LETTRE SUR L'ESSENCE DU CORPS
due et son changement et son changement tout nu. Et. à le bien considérer, on s'aperçoit qu'il y faut joindre quelque notion supérieure ou métaphysique , savoir, celle de la substance, action et force ; e ces notions portent que tout ce qui pâtit doit agir réciproquement, et que tout ce qui agit doit pàtir quelque réaction ; et par conséquent qu'un corps en repos ne doit pasx être emporté par un aulre en mouvement sans changer quelque chose de la direction et de la vitesse de l'agent.
.le demeure d'accord que naturellement tout corps est étendu, e qu'il n'y a point d'étendue sans corps. Il ne faut pas néanmoins confondre les notions du lieu , de l'espace ou de l'étendue toute pure avec la notion de la substance qui, outre l'étendue, renferme la résistance, c'est-à-dire l'action et la passion. >
Celte considération me parait importante, non-seulement pour connaître la nature de la substance étendue, mais aussi pour ne pas mépriser dans la physique les principes supérieurs et immatériels au préjudice de la piété. Car, quoique je sois persuadé que tout se fait mécaniquement dans la nature corporelle, je ne laisse pas de croire aussi que les principes mêmes de la mécanique, c'est-à-dire les premières lois du mouvement, ont une origine plus sublime que celles que les pures mathématiques peuvent fournir. Et je m imagine que si cela était plus connu ou mieux considéré, bien des personnes de piété n'auraient pas si mauvaise opinion de la philosophie corpusculaire, et les philosophes modernes joindraient mieux la connaissance de la nature à celle de son auteur.
.le ne m'étends pas sur d'autres raisons touchant la nature du corps; car cela me mènerait trop loin.