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PROLOGUE. 40D

versoit, nattoit, grattoît, flattoit, barattoit, bastoit, boutoit, butoit, tabustoit, cullebutoit, trepoit*, trempoit, tapoit, timpoit^, estoupoit, destoupoit, detraquoit^ triquotoit, tripotoit^ chapotoit, croulloit, elançoit, chamailloit, bransloit, esbransloit, levoit,lavôit, clavoit, entraToit,bracquoit, bricquoit^ bloquoil,tracassoit, ramassoil, cabossoit, afestoit, affustoit^ baffouoit, enclouoit, amadouoit, goîldronnoit, mittonoit, tastonnoit, bimbelotoit, clabossoit, terrassoit, bistorioit, vreloppoit, cbaluppoit, charmoit, armoit, guizarmoit, enharnachoît, empennachoit, caparassonnoit : le devalloit de mont à val, et precipitoit par le Cranie : puis de val en mont le rapportoit, comme Sisyphus fait sa pierre; tant que peu s'en faillit qu'il ne le defonçast. Ce voyant quelqu'un de ses amis, luy demanda quelle cause le moùvoit à son corps , son esprit, son tonneau ainsi tourmenter? Auquel respondit le philosophe qu'à autre office n'estant pour la republique employé , il, en ceste façon, son tonneau tempestoit, pour, entre ce peuple tant fervent et occupe , n'estre veu seul cessateur et ocieux ^, Je, pareillement, quoy que sois hors d'effroy, ne suis toutesfois hors d'esmoy ; de moy voyant n'estre fait aucun pris digne d'œuvre : et considérant, par tout ce très noble royaume de France \ deçà et de là les monts, un chascun aujourd'huy soy instantement exercer et travailler, part à la fortification de sa patrie et la défendre; part au repoulsement des ennemis et les offendre 5 ; le tout en police tant belle, en ordonnance si mirifique, et à profit tant évident pour Tadvenir (car désormais sera France superbement boumée, seront François en repos asceurés), que peu de chose me retient que je n'entre en l'opinion du bon Heraclitus, affirmant guerre estre de tous

* Piétitmit. — Treper se dit en- ^ Masard et oisif {cessator,

core en divers patois. otiosus, en latin).

' Cotgrave traduit iymper par ^ La guerre se faisait alors de

to tingle, io makc ring of'soundy tous côtés , dans le Luxemboarg, eii

sfaire tinter. En patois lillois, on Brabaut, eu Picardie, ea Piémont,

nomme /iwÂ/e/ un amusement gyin- '' Attciquer (offendere^ en la-

uastique des enfants. tin).

biens père < ; et «roye que guerre soit en latin dite belle, non par antiphrase^ ainsi comme ont caidé certains repetafrseurs de vieilles ferrailles latines, parce qu'en guerre gueres de beauté ne ;voy oient, mais absolument et simplement, par raison qu'en guerre apparoisse toute espèce de bien et beau, soit decelée toute espèce de mal et laidure. Qu'ainsi soit, le roy sage et pacifie Salomon n'a sceu mieuk nous représenter la perfection indicible de la sapience divine, que la comparant à l'ordonnance d'une armée en camp , bien équipée et ordonnée.

Par donc n'estre adscrit et en rang mis des nostres en partie offensive, qui m'ont estimé trop imbecille et impotent; de Vautre qui est défensive n'estre employé aucunement,"* fust ce portant hotte, cachant crotte, ployant rotte^, ou cassant motte, tout m'estoit indiffèrent, ay imputé à honte plus que médiocre estre veu spectateur ocieux de tant vaillans, disers et chevaleureux personnages, qui, en veue et spectacle de toute Europe, jouent ceste insigne fable et tragicque comédie; ne m'esvertuer de moy mesmes, et non y consommer ce rien, mon tout, qui me restoit. Car peu de gloire me semble accroistre à ceux qui seulement y emploictent leurs yeulx , au de>meurant y espargnent leurs forces, cèlent leurs escus, ca* chent leur argent, se grattent la teste avec un doigt, comme landores ^ desgoustés, baislent aux mouches comme veaulx de disme * , chauvent des oreilles ^ comme asnes d'Arcadie au chant des musiciens, et, par mines en silence, signifient qu'ilz consentent à la prosopopée.

• Père, parce qa*en grec izokt- bêles les plus parfaites, les plus

(jioç, guerre, est masculin. grasses. — Cette explication four-

2 Terctant des liens de fagots nie par Est. Pasquier est peu gofi-

(bam/ of fagot ^ Cotgrave). tée du père Carrasse , qui prétend

^ Cens endormis, fainéants, que les curés se plaignaient du

Dans Tarrondissement de Bayeoit , contraire.

on dit encore landorer dais le sens * Dressent les oreilles de colère

de lambiner. (comme un cheval, iw a horsey Cot-

^ De parfaits sots, parce que, grave). Cette expression est e;icore

quand on payait la dîme aux curés, usitée en Saintonge, dans le Poitou

on choisissait toujours pour eux les et ailleurs.

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