SUR DORAT
De l'esprit et rie l'agrément , On en trouve certainement Dans vos épîtres éternelles Aux rois , aux comètes , aux belles.
Vous célébrez si galamment Les jeunes dames de la ville , Qu'au Marais, et sur-tout dans l'Ile , On vous croit presque leur amant.
Vous unissez très-savamment La recherche à la négligence, Et sous un air d'insouciance, L'ambition d'être charmant.
Quelquefois même , par moment , Vos vers visent à l'harmonie, Et s'élèvent à l'ironie ; Non , rien ne vous manque vraiment , Rien Que du goût et du génie (i).
(i) Rien n'est plus piquant que cette épigramme en stances, adressée à Dorât par Rulhière, et où il lui fait , avec beaucoup d'équité et de précision, îoute la part d'éloges à laquelle il pouvait avoir droit; mais ce qui était plus piquant encore , c'est la manière dont le poé'te la lui récita lui-même. Dorât, dans une épitre aux comètes, avait voulu s'égayer aux dépens du discours sur les Disputes. Quelques jouis après , Rulhière l'aperçut à l'orchestre de l'Opéra ; il alla le trouver.—
EPIGRÂMMES. l{lS