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LIVRE II, CHAPITRE VI

toutes ses chausses, qui estolent faites à queue de merluz^ et non à plein fond : dont dist Pantagruel : Saint Alipen^ tin, corne my de bas, quelle civette ! Au diable soit le mascherabe*, tant il put. Et le laissa. Mais ce luy fut un tel remord toute sa vie, et tant fut altéré qu'il disoit souvent que Pantagruel le tenoit à la gorge. Et, après quelques années , mourut de la mort Roland ^, ce faisant la vengeance divine, et nous demonstrant ce que dit le philosophe, et Aule Celle, qu'il nous convient parler selon le langage usité. Et, comme disoit Octavian Auguste ^^ qu'if fault éviter les motz espaves*, en pareille diligence que les patrons de navires évitent les rochiers de la mer.

I Mâche- rave, sobriquet donné aux Limousins ; Raphanophagus dans le Matago de Matagoniàus.

Les Limousins sont aussi friands de la rave aujourd'hui qu'il y a trois siècles. Leur sol est très^avorable à cette culture, et ils profitent bien de ce privilège.

''^ C'est-à-dire de soif, comme

Roland à la bataille de Roocevaus.

^ On lit César dans l'édition de C. Nourry.

* C'est-à dire les mots rejetés , abandonnés. Dans les éditions de C. Nourry et de Marnef, nous lisons motz absurdes. Espaves se trouve déjà dans l'édition de Fr, Juste, 1534.

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