‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 15 sur 28 · LES CANONS · texte numérisé non relu

LES CANONS

reur du roi concluait, de ce qu'il a, lui présideut, du charbon dans son foyer, du soufre dans son armuire et du salpêtre dans sa cave, qu'il cache chez lui une fabrique de poudre?

A la place de M. Miot, j'aurais dit au tribunal, sans faire de bruit, sans me fâcher :

« Vous prétendez, messieurs, que mes canons sont une arme prohibée!... mais, lisez donc avec attention le rapport de voire expert; il en résulte précisément le contraire. Votre expert vous dit que, tels qu'ils sont, mes canons sont incapables de faire feu ; or, c'est tels qu'ils sont, tels que je les ai achetés qu'il faut les prendre, et non tels qu'ils peuvent devenir ; car, ni vous, ni d'autres, ne savez ce qu'ils deviendront. Vous éles les juges du présent, et non du futur contingent possible; vous ne pouvez me condamner pour un délit que je n'ai pas encore commis, quand bien même seriez-vous convaincus que je le commettrai demain, et le délit dont je suis accusé, vous savez bien qu'il m'est impossible de le commettre. En tout cas, puisque vous voulez que le coupable vous paie d'avance, au moins escomptez-lui donc sa peine. Mes canons peuvent devenir une arme prohibée, soit; mais ce n'est pas là la question. Sont-ils ou ne sont-ils pas, maintenant, une arme prohibée? Voilà tout ce que vous avez à décider. Vous perdez votre temps à examiner si je puis être en contravention demain, au lieu d'examiner si je le suis aujourd'hui. Chez quel peuple la peine précède-t-elle donc le crime? Demandez à M. Dupin si une telle législation peut avoir cours en France, et vous verrez ce qu'il vous répondra. Savez-vous bien que vous seriez, sans le vouloir, des hommes dangereux, fort dangereux, si la jurisprudence qu'on veut m'appliquer était admise par vous en principe? que nul n'oserait dormir tranquille dans l'arrondissement de Château Chinon?II vous serait permis de faire arrêter tantôt celui-ci comme voleur de bestiaux, attendu qu'il peut voler des bestiaux ; tantôt cet autre comme meurtrier, attendu qu'il

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peut assassiner quelqu'un ; vous pourriez accuser de chanls séditieux un tnuel qui ne le serait pas de naissance, attendu qu'on peut lui rendre la voix. A votre tribune, le Code pénal serait plus terrible cent fois que le Code militaire : un grenadier qui se promènerait tranquillement le long du Rhin, un conseil de guerre ne déclarerait point qu'il est déserteur, attendu qu'il n'avait qu'à passer le fleuve pour gagner le territoire étranger. En tout cas, s'il était prouvé que cet homme ne sait point nager, comme il vous est prouvé, à vous, qu'il m'est impossible de faire réparer mes canons, bien certainement on le renverrait. Je suis encore innocent, puisque mes canons ne sont pas encore une arme prohibée : renvoyezmoi donc, par respect pour la loi, pour ne pas inquiéter les patriotes du pays, pour qu'ils ne croient pas qu'on leur fait un crime de leur opinion, de l'accusation ridicule que nos ennemis m'ont suscitée , et puisque je suis si odieux à l'arrondissement, je promets, pour dédommager tous ceux qui me poursuivent de leur haine, de commettre bientôt un vrai délit. »

Or, si M. Miot eût parlé ainsi, je ne vois pas ce qu'eût eu à lui répondre le ministère public.

La condamnation de M. Miot est d'autant plus étrange, qu'elle porte atteinte à la chose jugée. Le conseil municipal de Moulins- Engilbert a vendu les canons. Il a eu, certes, le plus grand tort de les vendre. A sa place, n'y eût-il pas eu un sou dans la caisse et eûtil plu dans la salle des délibérations, je n'aurais point voulu faire argent de ces nobles reliques. Il est des souvenirs que tout Français doit respecter, et malheur à qui voudrait les égratigner d'une rature I Quand vous voyez la chauve-souris chercher à soufUer de sa grande aile velue un flambeau, vous n'avez pas besoin d'avoir lu BufTon pour savoir que cet oiseau équivoque aime les ténèbres. La gloire nationale est trop précieuse pour qu'on la laisse perdre, et ce n'est pas aux conseils municipaux à la jeler par les fenêtres de leur salle. La gloire naticnale est comme l'argent, elle a cours

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à quelque coin qu'elle soit frappée, et il faut la prendre n'importe de qui elle vienne.

Je conçois que nos pelils-mattres du régime actuel n'aiment pas la Convention ; mais ici il ne s'agit point d'aimer, il s'agit d'admirer. L'époque de la Convention est certainement la plus glorieuse de notre histoire, et qu'on soit ce que l'on voudra, on doit être fier d'appartenir à une nation qui a un tel chapitre dans ses annales. Là, du moins, les vertus sont pures de tout alliage. Ce n'est pas, comme sous l'Empire, le fanatisme d'un homme , l'ambition, le besoin de renommée qui produisent les grandes actions : c'est le saint amour de la patrie ; et dans le grand homme il y a toujours le citoyen qui prédomine I Là tout le sang versé est donné à la patrie. Ceux qui meurent, la gloire ne les a pas fait boire à sa gourde pleine de poudre délayée dans du sang! On meurt à la frontière, parce que c'est la France qui est derrière soi ; on descend sous les flots, parce qu'elle vous regarde et rougirait de vous si vous étiez des lâches ; on monte d'un pied ferme à l'échafaud, non parce que la foule a les yeux sur vous, mais parce qu'un citoyen doit mourir ainsi ! Cette terre n'a pas besoin d'une culture factice, d'un engrais étranger pour produire : le soleil de la république est assez chaud pour y faire pousser une moisson de glaives ! Le conseil municipal ne veut pas se souvenir de la Convention? tant pis pour lui! Il ressemble à un fanatique habitant du Languedoc ou de la Gascogne, qui ne trouverait point le soleil beau parce qu'il se lève sur les cimes de l'Espagne. Pour nous» semblables à ces gens qui, n'ayant pas de bois chez eux, vont se chauffer chez le voisin, pour échapper à la pensée de notre abaissement actuel, c'est dans ce monde de géants que nous nous réfugions. Quand nous sommes sur ces champs de bataille, impérissables monuments que nous ont laissés nos pères et que tous ceux qu'on posera dessus n'effaceront point, nous oublions que la France n'a plus d'épée ! L'orgueil nous monte au front comme si nous étions nous-mêmes les enfants de celte grande époque. En

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sortant de celte chaude atmosphère, il semble qu'on soll ivre de je ne sais quelle liqueur inconnue. On se précipiterait sur les baïonnettes ennemies, comme si on avait une poitrine de fer; et s'il Tallait mourir pour ses opinions, on monterait à l'échafaud le front serein et les lèvres souriantes! Oh non ! ils n'ont point lu l'histoire de leurs pères, ceux qui font commettre tant de lâchetés à la France !

Le conseil municipal de Moulins-Engilbert, qui répudie tout ce qui vient de la Convention, a, dans la salle de ses délibérations, indépendamment d'un buste de Louis-Philippe, un gros morceau de plâtre représentant Louis XVJIL Or, n'est-ce pas une etTigie bien glorieuse que celle de ce rusé monarque? Son règne n'a-t-il pas été pour tous les bons Français une époque de honte et de deuil ? n'est-il point le commencement de noire abaissement, la première marche de cet escalier que nous descendons toujours, et dont on ne voit pas la fin? Louis XVIII n'avail-il pas les pieds pleins de notre sang? n'avait-il point passé sur les cadavres de nos pères, sur nos drapeaux renversés, sur nos aigles étouffées dans la boue, quand il entrait en France, au bras des souverains, et venait prendre le Irône encore rayonnant de notre empereur? Ces Cosaques qui sont venus s'asseoir en maîtres à nos foyers ne lui servaient-ils point d'escorte? En vérité le conseil municipal de Moulins a oublié quelque chose, c'est d'envoyer à Waterloo quelque artiste en plâtre prendre un copie du monument que les souverains y oni élevé, et de placer celte pièce à côlé du buste de Louis XVIII ! Que ces messieurs se souviennent de la Restauration tant qu'ils voudront, chacun peut faire de sa mémoire l'usage qui lui convient; mais de quel droit attaquent-ils dans leurs souvenirs ceux de leurs administrés qui ont des sympathies opposées ? Fallait-il, pour trente-six francs, les priver de deux vieux canons dont ils respectaient la rouille, et qu'ils aimaient à rencontrer sur leur place? M. Miot n'a-t-il point fait acte de bon citoyen en recueillant chez lui celle ferraille contemporaine d'une si grande

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époque? La Convenlion est inorle : vous le verriez bien, si vous aviez le bras assez solide pour lever le couvercle de son cercueil ! La race des hommes qui l'ont composée est perdue comme celle de ces animaux gigantesques que produisait la terre quand elle était dans sa première fougue de création. Louis XVIII , au contraire, a un héritier qui aspire ouvertement au trône de ses ancêtres ; ses partisans vont publiquement lui rendre hommage, et ils lui offrent à haute voix la France. Si c'est le danger des souvenirs qui doit les faire condamner, lequel des deux souvenirs est donc le plus dangereux et le plus révolutionnaire? Du reste, ce n'est point en proscrivant les gloires du passé qu'on relève l'époque actuelle de son abaissement: on le rend au contraire plus visible. Si l'hysope devenait le roi des végétaux, ce serait un maladroit hommage à lui rendre que de mutiler le chêne. La France, sans gloire, sans force, sans influence, est comme ces anciennes familles féodales qui vivent maintenant en bourgeois dans leurs maisons, mais auxquelles on garde un reste de considération, à cause du nom de leurs ancêtres : ne lui déchirez point ses vieux titres de noblesse !...

Quoi qu'il en soit, le conseil municipal a vendu ses canons ; il les a vendus comme ferraille. Du moment que la vente des canons a été approuvée par le préfet, leur état d'impuissance est chose jugée; il n'y a plus moyen d'y revenir, La décision d'un préfet dans les limites de ses attributions, est souveraine comme un jugement. On ne peut supposer qu'il laisse mettre en adjudication des armes prohibées, et quand bien même les objets vendus avec son approbation seraient des armes prohibées, l'autorité judiciaire n'a plus sur eux aucun droit d'investigation : c'est comme si elle voulait remettre en cause un homme qui a élé légalement absous. Et que serait-ce, mon Dieu! si les tribunaux avaient le droit , quand le gouvernement met en adjudication ses vieilles armes, de les faire expertiser entre les mains des acheteurs ! Ainsi, les enchères ouvertes par lui seraient un piège tendu aux citoyens : il

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pourrait se faire rendre par ses juges, avec une forte amende par dessus le marché, les ohjpls qu'il aurait vendus, et dont il aurait touché le prix. Du reste, dans quel but croit-on donc que les alliés aient fait subir aux canons de Moulins-Engilbert les mutilations que nous avons dites, si ce n'est pour les mettre hors de service? Est- il probable qu'ils n'aient fait la besogne qu'à moitié, et sont-ils gens à ne pas achever leur ennemi ? En vérité, ne dirait-on point que le tribunal de Chàleau-Chinon, qui juge ces mutilations imparfaites et les soumet à une expertise, n'est composé que de vieux capilaioes d'artillerie, tous gens qui marchaient dans la poudre jusqu'à la cheville du pied, et qui ont du canon une expérience consommée ? Voilà un homme qui a la tète coupée , et on fait examiner par un médecin 5i en effet il est bien mort!

Assurément, si M. Miot eût acheté, de la \ille de Moulins-Engilbert, dans les mêmes circonstances, un vaste bâtiment prohibé, on eût regardé à deux fois avant de lui en disputer la possession ; mais ceux qui lui ont suscité celte ridicule affaire, n'ont jugé de son importance que d'après le peu de valeur de l'objet en litige; ils ont dit : « Quand nous ferions confisquer à M. Miot cette vieille ferraille avec laquelle il nous brave, cela ne fera pas une grosse plaie à sa bourse: il sera vexé, et voilà tout ce que nous voulons. » Mais, vexer un homme, c'est lui faire plus qu'un tort pécuniaire. Il y a, à la vérité, des gens qui ne sont sensibles qu'aux chagrins d'argent : les douleurs morales, comme les traits qu'on lance au corps de la baleine, ne peuvent pénétrer à travers la graisse de leur ame; mais M. Miot n'est pas de cet acabit; M. IVliot est un de ces hommes que l'oppression révolte, et qui la combattraient jusqu'à la mort, si on pouvait la combattre avec une épée. Et vous-même, si votre ennemi vous avait terrassé et, vous appuyant son genou sur la poitrine, vous arrachait un ruban ou une fleur, ne souffririez-vous pas autant que s'il vous arrachait votre bourse? D'ailleurs, la loi s'applique aux pelilcs choses comme aux

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grandes, à une épingle comme à un lingot d'or : pour un Juge, il n'y a point de chélive cause, et je suis bien sûr que le grand Salomon n'eût pas mis moins de réflexion dans son fameux jugement, quand même, au lieu d'un enfant, il se fût agi d'un petit chien. Si le délit reproché à M. Miot eût dû entraîner une peine grave, il aurait certainement été acquitté ; mais, malheureusement, le droit est inséparable des personnes. Il n'y a peut-être point, en France, deux noms qui pèsent d'un poids égal dans les balances de In justice; toujours, dans les mêmes circonstances, tel individu aura plus raison ou plus tort que tel autre. Je comparerais volontiers le droit à un habit qui paraît bien fait sur la personne d'un fashionnable, et grotesque sur les épaules d'un paysan : c'est une illusion dont on ne saurait se défendre, une infirmité de notre pauvre nature. A Dieu ne plaise que jesuspecte l'impartialité du tribunal de Château-Chinon ! mais, je le demande à tout l'arrondissement, et je le demanderai même aux juges, si c'était un autre que M. Miot qui fût possesseur dos casions en quesîion; si, même, après les avoir achetés, M. Miot, au lieu de les exposer sur les murs de son jardin et de les décorer d'in>icriplions, en eût fait des pousse- roues pour sa porle-cochère, eût-on songé à les dénoncer comme armes prohibées? C'est donc parce que M. Miot a fait de ses canons une manifestation politique, qu'on lui a suscité celte querelle? Mais, depuis quand les patriotes n'ont-ils plus le droit d'exprimer leurs sympathies? Les écrire sur le dos d'un vieux canon ou les faire imprimer sur du papier, n'est-ce pas la même chose? Les conservateurs préconisent, tant qu'il leur plaît, les turpides de leurs hommes d'État; leurs journaux empoisonnent la France du fade encens qu'ils jettent autour de leurs ministres : qui songe à y trouvera redire? Cherchons-nous à leur arracher du front leur grande cocarde grise? Qu'il nous laisse donc porter tranquillement le bout de cocarde que la loi nous laisse encore. S'ils sont libres d'insulter les gloires de la patrie, pourquoi ne le serions-nous pas de leur rendre hommage? Quand nous avons

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quelque chose à leur reprocher, nous les dénonçons à l'opinion publique; eux, c'est aux tribunaux qu'ils nous dénoncent : esl-co donc la même chose? Ils ont tout : ils ont les emplois, ils ont tous les honneurs que le gouvernement peut fair. ; veulent-ils encore le clé des prisons? Ils nous ont pris le plus précieux de nos droits de citoyen, celui de nommer nos représentants : faut-il encore qu'il nous prennent noire repos, la paix et la sécurité de nos familles? Ne peuvent-ils donc nous laisser vivre tranquilles au milieu de nos regrets et de nos espérances? Leurs croix brillentelles d'un éclat plus beau, leurs pièces d'or rendent-elles un tintement plus agréable, quand ils nous voient le souci au front et l'indignation dans les yeux?...

M. Miot en appelle à Nevers. Il ne se dissimule point qu'il est difflcile de faire abolir par un tribunal la sentence qu'un autre tribunal a rendue; et d'ailleurs, que dira-t-il, pour convaincre ses juges, qu'il n'ait déjà dit? S'il n'a pu se faire absoudre alors qu'il n'était qu'accusé, comment détruira-l-il la prévention qu'une condamnation a soulevée contre lui? El cependant, s'il était condamné, qu'en adviendrait-il? Les patriotes perdraient courage; lorsqu'ils seraient accusés d'un délit politique, ils ne voudraient plus se donner la peine de se défendre. Nous voyons bien, diraientils, que nous ne sommes plus sous la protection de la loi. Ce bout de manteau qu'elle étendait encore sur nos têtes, on l'en arrache impunément. Nous sommes sans défense contre les attaques de nos ennemis. La lexique n'a plus d'arguments pour nous défendre. La vérité et la raison perdent toutes leurs forces en passant par notre bouche. Nos raisonnements les plus solides, semblables à une flèche qui a perdu son dard en volant, ne pénètrent plus dans l'esprit de nos juges. Il semble qu'ils entendent tout le contraire de ce que nous leur disons, et qu'un mauvais esprit change en roule nos paroles ! La justice d'aujourd'hui n'a donc plus qu'une oreille? et comment se fait-il que nous nous trouvions toujours du côté de son glaive ? Sur ce chemin qui a mené Dupoty au Mont-Saint-Michel, verra-t-on

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toujours quelqu'un qui passe? 0 liberté! si c'est toi qui règnes ici, jette la coîlTure phrygienne et prends le bonnet d'un monarque; car tu n'es que la tyrannie exercée par trois cent mille maîtres sur des millions d'esclaves! Déesse perfide! nous le voyons bien maintenant, lu n'es funeste qu'à ceux qui le rendent un culte sincère. Tu ressembles à ces féroces idoles de l'Inde qui veulent que leur autel trernpe dans le sang de leurs adorateurs. Qu'as tu fait de Jésus-Christ ? Qu'as-tu fait des Gracques? Qu'as-tu fait de la Convention? Qu'as-lu fait de la Montagne?.... Qu'as-tu fait de tant d'autres qui sont morts en te servant? Ton temple n'a donc point de porte? ceux qui vont à toi n'arriveront donc jamais que sur le seuil, et les meilleurs tomberont donc toujours frappés sur les marches? S'il en est ainsi, remets donc au moins dans les veines des enfants lout le sang généreux que tu as pris aux pères. Mais cela, le tribunal de Nevers ne le laissera point dire ; il prouvera à tous que ce n'est point les opinions des accusés qu'il juge ; il se fera un de^'oir de réparer l'erreur malheureuse de ses collègues : il absoudra 'M. Miot; car je n'ai jamais vu de cause plus juste que la sienne, et c'est pourquoi je l'ai défendue. »

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