‹ Œuvres, collationees pour la premiere fois sur les editions originalesChapitre 204 sur 296 · UVRE · texte numérisé non relu

UVRE

Les gens doriphages S avalleurs de frimars^ ont au cul passions ^ assez , et assez sacs au croc pour venaison ; y vacquent s'ilz veulent, ce n'est icy leur gibbier. Des cerveaux à bourlet ', grabeleurs de corrections *, ne me parlez^ je vous supplie, au nom et révérence des quatre fesses qui vous engendrèrent, et de la vivifique cheville qui pour lors les couploit. Des caphars encores moins, quoy que tous soient beuveurs oultrés, tous véroles, croustelevés, garnis d'altération inextinguible, et manducation • insatiable. Pourquoy? Pource qu'ilz ne sont de bien, ains de mal, et de ce mal du^ quel journellement à Dieu requérons estre délivrés : quoy qu'ilz contrefacent quelquefois des gueux. Onques vieil singe ne fit belle moue.

Arrière mastins , hors de la quarriere : hors de mon soleil, canaille au diable! Venez vous icy, cuUetans®, articuler mon vin ^ et compisser mon tonneau? Voyez cy le baston que Diogenes par testament ordonna estre près luy posé après sa mort, pour chasser et esrener ces larves bustuaires * et mastins Cerbericques. Pourtant, arrière cagotzl Aux ouailles, mastins*! Hors d'icy, caphards de par le diable, bayl Estes vous encores là? Je renonce ma part de papimanie *•, si je vous happe. G ZZ, g ZZZ, g ZZZZZZ^*. Devant, devant!

' Qai vivent de dons.

^ Occupations.

^ Le bourrelet était Tancienne coiffure des magistrats et des docteurs.

* Sots critiques, épluchant chaque mot.

^ Soif inaltérable et faim.

^ « II les compare, dit Le Ducbat, à des chiens qui se flairent au cul les uns les autres. » Nous trouvons le mot cullelis employé dans une lettre du duc de Gramont, datée de 1695, pour désigner les actes peu édifiants d'un évêque.

' On nommait autrefois arliculcur celui qui dressait les requê-

tes en forme de plaintes. — Articuler voudrait-il dire contester, saisir ?

* Éreinter ces larves rodant auprès des tombeaux (^««/«m en latin, bûcher, sépulcre).

^ Chiens, aux moutons!

'" Je renonce à ma foi, à mon culte (papisirtf, Cotgrave).

" Nous adoptons sans hésiter cette leçon gzz au lieu de grr, qui est une faute évidente. C'est avec ce sifYlement de plus en plus prolongé qu'on excite encore les chiens à se battre.

(A>, xe, see, Dict. limousin de Berouie.)

raOLOGLE. 417

Iront ilz? Jamais ne puissiez vous fianter qu*à sanglacles d'estriviercs! Jamais pisser que à Teslrapade *, jamais eschauffcr qu'à coups de baston !

' L'estrapade était uu supplice Au moyen d'une corde à poulie,

usité en France et en Espagne {es- on serrait le condamné jusqu'à l'é-

trapada, en espagnol). — La place touffer. Il devait en effet, sous cette

de V Estrapade , à Paris , était le affreuse pression, pisser, non pas

lieu où l'on appliquait autrefois ce de peur, mais par uu relâchement

châtiment. forcé.

418 LIVRE m, CHAPITRE I.

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