‹ Œuvres, collationees pour la premiere fois sur les editions originalesChapitre 281 sur 296 · livre IV un couvent est appelé une C'est ce qu'on appelait paroles de · texte numérisé non relu

livre IV un couvent est appelé une C'est ce qu'on appelait paroles de

taulpelikre. prœsenli.

* Comme s'ils étaient chapons , *'Nous avons vu qu'à la Sorau lieu d'être, comme ils sont, coqs bonne il y avait des espèces de lo-

PAI^TAGBUEL. 64i

contraires par diameire entier à leurs estatz ^ ou la superstitieuse stupidité des gens mariés^ qui ont sanxi* et preste obéissance à telles tant malignes et bapbaricques loix. Et ne YOyent (ce que plus ekùr est que l'estoile matute^) comment telles sanctions connubiales toutes sont à Tadfantaige de leurs mystes^ nulles au bien et profit des mariés. Qui est^ cause suffisante pour ks rendre suspectes comme iniques et fraudulentes.

Par réciproque témérité , pourroient ilz loix establir à leurs mystes, sus le fait de leurs cérémonies et sacrifices; attendu que leurs biens ilz déciment et roignent du guaing provenant de leurs labeurs et sueur de leurs mains; pour en abondance les fiOurrir, et en aise les entretenir. Et ne seroient, selcyi mon jugement ^ tant perverses et impertinentes comme celles sont lesqudles d'eux ibc ont receu. Car, comme très bien avez dit^ loy au monde n'estoit^ qui es enfans liberté de soy marier donnast, sans le sceu^ Tadveu et consentement de leurs pères. Moyennans les loix dont je vous parle ^ n'est rufiian^ forfant^ scélérat^ pendart^ puant ^ punais^ ladre, briguant, voleur, meschant en leurs contrées qui violentement ne ravisse quelque fille il voudra choisir, tant soit noble, belle, riche, honneste, pudicque que sauriez dire , de la maison de son père, d'entre les bras de sa mère, maulgré tous ses parens, si le ruffian se y a une fois associé quelque myste, qui quelque jour participera de la proye.

Feroient pis et acte plus cruel les Gothz, les Scythes, les Massagetes, en place ennemie, par long temps assiégée, à grands frais oppugnée , prise par force? Et voyent les dolens pères et mères hors leurs maisons enlever et tirer par un incogneu, estrangier, barbare, mastin, tout pourry, chancreux, cadavéreux, pauvre, malheureux, leurs tant belles, délicates.

ges grillées, appelées treillis. « Do- * Donné une sanctioB, adhéré.

ctoribus pcr fenestras et cnnceilos ' Da matin.

auscultantibos , •> dit Robert Gou- ' C'est-à-dire leurs prêtres , ini-

let dans sou CompefuHutn de Ufti* tiés aux mystères.

versitafe parisiensi, fol. 16. * Ce qui est.

Ml LIVRE Ul, CHAPITRE XLVUl.

rielies et nines filles, lesquelles tmi dMerenent avoieBl nourries en tout eieit^ tertueoi» «voient disciplinées en toute iMmnesteté : esperun en temps opportun les ooUoqpMr par varisge avee les enfttns de leurs Toishis et antiques amis^ iMorris et inslitaés de nesme seings pour parvenir à ceste feHcité de mariage» que d'eex ili vissent naistre lignage rapportant et iMTeditant» non ramns aux moeurs de leurs pères et mères qu'à leurs biens meubles et héritages. Quel spec> tarie penses vous qoeee leur soit? Né cro^z que pins énorme fost la désolation du peuple romain et ëes oonfederés^ entendans kè deces de Germanicus Df^us *.

Ne croyez que plus pitoyable fust le deconfort des Laœdemoniens quand de leur pays virent^ par l'adultère Trojan, furtivement enlevée Hélène grecque.

Ne croyez leur dueil et lamentations estre moindres que de Gere^ quand iuy fut ravie t^roserpine > sa filie; que de isis à la perte de Osyrts» de Venus à la mort de Adonis» de Her- (niles à l'esgarement de Hylas^ de Heeuba à la soubstraction de Polyxene.

Ili loutesfote tant sont de crainci» du démon et euperstitiosite espris que contredire ilc n'osent» puisque le taulpetier y a esté présent et contractante fit restent en leurs maiso&s, privés de leurs filles tant aimées» le père maiddissant le jour et heure de ses nopeee; lé mère regrettant que n'eMoit avortée en tel tant triste et mcdheu^eux enfantement; et en pieu? s et lamentations finétit^ leur vie» laquelle estoit de raison finir en joie et bon traietemeht d'ic^les.

Autres tant ont eèté eostatiques et comme maniacque^» que eux niesmes de dueil et regret se sont noyés» peaduz» tués, impatiens oe telle indignités

Autres ont eu l'esprit plus faeroicque» et» à Tcsemple des

' RabelaM |)eBsaii saiw doute tium popnlorum. ladoluere exlew

à ces belles lignes de Tacite : nationes regesque : (ania iili coiai-

n Neqva muUe post exatHigui- tas in socios, mansuetudo in ho~

tur (Drusus GeroMoicus) , ingenii ste». >» (y/nit.. H, 72.) luctu provineiae et cirçumiacien- ^ Terminent.

PANTAGRUEL. 64a

&ai9in» de Jacob vengeans le rapi 4» DinA leur asur^oal trouvé le ruffian 9 «ssoeié de son taulpetier^ elaadestmement parle>' ttMKtttUB et subornans leurs filksi les eut sus Tinstairt mis eti pièces et occis felonnement» leurs corps après jettans ûs loups et corbeauic parm^ les ehampsi Auquel acte tant yiriL et ahevaleureui ont les symmistes * taulpetiers freuiy et kmenté oaiserablemeatî Ont formé eomplainctes horribles, et en toute ioiportunité requis et imploté le bras séculier et jusike poli^ tioque, instaas fièrement et oontettdcbsestre de tel cas faite exemplaire punition» Mais^ ne en équité naturelle > ne en droit des gens> ne en lojr impériale quelconques^ n'a esté trouvé rubricque, paragraphe, point, ne tiltre par lequel fust peine ou torture à tel fait intermïnée^, raison obsistante, nature répugnante. Car homme vertueux au monde n*est qui naturellement et par raison plus ne soit en Son sens perturbé, oyant les nouvelles du rapt, diffame, et deshonneur de sa tîlle, que de sa mort. Ores est qu'un chascun, trouvant le meurtrier sus le fait d'homicide en la personne de sa fille, iniquement et de guet à pens, le peut par raison, le doibt par nature occire sus Tinstant, et n'en sera par justice appréhendé.

Merveilles donc n'est si , trouvant le ruffian , à la promotion du taulpetier, sa fille subornant, et hors sa maison ravissant, quoy qu'elle en fust consen tente, les peut, les doibt à mort ignominieuse mettre, et leurs corps jetter en direption des besles brutes, comme indignes de recevoir le doux, le désiré , le dernier embrassement de Talme et grande mère la Terre, lequel nous appelions sépulture.

Filz très cher, après mon deces, gardez que telles loix ne soient en cestuy royaume receues : tant que seray en ce corps spirant et vivant, je y donneray ordre très bon, avec

' Initiés aux mêmes mystères. mm^ dit Jastinien dans la préface

' Appliquée comme clause com- du Digeste, Du reste, la fin de la

minatoire. C*est un terme romain : phrase, raison obsistante ^ nature

Cum Êumma interminatione edici- répugnante, est toute latiu».

644 LIVRK m, CHAPITRE XLVIII.

Taide de mon Dieu. Puis donc que de vostre mariage sus moy vous déportez^ j*en suis d'opinion. Je y pourvoiray. Âprestez vous au voyage de Panui^e. Prenez avec vous Ëpistemon, frère Jean^ et autres que choisirez.

De mes trésors faites à vostre plein arbitre. Tout ce que ferez ne pourra ne me plaire. En mon arscenac de Thalasse ^ prenez équipage tel que voudrez; telz pillotz^ nauchiers^ truschemens que voudrez : et^ à vent oportun^ faites vmie^ au nom et protection du Dieu servateur. Pendant vostre absence, je feray les apprestz et d'une femme vostre, et d'un festin y que je veuk à vos nopœs faire célèbre , si onques en fut.

6âX«fftfa, mer. Mais Rabelais eu. fait nn nom de lieu.

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