‹ Œuvres, collationees pour la premiere fois sur les editions originalesChapitre 162 sur 296 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Comment Tbaamaste raconte les Tertos et savoir de Fanarfe.

Adonc se leva Thaumaste^ ct^ ostant son bonnet de la teste, remercia ledit Panurge doulcement. Puis dist à haute voix à toute Tassistance : Seigneurs, à ceste heure puis je bien dire le mot evangelicque, et ecce plusquam Salomon hic * . Vous ayez icy un trésor incomparable en vostre présence, c'est monsieur Pantagruel; duquel la renommée me avoit icy attiré du fin fond de Angleterre, pour conférer avec luy des problesmes insolubles tant de magie, alchymie, de caballe, de géomancie, d'astrologie que de philosophie : les- - quelz je avois en mon esprit. Mais, de présent, je me coun*ouce contre la renommée, laquelle me semble estre envieuse contre luy, car elle n'en rapporte la milliesme partie de ce que en est par efficace. Vous avez veu comment son seul disciple m'a contenté, et m'en a plus dit que n'en demandois; d'abondant m'a ouvert et ensemble solu d'autres doubtes inestimables. En quoy je vous puis asseurer qu'il m'a ouvert le vray puitz et abysme de encyclopédie, voire en une sorte que je ne pensois trouver homme qui en sceust les premiers elemens seulement : c'est quand nous avons disputé par signes , sans dire mot ny deray. Mais à temps je redigeray par escrit ce que avons dit et résolu, afin que Ton ne pense que ce ayent esté mocqueries, et le feray imprimer, à ce que chascun y appreigne comme j'ay fait. Donc pouvez juger ce que eust peu dire le maistre, veu que le disciple a fait telle prouesse : car non est discipulus svper magistrum \

* En voici un qui est plus que ^ Le disciple n'est pas au-dessus Salomon. (Saint Luc, xr, 31.) du maître. (Saint Luc, vi, 40.)

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