‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 14 sur 28 · DB M. MIOT · texte numérisé non relu

DB M. MIOT

guerre, ne profilera-t-il point de ce répit pour fondre, à la lêle de ses agents, sur la batterie, et sommer M. Miot, sur ses pièces, de se retirer? Puis, où M. Miot preiidra-t-ii des munitions ? Avant toute opération, il faudrait qu'il s'emparât du parc d'ariillerie de Vincennes, ou qu'il se servît, en guise de boulets, des tubercules de son jardin. Mais, enfln, mettons les choses au pis; admettons que M. Miot s'empare de la ville de Moulins-Engilbert : qu'en fera-t-il? Et, d'ailleurs, monsieur le maire n'aura-t-il pas toujours le temps de le faire assigner au tribunal de Château-Chinon pour qu'il la rende ? Donc, les canons de M. Miot ne peuvent faire aucun mal à la ville de Moulins-Engilbert; donc, ils ne peuvent faire de mal à qui que ce soit, sauf à celui qui voudrait les tirer ; donc, ils n'ont, d'une arme prohibée, que le nom et la forme ; donc, ils ne sont pas une arme prohibée : j'espère que cela est logique!

Mais, après avoir fait l'artilleur, faisons un peu l'avocat : il faut savoir un peu de tout quand on est pamphlétaire.

Par cela seul qu'à force de réparations, réparations impraticables, du reste, pour un particulier, un canon mutilé puisse être remis en état de recevoir une charge, est-ce une raison pour que ce soit une arme prohibée ? Quel objet, en y faisant les réparations nécessaires, ne peut devenir une arme prohibée, et qui ne condamnerez-vous point ? Avec un briquet à piston , je puis faire un pistolet de poche ; avec une canne et une lame de fleuret, je puis faire une canne à épée. Si j'ai chez moi une forge et du fer, vous direz encore que je suis détenteur d'armes prohibées ; car, ce fer, je puis ou le rouler en canon de fusil, ou l'allonger en baïonnette, ou l'afBler en poignard. Si on vous montrait une barre de fer, pour être conséquent avec vos principes, il faudrait que vous déclarassiez que c'est une arme prohibée ; car, avec quelque modification elle peut le devenir. La perruque de monsieur le président lui-même est une arme prohibée; car, à la rigueur, elle pourrait servir c bourrer un canon ; et que dirait-il, si monsieur le procu-

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