‹ ŒuvresChapitre 8 sur 56 · ÉGLOGUE AU ROY · texte numérisé non relu

ÉGLOGUE AU ROY

SOUBS LES NOMS OC PAN ET dOBIN

Un pastoureau, qui Robin s'appeloit, Tout à par soy n'agueres s'en alloit Pamiy fousteaux (arbres qui font nmbrage). Et là tout seul faisoit de grand courage Hault retentir les boys et l'air serain, Chantant ainsi : « O Pan, dieu souverain^ Qui de garder ne fus onc paresseux Parcs et brebis et les mais très d'iceux. Et remects sus tous gentilz pastoureaux Çuand ilz n'ont prc2 ne loges ne toreaux, Je te supply (si onc en ces bas estres Daignas ouyr chansonnettes champestrcs), Escoute un peu, de ton vert cabinet.

Le chant rural du petit Robinet.

Sur le printemps de ma jeunesse folle, Je ressemblois l'arondeîle qui voile Puis ça, puis là : l'aage me conduisoit, Sans peur ne soing, où le cueur me disoit. En la forest (sans la craincte des loups) Je m'en allois souvent cueilJir le houx, Pour faire gluz à prendre oyseaulx ramages, Tous differens de chantz et de plumages ; Ou me souloys (pour les prendre) entremettre A faire bricz, ou cages pour les mettre. Ou transnouoys les rivières profondes, Ou r'enforçoys sur le genoil les fondes, Puis d'en tirer droict et loing j'apprenois Pour chasser loups et abbatre des noix.

O quantesfoys aux arbres grimpé j'ay,' Pour desnicher ou la pye ou le geay, Ou pour jettcr des fruictz ja meurs et beanlx

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