Vers le midi de la France
Mainte fontaine y murmure et undoye, Et en touts temps le laurier y verdoyé Près de la vigne, ainsi comme dessus Le double mont des Muses, Pamassus, Dont s'esbahist la mienne fantasie Que plus d* esprits de noble poésie N'en sont yssuz. Au lieu que je déclaire. Le fleuve Lot coule son eau peu claire Qui maincts rochers traverse et environne. Pour s'aller joindre au droict fil de Garonne.
A brief parler, c'est Cahors en Quercy, Que je laissay pour venir querre icy Mille malheurs, ausquels ma destinée M'avoit submis. Car une matinée ^N'ayant dix ans en France fuz meiné : Là où depuis me suis tant pourmeiné Que.j'oubliay ma langue maternelle, Et grossement aprins la paternelle , Langue francoyse, es grands courts estimée, Laquelle en fin quelque peu s est limée , Suyvant le roy Franroys premier du nom. Dont le sçavoir excède le renom.
C'est le seul bien que j'ay acquis en France Depuis vingt ans en labeur et souffrance. Fortune m'a entre mille malheurs Donné ce bien des mondaines valeurs.^ Que dy-je, las! 0 parolle soudaine : *