‹ ŒuvresChapitre 43 sur 56 · PSEAUME XVIII · texte numérisé non relu

PSEAUME XVIII

Diligam te, Domine.

Hymne très excellent, lequel David chanta au Seigneur Dieu après qu'il 1 eut rendu paisible ci victorieux sur baûl, et sur tous ses autres ennemis, prophétisant de Jésus Christ en la conclusion du pscaume.

Je t'aymeray en toute obéissance Tant que vivray, ô mon Dieu, ma puissance : Dieu c'est mon roc, mon rempart hault et seur, C'est ma rançon, c'est mon fort deffenseur.

En luy seul gist ma fiance parfaicte, C'est mon pavois, mes armes, ma retraicte : ========= 138 ===

PSAUuMES

Quant je l'exalte et prie en ferme foy, Soudain rcscoux des ennemis me voy.

Dangers de mort un jour m'environnèrent, Et grans torrentz de malings m'estonnerent ; J'estois bien près du sepulchre venu Et des filez de la mort parvenu :

Ainsi pressé soudain j'invocque et prie Le Toutpuissant, hault à mon Dieu je crie : Mon cry au ciel jusqu'à luy pénétra, Si que ma voix en son oreille entra.

Incontinent tremblèrent les campaignes ; Les fondementz des plus haultes montaignes, Tous esbranlez, s'esmeurent grandement, Car il estoit courroucé ardamment.

En ses naseaux luy monta la fumée ; Feu aspre yssoit de sa bouche allumée ; Si enflambé en son courage estoit, Qu'ardcntz charbons de toutes pars jectoit ;

Baissa le ciel, de descendre print cure, Ayant soubz piedz une brouée obscure ; Monté estoit sur un esprit mouvent, Voloit guindé sur les esles du vent, Et se cachoit dedans les noires nues Pour tabernacle autour de luy tendues ; Enfin rendit par sa grande clarté Ce gros amas de nues escarté.

Gresle jectant et charbons vifz en terre, Au ciel menoit l'Eternel grand tonnerre : L'Altitonant sa voix grosse hors meit, Et gresle et feu sur la terre transmeit^ Lança ses dards, rompit toutes leurs bandes, Doubla l'esclair, leur donna frayeurs grandes. A ta menace, et du fort vent poulsé Par toy. Seigneur, en ce poinct courroucé, Furent canaulx desnuez de leur unde.

Et descouvertz les fondemens du monde.

Sa main d'enhault icy bas me tendit, Et hors des eaux sain et sauf me rendit. Me recourut des puissans et faussaires (Et plus que moy renforcez) adversaires ;

LLÈMEN r MA RO 7

A mes danger» il prcv« it ;

(^aaDd il (ut temps, sc^^ ^ -u me Tint,

Me meit au lar^e, et ti lit entreprise De me garder, car il me favorise.

Or m'a rendu ^clou mon équité, Et de mes mains selon la pnrite.

Car du Scii;ncur j'avois suivy la voye, Ne révolté mon cueur de luy n'avoye, Ains tousjours eu devant l'œil tous ses dicU Sans rejecter un seul de ses cdictz.

Si qu'envers luy entier en tout affaire Me suis monstre, me gardant de mal faire. Or m'a rendu selon mon équité.

Et de mes mains selon la pureté.

Certes, Seigneur, qui sçais telles mes oeuvres, Au bon trèsbon, pur an pur te descœuvres, Tu es entier à qui entier sera.

Et deffaillant à qui failly aura.

Les humbles vivre en ta garde tu laisses, Et les sourcilz des braves tu rabaisses : Aussi, mon Dieu, ma lanterne alumas, Et esclairé en ténèbres tu m'as :

Par toy donnay à travers la bataiUe ; Mon Dieu devant, je saultay la muraille; C'est l'Eternel qui entier est trouvé, Son parler est comme au feu esprouvé ; C'est un bouclier de forte résistance, Pour tous ceuLx là qui ont en luy fiance.

Mais qui est Dieu sinon le supemel?

Ou qui est fort si ce n'est l'Eternel ? De hardiesse et force il m'environne.

Et seure voye à mes emprises donne ; Mes piedz à ceulx de chevreulz faict egaulx, Pour monter lieux difficiles et haultz ; Ma main par luy aux armes est aprise, Si que du bras un arc d'acier je brise.

De ton secours l'escu m'as apporté, Et m'a ta dextre au besoing supporté.

Ta grand' bonté, où mon espoir mettoic, M'a faict plus grand encor que je n'estoie :

'SAUMES

Préparer vins mon chemin soubz mes pas, Dont mes talons glissans ne furent pas. Car ennemis sceu poursuyvre et attaindre, Et ne revins sans du tout les estaindre ; Durer n'ont peu, tant bien les ay secoux, Ains à mes piedz trebuscherent de coups ;

Circuy m'as de belliqueuse force, Ployant soubz moy qui m'envahir s'efforce ; Tu me monstras le dos des ennemis.

Et mes hayneux j'ay en ruyne mis ; Hz ont crié, n'ont eu secours quelconques Mesmes à Dieu, et ne les ouyt onques ; Comme la pouldre au vent les ay renduz Et comme fange en la place estenduz.

Délivré m'as du mutin populaire.

Et t'a pieu chef des nations me faire ; Voyre le peuple, à moy peuple incongnu, Soubz mon renom obéir m'est venu ; Maints estrangers par servile contraincte M'ont faict honneur d'obéissance faincte : Maintz cstrangers redoubtans mes effortz, Espoventez, ont tremblé en leurs fortz.

Vive mon Dieu, à mon saulveur soit gloire, Exalté soit le Dieu de ma victoire.

Qui m'a dorme povoir de me venger, Et qui soubz moy les peuples faict renger. Me garentit qu'ennemys ne me grèvent, M'esleve hault sur tous ceulz qui s'eslevent Encontre moy, me délivrant à plein De l'homme ayant le cueur d'oultrage plein.

Pourtant, mon Dieu, parmy les gens estranges Te beniray en chantant tes louanges.

Ce Dieu, je dy, qui magnifiquement Saulva son roy, et qui uniquement David son oinct traicte en grande clémence, Traictant de mesme à jamai« sa semence.

CLEMENT AÎAROr

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