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LIVRE 111, CHAPITRE H

soit troublée par nueâ quelconques de pensement passementé de meshaing' et faseberie. Vous Tivatit joyeux, gaillard, de hait*, je ne seray riche que trop. Tout le monde crie mesnage, mesnage ; mais tel parie de mesnage, qui ne sçait mie que c'est.

CTest de moi que fault conseil prendre. Et de moy, ponr ceste heure, prendrez adTertissement que ce qu'on me impute à Tîce, a esté imitation des Unrversité et Parlement de Paris, lieux esqueh consiste la traye source et me idée de pantbeologie ', de toute justice aussi. Hérétique qui en doute, et fermement ne le croit. Hz, tontesfots, en un jour mangent leur evesque, ou le revenu de Teresché (c'est tout un), pour une année entière, voire pour deux, aucunes fois. Cest au jour qu'il y fait son entrée. Et n'y a lien d'excuse, si'U ne vonloit estre lapidé sus Tinstant.

A esté aussi acte des quatre vertus principales.

De prudence, en prenant aident d'avance. Car on ne sçait qui mord ny qui me. Qui sçait si le monde durera encores trois ans? Et, ores qu'il durast davantage, est ft homme tant fol qui s'osast promettare vivre trois ans?

Onq* homme n'eut les dieux tant bien à main» Qa*aseeuré fust de vivre au lendemain ^

De justice comroulative, en achetant cher, je dis à credk, vendant à Um marché, je di» argent comptanit. Que dit Catoo en sa mesnagerie ^ sus ce propos? U fault, dit il, <|ue le pèrefamilles soit vendeur perpétuel. Par ce moyeu, est impossible qu'enfin riche ne devienne» si touajours dure l'apotheque^.

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• Souffrances physiques (maim, ;«*« ^ *••» fc*î«i.i.*»^«>«».

.., , ^r.. \. ^ ^ * Crastinum ut posifet nbi polUcen.

> €*ai. ^ Nous lisons dans son traité de

3 L'UMversité èë PMri*, a» JU rtuUeaj eafi. 2 : « Patiwm fa-

moyen Age, était surtout reDommée « mt7/a« vendacem, non emacem

poar TéUpde d« ia tliéologiek u esse oporteL »

* Ces deux vers, comme Fa fait ' S'il cpotinoe ioujauff* kmsitre reonanyicv U: Dncbat^ sonl tra- de côté. C'est le sens du v^rbe duits de Sénèqne le Tragique^ dans àicoTiOT)(<.i et du siibaianli£ àno- Tk^esie : 6^xy].

vGooQle

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Distribu tive, donnant à repaistre aux bons (notez boias) et gentih compagnons : lesquelz fortune avoit jettes comme Ulyxes sur le roc de bon appétit , sans provision de mangeaille : et aux bonnes (notez bonnes), et jeunes galloises (notez jeunes). Car, selon la sentence de Hippocrates, jeunesse est impatiente de faim, mesmement si elle est Tivace, alaigre, brusque, mouTante, voltigeante. Lesquelles galloises voluntiers et de bon hait * font plaisir à gens de bien : et sont Platonicques et Çiceronianes^, jusques là qu'eltes se reputent estime au monde nées, non pour soy seulement; ains de leurs propres personnes font part à leur patrie , part à leurs amis.

De force, en abatant les gros arbres comme nu second Milo, ruinant les obscures forestz, tesnieres de loups, de sangliers , de renards , receptades de brigans et menrtrienr, taupinières d'assassinateurs, ofiîcines de fanlx momnoycurs , retraictes d'hérétiques ^; et les oomplanissant eo claires guarigues ^ et belles brnieres, jouant des hauts bois et musettes, et préparant les sièges pour la nuyl du jugement.

De tempérance , mangeant mon bled en herbe, comme un bermite, vivant de salades et raotnes, me émancipant des appetitz sensuelz, et ainsi espargnant pour les estropiatz et souffreteux. Car, ce faisant, j'espargne les sercleurs ^, qui gaignent aident, les miestiviers ® , qui boivacit voluivtiers et sans eau; les glaneurs, esquelz fault delà fouace; les batteurs, qui »e laissent ail, oignon ne eschalole es jardins, par Tautorité de Thestilis Virgiliane^; les meusniers, qui sont ordinaire-

' A eceur joie. les bois pour suivre leurs pratiques.

^ iUb«l«ia fatt ftUttiion aux * Les rendant uais coimne une

tkésnes de PlatoB sur la conmii- plaine inculte (garricus, garrigm,

nauté des femnes, et kisae enten- Du Gange).

dre en même temps que celles-ci ^ Sarckurs.

pratiquent volontiers les maximes ^ Moissonneurs. La Bwisson

de dévouement au publie (os com- s'appelle encore les méiives en pbi-

prend ce qu'il veut dire par là) pré- sieurs de nos patoi?.. cbét» par Cieéron dans plusieurs

de ses envraices. "^ Thestyli^ et râpido tessis roes9oribui X9(u

, ^^__ . r^ * , 1 • • j Allia serpyUuiHqiie herbas contuudit

3 OasaitqiM'iefrcalviiiistes per- *^ [oienie».

sécutés se véwMeaient sauvant dans

(Virgile, égit II. )

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Igl,

42» UVRE Ul, CHAPITRE U.

ment larrons, et les boalangiers, qni ne iraient gneres mieulx. Est ce petite espai^e? Oultre la caJamité des mulotz^le descbet des greniers et la mangeaille des charantons * et moarrins 2.

De bled en herbe tous faites belle saulce verde , de legiere concoction , de facile digestion, laquelle Tousespanoulst le car- Teau, esbaudit' les esprits animaulx, resjouit la veue, ouvre Fappetit, delQCte le goust, assere * le cœur, chatouille la langue, fait le tainct clair, fortifie les muscles, tempère le sang, allège le diaphragme, refraichit le foye, desoppile la râtelle, soulaige les roignons, assouplit les reins , desgourdit les spondiles ^, Tuide les uretères, dilate les vases spermaticques , abbrevie les cremasteres ^, expurge Ja vessie, enfle les gcnitoires, corrige le prépuce , incruste le balane ' , rectifie le membre ; vous fait bon ventre, bien rotter, vessir, peter, fianter, uriner, estemner, sangloutir*, tonssir, cracher, vomiter ', baisler, moucher, haleiner, inspirer, respirer, ronfler, suer, dresser le virolet, et mille autres rares advantages.

I^entends bien , dist Pantagruel; vous inferez que gens de peu d'esprit ne sçauroient beaucoup en brief temps despendre. Vous n'estes le premier qui ait conceu ceste hérésie. Néron le maintenoit, et, sus tous humains, admiroit G. Caligula son oncle, lequel, en peu de jours avoit, par invention mirificque, despendu du tout *<* l'avoir et patrimoine que Tiberius luy avoit laissé.

' Charançons. guise ; c*est noire mot oeeirerdaH-

^ Suivant Cotgrave, c^est une jourd'hui. Ici, comme dans d*autres

sorte de vermine qui ronge le blé. passages, il a été, à tort, croyons-

Ji^nneau fait venir oe mot de iM>ns, confondu avec assurer, qdi

mus, mûris, rat ou souris. Mais, dans les éditions contemporaines

Rabelais citant à la ligne précé- de notre auteur, est constamment

dente les mulolz, il est probable écrit par se (ascewer). que Johanueau se trompe. En pa> '* Vertèbres, lois lorrain, murégne signifie tau- ^ Fait retirer, raccoorcit les

pinière ; dans IVrrondissement de muscles des testicules (du grec xpe-

Bayeux (départ, du Calvados) on \k'Xfrxr,^).

donne le nom de mouron à une es- 'Le gland (du grec fkàanéi). pèce de salamandre noire et jaune. * Hoqueter {ioyek, Coignive).

^ Égaie, réveille. » Tousser, cracher, vomir.

< Éd. de lô46 et de 155!^. Ai- ><» Dépensé complétemeiit.

Mais, en lieu de garder et observer les loix coeiiaii-cs et sumptuaires * des Romains, la Orchie, la Fannie, la Didie, la Licinie , la Cornelie , la Lepidiane , la Anlie, et des Corinthiens^, par lesquelles estoit rigoureusement à un chascuu défendu plus par an despendre que ne portoit son annuel revenu , vous avez fait Protervie ', qui estoit , entre les Romains, sacrifice tel que de Taigneau pascal entré les Jiiifz. 11 y convenoit tout mangeable manger^ le reste jetter au feu, rien ne reserver au lendemain. Je le peux de vous justement dire^ comme le dit Caton d'Albidius, lequel avoit en excessive despen^ mangé tout ce qu'il possedôit : et restant seuli^ment une maison, il mit le feu dedans, pour dire : Consummatum est*, ainsi que depuis dist saint Thomas d'Aquin, quand il eut la lamj[Nroye toute mangée. Gela non force ^r

* Loîs limitant le luxe de la table et de divers autres objets.

^ Loi qui obligeait chaque citoyen à déclarer tous les ans ses moyens d'existence. Toute cette éuumération est tirée de Macrobe, Saiurtiales, cb. 17.

^ C'était un sacrifice à TefTet d'obtenir an heureux voyage, propler viam,

* Tout le monde connaît le conte fait sar saint Thomas d'AquIn, qui, admis à la table de saint Louis , mangea seul une lamproie destinée au monarque, tout eu composant

son hymne sur le saint sacrement ; puis, la lamproie entièrement avalée, s'écria : Consummatum est,

^ C'est-à-dire (suivant nous), on n'est pas fbreé d'y croire. Cette locution se trouve dans plusieurs auteurs, notamment dans Montaigne :

• Laissez luy allonger une courte syllabe, s'il veult, pour cela non force.

La signification de ces mots admettait diverses nuances, suivant le passage qui les précédait.

On lit dans Paiheiin :

Ne dy plus bée, il n'y a force.

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