‹ ŒuvresChapitre 6 sur 56 · I.K PRFMIEH · texte numérisé non relu

I.K PRFMIEH

Et que veulx tu ? £1' m'ayme bien :

Je n'ay que faire de m'en plaindre.

LE SFXOND

Il est vray : mais si peut on faindre Aucuncsfoys une amytié Qui n'est pas si grand' la moytié Comme on la demonstre par signes.

LE PREMIER

Ouy bien, quant aux femmes fines :

Mais la mienne en si grand' jeunesse Ne sçauroit avoir grand' finesse ; Ce n'est qu'un enfant.

LE SECOND

De quel aage?

LE PREMIER

De quatorze ans.

LE SECOND

Ho ! voyla rage :

Elle commence de bonne heure.

LE PREMIER

Tant mieulx ! elle en sera plus seure, Car avec le temps on s'affine.

LE SECOND

Ouy, elle en sera plus fine ; N'est-ce pas cela ?

LE PREMfER

Que d'esmoy !

Entens que son amour en moy Croistra tousjours avec les ans.

LE SECOND Ne faisons pas tant des pi ai sans :

Par tout il y a decevancc.

DIALOGUE

Dequoy la congnois tu ?

LE PREMIER

D'enfance.

D'enfance tout premièrement La voyois ordinairement, Car nous étions prochains voisins ; L'esté luy donnois des raisins, Des pommes, des prunes, des poires, Des pois vertz, des cerises noires, Du pain besneist, du pain d'espice, Des eschauldez, de la reclisse, De bon succre et de la dragée.

Et quand elle fut plus aagée.

Je lui donnois de beaulx bouquetz, Un taz de petits af fiquetz Qui n'estoient pas de grand' valeur ; Quelque ceincture de couleur Au temps que le Landit venoit.

Encor de moy rien ne prenoit Que devant sa mère ou son père, Disant que c'estoit vitupère De prendre rien sans congé d'eulx ; D'huy à un bon an, ou à deux, Luy donneray et corps et biens, Pour les mesler avec les siens Et à son gré en disposer.

LE SECOND

Tu l'aymes donc pour l'espouser ?

LE PREMIER

Ouy, car je sçay seurement Que ceux qui ayment autrement Sont vouluntiers tous marmiteux :

L'un est fasché, l'autre est piteux, L'un brusle et ard, l'autre est transy Qu'ay je que faire d'estre ainsi ?

Ainsi comme j'ayme m'amye, Cinq, six, sept heures et demye L'entretiendray, voyre dix ans.

Sans avoir paour des medisans, Et sans danger de ma personne.

CLÉMENT MAieOT

Corps bicu, ta raison est trcsbonue :

Car d'une bonne intention Ne vient doubtc ne passion.

Mais conipaignon, je te demande ^cUe est la matière plus grande Qu'elle t'a offerte desja ?

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