MONSIEUR D'OSMOND
Après avoir eu cent maîtresses , Chez les filles et les duchesses , Et fait ce que font dans Paris Tous nos jeunes gens bien appris , Réduit aux maîtresses communes , D'Osmond, qui se sentit baisser, Vit bien qu'il fallait renoncer Au métier des bonnes fortunes , Et résolut de faire enfin Ce que nous nommons une fin :
Une fin ! c'est un mariage.
Deux mois avant , il devient sage , Il rompt toute affaire de cœur ; Il recueille pour son ménage Ce qui lui reste de vigueur ; Et sa flamme , ainsi reposée, Dans le lit de son épousée, Fit si beau feu , l'étonna tant, Qu'il se disait : Oh ! sur mon âme , Si j'avais cru valoir autant, Je n'aurais pas encor pris femme.
CONTES. 4o5