,

Et tout ce qui pourra vous plaire

Cachera toujours votre amant.

Elle a cessé de se défendre , Et le premier plaisir que son âme ressent,

Est le doux plaisir de reprendre

Tous ses attraits pour son amant.

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