UN ÉVÈQUE DE VILLAGE
plus OU moins ouvert, ou la main plus ou moins rude. On ne saurait se figurer les abus religieux qui se commettent dans les villages. Dans ces petites paroisses que le Morvand cache entre les plis de ses forêts, il y a des desservants qui perçoivent encore une espèce de dîme ; el,»dans une commune de l'arrondissement de Clamecy, un curé, pour vaincre l'avarice de ses paysans et les forcer à faire dire des services à leurs trépassés, ne craignait point de leur dire qu'il avait rencontré les âmes en peine de leurs parents, qui réclamaient des prières. Ce qu'il y a de pis, c'est que tous ces abus restent sans répression. Si le curé est bien avec le maire, les réclamations sont inutiles : l'autorité ecclésiastique renvoie à celui-ci, pour avoir des renseignements, les doléances de la paroisse, et le maire lave son bon ami de tout reproche. Si le maire el le curé sont en guerre, ce qui arrive très souvent, le curé est encore inattaquable. Celte fois, les plaintes viennent du maire ; mais l'évêque, de peur de scandale, et pour ne pas donner une apparence de supériorité à l'autorité civile sur l'autorité ecclésiastique, les étouffe ; alors, la commune désappointée est comme un homme pour lequel le chemin finit, et qui ne voit plus devant lui que des halliers : de guerre lasse elle se désiste de ses poursuites.
Il n'y a que la publicité qui puisse faire justice de ces délits lointains et qu'on ne voit pas à l'oeil nu du chef-lieu du diocèse; si donc mes abonnés tenaient à ce qu'ils fussent réprimés, je les prierais de m'adresser le récit de tous ceux qui sont arrivés à leur connaissance : je les réunirai dans un pamphlet, comme on réunit des alloueltes dans un pâté, et nous en deviserons à notre manière.
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